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Attention, grand disque, très grand disque ! J'ai nommé Dark Night of the Soul. Souvenez-vous de ce titre et courez acheter le disque après avoir lu cette chronique, car on tient tout simplement le meilleur album de ces... allez... cinq dernières années !
Dans un premier temps, Dark Night of the soul a une histoire particulière. En effet, ce disque est le fruit de la collaboration entre le producteur, Brian Burton alias Danger Mouse, et Mark Linkous, aka Sparklehorse.

Le projet de ce disque a le mérite de faire saliver puisque Dark Night of the Soul a pour ambition de réunir plus artistes ou groupes de prestige sur un même album. Ainsi, Suzanne Vega, Iggy Pop, The Flaming Lips, Jason Lytle, Gruff Rhys, Julian Casablancas, Franck Black, James Mercer, Nina Persson, Vic Chessnut et David Lynch viennent pousser la voix et la chansonnette en compagnie de Sparklehorse, principal compositeur des 13 titres qui viennent régaler les oreilles de l'auditeur.
Evidemment, une telle liste d'invités aussi prestigieux promet un grand disque.

 

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Toutefois, ce genre de projet est pour le moins casse-gueule. En effet, par le passé, le rock nous a proposé des super réunions entre divers artistes de renom. Le résultat final était plutôt décevant, tout du moins, pas à la hauteur des attentes.
Ensuite, et c'est souvent le plus gros défaut de ce genre de projet, c'est qu'il manque de cette âme supplémentaire qui fait un grand disque. En effet, il n'est pas toujours évident de réunir autant de grands noms sans que les égos de chacun viennent compliquer les enregistrements.

Heureusement, ce n'est pas le cas ici. Dire que le résultat est sublime est un doux euphémisme. Très honnêtement, je n'ai pas de mot pour décrire ce disque, absolument superbe, grandiose, lyrique, poètique et tout simplement magistral.
Comprenez bien que les mots que j'utilise sont encore trop faibles pour décrire la claque que provoque Dark Night of the Soul. Pourtant, ce disque est sorti dans l'indifférence générale. Oui, vous avez bien lu. A l'origine, Dark Night of the Soul devait sortir en 2009.

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Hélas, suite à des divergences avec EMI, Dark Night of the Soul est condamné à rester dans l'ombre et dans l'oubli. Qu'à cela ne tienne, David Lynch, qui a conçu le livret de l'album (un livre de photos de 100 pages), décide de proposer le disque en téléchargement sur internet, un peu à la manière de Radiohead avec In Rainbows. Les choses changent en 2010.
En effet, Vic Chessnut, qui a participé au projet, meurt. Quelques mois plus tard, c'est au tour de Mark Linkous (alias Sparklehorse pour ceux qui n'auraient pas suivi) de rendre l'âme également. Dark Night of the Soul voit enfin le jour en 2010 après de bien tristes événements.

Inutile alors de préciser que Dark Night of the Soul s'inscrit dans un registre particulier. C'est aussi l'album testament de Sparklehorse. Magnifique épitaphe en l'occurrence, d'une tristesse insondable et qui vient confirmer tout le génie du regretté Mark Linkous .
Dark Night of the Soul... Déjà, le titre sonne comme un poème triste et désenchanté. L'ombre de Mark Linkous plane tout au long de ce disque merveilleux, souvent mélancolique même si on note ici et là plusiieurs morceaux un peu plus enjoués.

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Le son de Linkous est immédiatement identifiable. Le compositeur s'entoure de grands noms pour achever ce qui sera son dernier récital, funèbre en l'occurrence. Le disque s'ouvre sur le superbe Revenge, avec la voix magnifique de Wayne Coyne, le chanteur des Flaming Lips.
La première question qui vient à l'esprit est: mais comment Mark Linkous, Danger Mouse et consors (à savoir les différents invités du disque) ont-ils réussi à créer une alchimie aussi parfaite ? Le reste du disque est du même acabit: balades belles à en chialer, mélancolie terminale (Everytime I'm With you), et certaines chansons qui font figure de single en puissance, notamment Little Girl, Jaykub, Pain avec un Iggy Pop génial en mode crooner, Insane Lullaby, Grim Augury avec Vic Chessnut ou encore Daddy's Gone.

Encore une fois, il faudrait tout citer et analyser tous les morceaux dans leur splendeur, une sorte de Saint Graal musical absolument essentiel pour tout fan de rock qui se respecte, et pour celui qui voudrait découvrir l'univers de Sparklehorse.
Mieux encore, Mark Linkous varie les hostilités entre pop rock désenchantée, balades funèbres, morceaux rock et psychédélisme. Bref, Dark Night of the Soul, c'est la grande classe, celle qui est la marque des très grands disques. Thank you Mark Linkous and rest in peace...

Chronique complémentaire de ClashDoherty :

Alice In Oliver a tellement tout dit dans sa chronique plus haut que je ne sais quoi rajouter. Si ce n'est que j'ignorais une bonne partie de l'histoire tournant autour de cet album de Sparklehorse fait en collaboration avec le producteur génial Danger Mouse. Je ne savais pas que la maison de disques de Sparklehorse l'avait mis de côté, ne voulant pas le sortir...une fois Mark Linkous (alias Sparklehorse, car ce groupe est en fait clairement une seule personne entourée de musiciens plutôt qu'un collectif) décédé, en 2010, par suicide (une balle dans le coeur), l'album est sorti. Il date, donc, de 2010, dure 45 minutes (pour 13 titres), et s'appelle du très entraînant, gai et follement léger titre de Dark Night Of The Soul, soit la nuit noire de l'âme, sortez les bouteilles de gaz de ville, fermez les fenêtre et bouchez les trous d'air, et on respire UN GRAND COUP. Non seulement ce disque a été fait en collaboration avec Danger Mouse, mais il a aussi été prétexte à une enculade de participations de stars du rock (mais pas seulement) : Flaming Lips, Frank Black des Pixies, Julian Casablancas des Strokes, Vic Chessnut, Iggy Pop, Jason Lytle, plus Suzanne Vega, plus...David Lynch. Le réalisateur de Lost Highway et de Blue Velvet, non seulement livre les photos (les très étranges, car très lynchiennes photos) du livret, mais chante sur deux titres. Et joue de la guitare et des claviers sur ces titres.

Autant le dire tout de suite, tout n'est pas d'un niveau à faire péter le feu d'artifice avec trois mois d'avance (ce qui, d'ailleurs, vu le jour qu'on est, serait difficile), la chanson avec Frank Black, Angel's Harp, et celle avec Iggy Pop, Pain, ne sont pas aussi grandioses que le reste. En fait, on aimerait, des fois, plus de Linkous et moins de célébrités, car pour un disque posthume de Linkous, il n'apparaît pas si souvent que ça, un comble ! Mais je chipote vraiment, car je ne suis pas loin de penser la même chose qu'Alice In Oliver, qui pense que c'est un des albums les plus importants des années 2000, un des meilleurs albums depuis 5 ans, si ce n'est LE. Oui, Dark Night Of The Soul est un excellent album, les chansons, bien souvent très sombres (Dark Night Of The Soul avec David Lynch, Revenge avec les Flaming Lips, Everytime I'm With You avec Jason Lytle), sont purement sublimes pour la grande majorité d'entre elles, la production est franchement démentielle bikoze Danger Mouse (Attack & Release et El Camino des Black Keys, plus une ou deux chansons de leur album Brothers, c'est lui ; pour ne citer que ça), les textes (qui, hélas, manquent à l'appel du 18 juin du livret) sont remarquables...

Au final, cet album un peu étrange, pas vraiment un disque de Sparklehorse (le dernier album du 'groupe' reste donc Dreamt For Light Years In The Belly Of A Mountain), est à conseiller si vous aimez les bizarreries et les ambiances dépressives, parfois expérimentales. Une ambiance très lynchienne tout du long, malgré que Lynch ne collabore pas à tout le disque. Les participations de Suzanne Vega, Flaming Lips, Vic Chessnutt et David Lynch sont parfaites, l'ambiance est assurée... Personnellement, je préfère Good Morning Spider, le deuxième opus de Sparklehorse (il m'en reste deux, des albums du 'groupe', à écouter, ceci dit), mais Dark Night Of The Soul, vraiment, est un des disques de 2010. Peut-être pas le meilleur album des 5 dernières années, mais un des meilleurs, oui.

Liste des titres:

Revenge (featuring The Flaming Lips)
Just War
Jaykub (featuring Jason Lytle)
Little Girl (featuring Julian Casablancas)
Angel's Harp (featuring Franck Black)
Pain (featuring Iggy Pop)
Star eyes (featuring David Lynch)
Everytime I'm with you (featuring Jason Lytle)
Insane Lullaby (featuring James Mercer)
Daddy's Gone (featuring Nina Persson § Mark Linkous)
The man who played God (featuring Suzanne Vega)
Grim Augury (featuring Vic Chessnut)
Dark Night of the Soul (featuring David Lynch)