binaural(1)

Sorti en 2000, Binaural est le sixième album de Pearl Jam et intervient après le très médiocre Yield. On espère alors légitimement un sursaut de la bande à Eddie Vedder. Hélas, le groupe semble connaître une sérieuse panne d'inspiration.
Pourtant, la pochette du disque est superbe puisqu'elle représente la Nébuleuse du Sablier, filmée par le télécoscope Hubble. A l'intérieur de la pochette, on retrouve d'autres photos prises par le célèbre télescope, entre autres, La Nébuleuse de l'Aigle et la Nébuleuse Hélix.
Des photos des différents musiciens sont également présentes dans le livret, ainsi que les textes des différentes chansons.

A moins d'être vraiment difficile ou exigeant, la pochette est tout simplement une grande réussite. Hélas, le disque n'est pas à la hauteur de son livret. D'une durée de 52 minutes environ, Binaural se décompose en 13 morceaux.
Cette fois-ci, Pearl Jam semble avoir abandonné le son pop rock, très présent sur l'album précédent. Donc, pour ce nouveau track-by-track, je vous propose de disséquer en long, en large et en travers cette sixième "galette" du groupe de Seattle.

Breakerfall ouvre les hostilités. C'est une bonne entrée en la matière d'autant plus que le morceau n'est vraiment pas long, soit un peu plus de deux minutes (2.19 minutes pour être exact). On pense alors avoir enfin retrouvé le grand Pearl Jam.
Pourtant, au fil des écoutes, l'évidence se fait rapidement. Certes, Breakerfall est assez efficace mais rien d'extraordinaire non plus. Ca reste un titre rock de facture classique. Clairement, on a vu la bande à Vedder beaucoup plus inspirée par le passé.

God's Dice: Alors là, jamais compris pourquoi le groupe jouait aussi souvent ce morceau mou du genou en concert. Certes, le refrain est assez "speed", enfin rien de bien transcendant non plus. Le seul problème, c'est que God's Dice ne décolle véritablement jamais.
On a l'impression d'écouter un peu plus de deux minutes de vide ou de néant total. Vous l'avez donc compris: God's dice est un morceau fade et sans saveur, qui aurait fait bonne figure sur Yield. Et ce n'est vraiment pas un compliment.

Evacuation: Pour information, la conception de Binaural a été marquée par l'arrivée d'un nouveau batteur, Matt Cameron, qui remplace Jack Irons. Matt Cameron est surtout connu pour avoir sévi au sein de Soundgarden, un autre groupe de la vague grunge.
D'ailleurs, l'arrivée du batteur au sein de Pearl Jam se fait entendre sur ce troisième morceau, qui n'est pas sans rappeler (parfois) le son de Soundgarden. Hélas, Evacuation semble souffrir du même syndrôme que God's Dice, à savoir que ce morceau ne décolle véritablement jamais. Ensuite, le refrain est peu accrocheur. Bref, un titre assez médiocre.

Light Years: avec ce quatrième titre, Pearl Jam revient à ce qu'il sait faire le mieux depuis No Code, à savoir les balades très influencées par le son de Bruce Springsteen. C'est l'une des rares réussites de Binaural. Calme et porté la voix superbe d'Eddie Vedder, Light Years est un excellent morceau.

Nothing as it seems: Alors là, chapeau ! Pour l'anecdote, Nothing as it seems sera le premier single pour répresenter Binaural. C'est un excellent choix, plutôt osé en l'occurrence. En effet, à la première écoute, Nothing as it seems n'est pas forcément facile d'accès.
Pourtant, l'évidence se fait rapidement. Nothing as it seems est de loin la meilleure livraison du disque. C'est tout simplement du grand Pearl Jam, dans un registre à la fois calme et mélancolique.

Thin Air: Pearl Jam continue sur sa lancée des balades avec à nouveau un moment de pause. Après Light Years et le superbe Nothing as it seems, Thin Air paraît un peu fade. Non pas que ce sixième morceau soit forcément mauvais, mais à l'image de God's Dice et d'Evacuation, le refrain tourne un peu en rond, laissant une impression mitigée. Moyen quoi, mais pas gerbant non plus.

Insignificance: retour au rock avec cette septième livraison qui porte si bien si nom, à savoir Insignificance. D'une durée de 4 minutes et 30 secondes environ, Insignificance s'écoute dans un premier temps avec un ennui poli.
Puis, au fil des écoutes, ce morceau quelconque se montre rapidement agaçant. Encore une fois, ce morceau reflète parfaitement ce disque et manque singulièrement d'énergie.

Of the Girl: après Nothing as it seems, Of the girl est sans doute la plus grande réussite de Binaural. Pourtant, encore une fois, l'évidence ne se fait pas rapidement. Of the girl est une balade funèbre et mélancolique, tout comme Nothing as it seems.
Finalement, ce registre réussit plutôt bien (voire très bien) à Pearl Jam.

Grievance se situe dans la tonalité d'Insignificance. Par là, comprenez qu'il s'agit d'un morceau rock, qui brille surtout par son manque d'énergie et d'inspiration. Franchement, je ne vois pas quoi dire de plus sur cette neuvième livraison, particulièrement fade et médiocre.

Rival: Même remarque que pour Grievance et Insignificance. Là aussi, il s'agit d'un rock de facture classique, peu inspiré et encore une fois très médiocre. La seule différence, c'est que Rival se démarque par une introduction ratée, où l'on croit entendre une sorte de chien enragé.
Sinon, c'est tout ? Oui, c'est tout.

Sleight of hand: changement à nouveau de registre pour Pearl Jam. Après nous avoir proposé toute une gamme de morceaux rock ratés (Insignificance, Grievance et Rival, sorte de trilogie infernale mais pas dans le bon sens du terme), Pearl Jam signe une chanson étrange et planante.
D'ailleurs, on pense parfois à Pink Floyd. Hélas, la comparaison s'arrête bien là. Lourdingue, tant dans son refrain que dans son ambiance, Sleight of hand dure également longtemps, tout de même 4 minutes et 47 secondes. C'est beaucoup pour un titre aussi médiocre.

Soon Forget: cette fois-ci, c'est un morceau plutôt court, même très court, soit à peine une minute et 45 secondes. Pourtant, l'écoute de Soon Forget qui, tout comme Insignificance, porte si bien son nom, est un véritable supplice. Clairement, il s'agit d'un morceau qui fait office de remplissage. Sauf qu'après Grievance, Rival et Sleight of hand, ça commence à faire beaucoup.

Parting Ways: Après Nothing as it seems et Of the girl, Parting Ways est sans doute la plus grande réussite de Binaural. Au même titre que ses modèles, Parting Ways est également une balade funèbre et mélancolique, portée par quelques violons, notamment vers la fin.
Bien que l'ambiance et le son soient assez étranges, Parting Ways est une chanson très agréable à entendre. Toutefois, attention, c'est un titre difficile d'accès qui nécessite plusieurs écoutes. Néanmoins, Parting Ways a le mérite d'intervenir après quatre morceaux très médiocres et permet de terminer l'album sur une note positive.

Certes, par le passé, j'avoue avoir aimé cette sixième livraison de Pearl Jam. Toutefois, j'ai radicalement changé d'avis à son sujet. La faute revient à la présence de morceaux particulièrement gênants pour un groupe de cette valeur. Il faut bien le reconnaître: Binaural est à peine supérieur à Yield.
Heureusement pour lui, quelques titres permettent de sauver un peu la face, notamment Nothing as it seems, Of the Girl, Parting Ways et Light Years. Il est amusant de constater que ce sont les morceaux calmes qui s'en sortent le mieux. Les titres rock sont, dans le meilleur des cas, totalement insignifiants, à l'image du bien nommé Insignificance.
Le début du disque n'est guère convaincant avec God's Dice et Evacuation. Puis, vers la fin du disque, on trouve également des titres affligeants, avec une sorte de trilogie ou plutôt de quadrilogie (Grievance, Rival, Sleight of hand et Soon Forget) infernale, venant confirmer que Pearl Jam est vraiment à la peine et à la recherche d'un second souffle.