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Je vais être sincère, je n'aime pas Faith No More. Enfin, j'aime bien cet album et le suivant (King For A Day...Fool For A Lifetime), mais dans l'ensemble, il y à plusieurs choses qui me font chier, chez Faith No More : la surabondance de claviers (encore qu'ici et sur le suivant, c'est moins flagrant que sur The Real Thing, leur premier album) ; la voix du chanteur Mike Patton (qui possède, c'est vrai, une incroyable palette vocale), qui, je trouve, en fait un peu trop, parfois ; et cet aspect fusion entre le hard-rock et le rap/hip-hop, un peu comme Rage Against The Machine, mais en moins poussé (et réussi ; et je ne suis pas non plus un grand fan de RATM, dont Alice In Oliver a abordé un disque aujourd'hui ici, d'ailleurs, enfin, sauf de leur premier album éponyme datant de la même année que cet album de Faith No More, 1992). Certains diront que c'est Faith No More qui a inventé cette fusion hard-rock/rap, en 1989, avec leur premier album, et pas Rage Against The Machine (dont le chanteur, Zach De La Rocha, possède, lui, un vrai timbre vocal de rappeur) ; je ne sais pas si Faith No More furent les premiers, si ça se trouve, un groupe peu connu, sans succès, expérimentait ce genre de fusion avant eux ; mais ce sont les premiers à s'être fait connaître via ce genre musical assez bâtard. Le groupe, au moment de faire ce deuxième album, est constitué de Mike Patton (chant), Mike Bordin (batterie), Billy Gould (basse), Jim Martin (guitares) et Roddy Bottum (claviers). Ce deuxième album, produit par Mike Wallace, sera un gros, gros succès, c'est le plus gros succès du groupe, leur album le plus connu et estimé, il n'est pas rare que quelqu'un ne possédant qu'un seul album de Faith No More possède justement celui-là. Pour le groupe, c'est un peu leur Nevermind, leur O.K. Computer, leur Parklife. Long de 61 minutes environ dans sa version 14-titres que je possède (à la base, il y avait 13 titres, pour 58 minutes, le dernier morceau était une reprise d'un morceau de musique de film, celui du Macadam Cowboy de John Schlesinger, par John Barry ; la réédition offre une reprise d'Easy de... Lionel Richie en plus), cet album s'appelle Angel Dust.

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 Le titre de l'album est assez joli, il sonne bien, et, tout comme sa pochette, résume idéalement le concept voulu par le groupe : un mélange entre beauté et violence. Beauté, entre le titre qui sonne bien et le sublime pélican sur la pochette recto (sur fond bleu nuit, avec un beau lettrage pour le titre de l'album), et violence, entre les carcasses d'animaux accrochées aux crocs de boucher au recto (une autre photo) et l'allusion à la drogue dure (la phéncyclidine, alias PCP, est surnommée 'poussière d'ange', et est une vraie saloperie). A l'intérieur, une photo de soldats russes, dont les visages ont été remplacés par ceux des membres du groupe (allusion évidente à la pochette de Led Zeppelin II), soldats posant devant la Place Rouge de Moscou. Musicalement, l'album offre quelques chansons purement jouissives, comme Land Of Sunshine, qui ouvre le bal (direct sur des claviers assez new-wave agrémentés de guitares acérées), ou bien Midlife Crisis, Smaller And Smaller (furieux, celui-là !), et ces deux étrangetés que sont Crack Hitler et Jizzlobber (ce dernier se termine sur une musique littéralement liturgique, un orgue, on se croirait à la messe ; bizarre, de finir un morceau de la sorte...). Sans oublier RV, Kindergarten... Le chant est parfois enjoué (c'est là que la voix de Patton me plaît le moins ; quand il joue les rappeurs, ça passe, mais quand il chante 'normalement', parfois, c'est pas top, même si, depuis The Real Thing, il s'est considérablement amélioré ; sur The Real Thing, il sonnait parfois comme Elmer Fudd passé en accéléré...), parfois agressif et virulent. On peut qualifier Angel Dust de montagnes russes, on passe d'une chanson funky à une autre totalement heavy, une autre à prédominance rap, une autre assez expérimentale. Un critique musical de l'époque qualifiera justement le disque d'album le plus anticommercial faisant suite à un grand hit commercial (que fut le précédent album), un autre dira que c'est un des plus complexes et déstabilisants albums jamais sortis...

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Force est de constater qu'on a du mal à qualifier clairement l'album. C'est pour ça que j'ai toujours eu du mal avec Faith No More, le groupe semble avoir le cul entre non pas deux, mais trois chaises (oui, un gros cul !), le hard-rock, le rap/hip-hop, et le rock classique. OK, c'est parfois remarquable (les 6 premiers titres de l'album assurent, Jizzlobber et Crack Hitler aussi), le chant de Patton met parfois sur le cul, l'énergie et l'inventivité du groupe, surtout pour l'époque, est parfois bluffante, la production est réussie... Et moi qui ne suis pas fan du tout de ce groupe, chiant absolument sur The Real Thing, je dois dire que je ne m'attendais pas à aimer Angel Dust, mais c'est le cas, j'ai assez bien aimé. Je ne sais pas si c'est un des disques majeurs des années 90, mais ce gros succès commercial (disque de référence du groupe) est tout de même un disque à écouter au moins une fois (plusieurs fois sont cependant nécessaires pour bien en venir à bout), ça serait dommage de passer à côté. Le disque suivant sera lui aussi très bon, mais marchera moins bien, et la comparaison avec Angel Dust ne tourne cependant pas à son avantage. Ca sera en 1995. Puis, en 1997, Album Of The Year, au titre pompeux et pas prémonitoire du tout, sera le dernier opus studio du groupe, et je ne l'aime pas, pour tout dire, même si c'est selon moi plus recommandé que The Real Thing. En réalité, je ne conseille que deux des quatre albums studio du groupe, King For A Day...Fool For A Lifetime et cet Angel Dust qui, clairement, malgré ses défauts et mes réticences, est le sommet incontesté de la bande à Patton.

Land Of Sunshine

Caffeine

Midlife Crisis

RV

Smaller And Smaller

Everything's Ruined

Malpractice

Kindergarten

Be Aggressive

A Small Victory

Crack Hitler

Jizzlobber

Midnight Cowboy

Easy