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J'avais déjà abordé cet album d'Elliott Smith il y a longtemps... Pour tout dire, c'était même ma toute première chronique sur ce blog, je m'en rappelle comme si c'était hier. Depuis, les articles (chroniques, clips, discographie, etc) se sont succédés et je ne suis plus du tout satisfait de cette ancienne chronique, alors j'ai décidé de la remettre à neuf, en en faisant une chronique digne de ce nom! Faut dire que dans l'ancienne chronique je n'avais fait que survoler l'album, qui marque un tournant dans la carrière de Smith, qui suite au petit succès de Miss Misery, nominée aux oscars dans la catégorie meilleur B.O. en concurrence avec My Heart Will Go On (qui l'emportera), va quitter le label indépendant Kill Rock Star pour signer chez Dreamworks. Bref tout semble aller bien dans le meilleur des mondes: Elliott Smith peut enfin ésperer avoir la reconnaissance qu'il mérite, et l'enregistrement de XO se fait dans le courant de l'année 98. Alors cet album est-ce encore une réussite ou est-ce le début de la fin?

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Rassurez- vous, XO n'a pas à rougir face aux trois merveilles qui l'ont précédé. Cela dit il est vrai que tout en restant du pur Elliott Smith, c'est à dire un album très doux, à la fois acoustique et éléctrique et terriblement mélancolique, l'album connaît quelques changement en comparaison avec ses prédecesseurs. Tout d'abord il est nettement plus long, atteignant les 45 minutes alors que Either/Or et Elliott Smith font tout deux 37 minutes et Roman Candle à peine plus de 30 minutes! De plus, tandis que les précédents opus était assez sobre sur le plan musical, XO est composée d'une orchestration complexe: outre la guitare, la batterie et le piano, on trouve aussi du vibraphone, notamment sur la chanson Waltz#1, ainsi que du saxophone, de la trompette, de la flûte ainsi que du cor d'harmonie entre autre. C'est clair, Elliott Smith veut franchir un cap avec cet album, et sans pour autant tomber dans le piège du show- buisness, c'est à dire faire du easy- listening sirupeux et vite lassant, il rend sa musique plus "appréciable" pour le grand publique. Héals ça ne sera qu'un demi succès, car si l'album se vendra nettement mieux que les premiers de Smith, il n'atteindra que le chiffre de 200 000 ventes en 1999, ce qui compte tenu des efforts fournis par Elliott Smith, est plutôt faible.

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Alors maintenant qu'on a parlé du contexte, parlons un peu musique. Je ne dirais qu'une seule chose: écoutez l'album. Voilà, fin de la chronique... Bon d'accord, c'est peut être un chouia trop condensé, d'autant que je vous ai promis une chronique de qualité en début d'article. Mais bon que voulez vous que je dise, à part une avalanche de superlatifs tels que "chef d'oeuvre", merveille, splendeur, qualité,... Des mots inutiles, car à l'écoute de l'album cela apparaît comme une évidence: Une fois de plus Elliott Smith offre un sommet. Si je pense toujours que Either/Or est son sommet, XO est sans aucun doute son deuxième meilleur album, ce qui est une place plus qu'estimable. L'ambiance de l'album est, comme Elliott Smith en avait l'habitude, très mélancolique, mais on remarque ici et là des chansons qui semble mâtinées d'espoir comme Sweet Adeline, Amity ou encore le sublime Tomorrow Tomorrow. Après ne vous laissez pas berner, malgré ces légers éclaircies, l'album est principalement à l'image de sa pochette: gris. XO est un album qui s'écoute au calme, par une journée pluvieuse, ou juste après un violent orage quand le soleil revient peu à peu, timidement. Écoutez des chansons comme Baby Britain, Independance day, ou encore les deux perles finales Everybody Cares, Everybody Understands et I Didn't Understand si vous ne me croyez pas.

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L'album est sorti sous une pochette grise (violette en cd), qui, si elle représente bien la couleur du contenu, n'est pas à proprement parlé une franche réussite, surtout si on la compare à celle de Roman Candle ou celle d'Either/Or. Fort heusement cela n'enlève rien à la qualité de l'album qui reste plis que recomandable. Après XO, Elliott Smith sortira Figure 8 deux ans plus tard, puis en 2003 il mourra, de trois balles dans la poitrine. On ne sait toujours pas s'il s'agit d'un meurtre ou d'un suicide. Depuis, il connait une popularité de plus en plus grande, son talent étant enfin reconnu à sa juste valeur. Elliott Smith n'aura sorti que cinq album de son vivant, plus un album posthume, From A Basement On The Hill, en 2004, mais aucun ne peut être qualifié de ratage ou de disque moyen. De toute façon un mec fan des beatles et de Big Star, et dont le style est à rapprocher de celui de Nick Drake, dont il devait également apprécier la musique, aurait mérité plus de succès!

 

Sweet Adeline

Tomorrow, Tomorrow

Waltz #2

Baby Britain

Pitseleh

Independence Day

Bled White

Waltz #1

Amity

Oh Well, Okay

Bottle Up And Explode !

A Question Mark

Everybody Cares, Everybody Understands

I Didn't Understand