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Ça faisait un moment que j'avais envis de le faire, mais à chaque fois je repoussais l'échéance par manque de temps, de motivation etc. Mais cette fois c'est la bonne: mon premier track by track, et je n'ai pas choisit n'importe quel album, puisqu'il s'agit tout simplement de mon album de chevet par excellence, j'ai nommé Unknown Pleasures de Joy Division. L'album, sorti en 1979 sous une pochette représentant les ondes d'un pulsar, est un chef d'oeuvre de Cold- Wave, genre naissant que le groupe a, sinon inventé, du moins sublimé avec cet album que voici:

Disorder: On aurait difficilement pu trouver mieux comme chanson pour ouvrir l'album. En effet, ce titre, au rythme et à la mélodie imparable, contient encore quelques touches punk, genre que pratiquait le groupe à ses débuts. La ligne de basse est ici presque dansante, tandis que la guitare livre un riff exemplaire. Quand à Ian Curtis sa prestation se passe de commentaire: sa voix est parfaite, grave et sombre, et la chanson se termine par des paroles pleines de désespoir "I've got the spirit but lose the feeling", que Curtis chante avec toute l'énergie du désespoir. Un premier chef d'oeuvre et pas le dernier!

Day Of The Lords: Là on passe à l'étage inférieur. Non pas que la chanson soit moins bonne, bien au contraire. Je dis ça, simplement parce que si vous avez trouvé Disorder froid et triste, alors ce Day Of The Lords n'est pas pour vous (et quasiment tout l'album d'ailleurs). Ici l'atmosphère est lourde, pesante: quand surgit la voix de Ian Curtis, c'est comme s'il chantait depuis les profondeurs d'une caverne des plus obscures. Un morceau difficile à appréhender, mais une fois fait il se révèle être un essentiel absolu. Ian Curtis glapit littéralement dans le final, ce qui donne un aspect presque terrifiant à ce titre.

Candidate: Le tempo se fait plus calme sur ce candidate, plus courte que les deux chansons précédentes, que j'ai personellement mit du temps à aimer. Ian Curtis se fait introspectif sur ce morceau, qui s'il ne fait pas parti de mes préférés, a tout à fait sa place sur cet album: la musique est calme, certe, mais un sentiment de violence latente plane tout le long de la chanson. D'ailleurs elle aurait très bien put se retrouver sur Closer, le deuxième et dernier album du groupe. Au final une réussite de plus.

Insight: Ça commence par un bruit d'ascenseur, puis la basse arrive, froide et mélodieuse. Un morceau à l'atmosphère étrange, presque futuriste. D'ailleurs le son des synthés (s'il s'agit biend e ça), m'a toujours fait penser aux coups de feux des pistolets lasers dans les films de science fiction. La chanson, contrairment à Candidate qui avait un climat de violence latente, est profondément mélancolique. Dire que Ian Curtis n'avait que 22 ans quand il l'a écrite, et l'entendre chanter "But I remember wheb we were young", croyez moi ça me donne des frissons à chaque fois!

New Dawn Fades: Immense. Purement et simplement immense. Une chanson assez longue, presque cinq minutes, et qui est parfait de bout en bon: longue intro (plus d'une minute) instrumentale, qui augmente en intensité à chaque seconde, paroles en béton et voix parfaite de Ian Curtis qui se fait tour à tour solennel, désabusé, en colère et désespéré. Un joyau, un des sommets absolus de l'album.

She's Lost Control: Un peu de légéreté après tant de noirceur, voilà qui fait du bien! Enfin légéreté... Juste en apparence car si ce nouveua morceau, un des plus connus du groupe, se révèle être un titre particulièrement dansant, presque pop en fait, il n'en demeure pas mois très sombre, lesujet étant l'épilepsie. Ian Curtis était, on le sait, atteint de cette terrible maladie et il a écrit cette chanson non pas pour parler de lui comme beaucoup de personnes le pensent, mais pour parler d'une jeune fille qu'il a connu, et qui souffrait de la même maladie et en est morte. Encore une fois une immmense chanson même si son coté presque "tubesque" masque un peu le reste de l'album, et qu'elle est sandwichée par deux monstres, New Dawn Fades et...

Shadowplay: Tout comme pour disorder, la chanson garde encore une certaine touche punk rock, notamment grâce à bernard summer qui distille des riffs bien sanglant et un exellent solo. Une chanson punk jouée au ralenti en fait, et elle fait même parti des "anciennes" du groupe vu qu'ils la jouaient déjà en 1978, avant la sortie d'Unknown Pleasures. Dans sa chronique de l'album, clash disait qu'il s'agissait de la meilleur chanson et on peut difficilement lui donner tort, tant Shadowplay est sublime, avec cette alchimie parfaite entre la violence de la guitare et la basse opressante de Peter Hook. Pas le sommet de l'album pour moi, mais elle n'en ai pas loin!

Wilderness: Un morceau assez étrange: la basse est sautillante et la chanson très courte ( deux minutes et trentes secondes, la deuxième plus courte de l'album). Une chanson assez peu connue au final, et même une des moins connus de l'album, mais une de mes préférées et ce depuis ma première écoute. Ian Curtis offre une prestation remarquable et sa voix est asez froide, presque clinique, tout en étant "presque" joyeuse.

Interzone: LA chanson punk de l'album. Une chanson qui aurait tout à fait eu sa place sur les précédentes livraisons du groupe comme l'e.p. An Ideal For Living. À peine plus de deux minutes pour cette chanson, une des plus à part de l'album, sur laquelle la voix de Ian Curtis est méconnaissable: pas de timbre caverneux ici, une pur voix de punk- rockeur digne de joe Strummer ou Joey Ramones. Si quelqu'un doutait encore des origines punk du groupe, alors cette fois le doute n'est plus permit! Trop court et trop à part pour être un sommet, mais ça reste une exellente chanson bien énergique! Le contraste avec le morceau suivant n'en ai que plus saisissant.

I Remember Nothing: 5 minutes et 52 secondes. Le final de l'album et également son sommet. Un morceau quasi- éxpérimental, avec des bruits de verres brisés, et une atmosphère pesante au possible presque terrfiante en fait. À côté des chansons comme candidate, ou day of the lords pourtant loin d'être gaies pourraient passer pour des chansons insouciantes idéales pour vous remonter le moral. Ian Curtis n'aura jamais paru si distant et en même temps si impliqué dans sa façon de chanter. Un monument, glaçant, pétrifiant, sclérosant. Écoutez le pour vous en rendre compte, c'est tout ce que j'ai à dire. We were stranger, for way too long...


Pour conclure on peut aisément qualifier Unknown Pleasures de chef d'oeuvre, et de disque phare de la cold wave. Pas un disque facile d'accès et il est déconseillé de l'écouter si vous n'avez pas le moral, mais si vous aimez les musiques sombres, torturés, alors c'est du pur caviar. Un album légendaire, composé par un groupe légendaire, avec un chanteur légendaire. 40 minutes de pur bonheur aussi froid que la sibérie.