Alice-in-Chains-The-Devil-Put-Dinosaurs-Here

Pour ce nouveau track-by-track, je vous propose de décortiquer en long, en large et en travers le dernier album d'Alice In Chains, donc The Devil Put Dinosaurs Here, sorti fin mai 2013. The Devil Put Dinosaurs Here est évidemment attendu au tournant. Ce qui le différencie de Black Gives Way To Blue, précédent effort du groupe, qui marquait le retour d'Alice In Chains après 14 années de silence (tout du moins studio). Bref rappel des faits: en 2002, Layne Staley, le chanteur emblématique du groupe meurt d'une overdose au speedball (un mélange particulièrement nocif de cocaïne et d'héroïne).

Tout le monde croit Alice In Chains mort et enterré. Pas Jerry Cantrell, guitariste, principal compositeur et seconde voix du groupe. Seul problème: comment continuer l'aventure Alice In Chains à trois, qui plus est, sans Layne Staley ? A partir de 2005, le groupe effectue à nouveau des concerts. Jerry Cantrell rencontre William Duvall et lui propose de rejoindre Alice In Chains. La nouvelle dynamique du groupe est en place. William Duvall ne remplacera pas Layne Staley.
En vérité, c'est Jerry Cantrell qui devient la voix emblématique du groupe, William Duvall l'accompagnant au chant.

En 2009, le groupe sort donc un nouvel album, donc Black Gives Way To Blue. Tout le monde se fout éperdument du retour d'Alice In Chains. Pourquoi ? Tout simplement parce que le grunge est mort depuis longtemps. Ensuite, ce style s'inscrit dans une époque particulière, donc les années 1990 et un look pour le moins ringard (tee-shirt et bermuda, berk !).
Vous l'avez donc compris: Black Gives Way To Blue n'est donc pas spécialement attendu au tournant. Pourtant, le son est là. Le groupe sort à nouveau l'artillerie lourde et signe un disque sensationnel, digne de ses précédents efforts.

La claque est tout simplement phénoménale. Par conséquent, l'annonce de la sortie de The Devil Put Dinosaurs Here s'inscrit dans un tout autre registre. Cette fois-ci, ce nouveau disque (le second sous l'ère William Duvall) est particulièrement attendu par la presse et les fans.
D'une durée de 67 minutes, The Devil Put Dinosaurs est plus long que son prédécesseur. Il est aussi plus abouti. Contrairement à Black Gives Way To Blue, ce nouvel album ne contient pas de morceaux faibles. Personnellement, sur le précédent disque, je n'ai jamais aimé When The Sun Rose Again et je ne suis pas fan non plus de Take Her Out. Reste à savoir ce que vaut concrètement The Devil Put Dinosaurs Here.

Hollow ouvre les hostilités. Que les choses soient claires et pour citer notre ami Clash (voir la chronique du disque): "c'est du AIC pur jus de fruits pressé avec amour par votre grand-mère, autrement dit, c'est du AIC, quoi". Impossible de ne pas secouer la tête en écoutant ce morceau.
Le groupe est fidèle à lui-même. Hollow est un morceau sombre, torturé et qui contient également un putain de solo. Toutefois, il faut bien trois ou quatre écoutes avant de l'avoir en tête. C'est une remarque qui vaut pour les autres titres du disque.

Pretty Done: "I'm pretty done, once a favored son, I'm pretty done, slap me round for fun". Ce deuxième morceau contient un refrain imparable et encore une fois un putain de solo. C'est aussi l'un des titres les plus accessibles du disque. Il reste facilement en tête et s'impose comme un futur classique du groupe. En quelques mots: du pur Alice In Chains et un gros son, dans la grande tradition du groupe. C'est une évidence: Alice In Chains est en forme, en très grande forme.

Stone est le second single du disque, sorti après Hollow. Stone se distingue par une introduction typique d'Alice In Chains avec un gros son de basse de l'ami Mike Inez. Ce titre a aussi des faux airs de Soundgarden, un autre groupe "grunge" de la scène de Seattle. Même chose que pour Pretty Done, Stone se retient facilement. Toutefois, je lui préfère tout de même Hollow (simple avis personnel).

Voices: après trois gros titres, retour au calme avec Voices. Ce morceau annonce aussi la nouvelle formule d'Alice In Chains, déjà présente sur leur précédent effort, à savoir cette alternance entre des morceaux metal et des moments plus calmes. Belle balade (pour ne pas dire superbe), Voices s'inscrit dans la grande tradition des autres classiques (calmes) du groupe. On pense évidemment à Heaven Beside You ou encore à Your Decision. Du tout bon donc !

The Devil Put Dinosaurs Here: à la première écoute, cette cinquième livraison, qui est aussi le morceau-titre du disque, est pour le moins étrange. Encore une fois, ce morceau frappe par son refrain imparable. Les voix conjuguées de Cantrell et de Duvall fonctionnent à merveille sur The Devil Put Dinosaurs Here. Il est évidemment question du Diable sur ce titre. Il est aussi à l'origine de la pochette, sur laquelle figurent deu têtes de tricératops. 
Plus difficile d'accès que les précédents titres, The Devil Put Dinosaurs Here nécessite facilement trois ou quatre écoutes avant d'être apprécié pour ce qu'il est, à savoir (encore une fois) comme un futur classique d'Alice In Chains.

Lab Monkey: "Encore du AIC pur jus de fruits pressé avec amour par votre grand-mère". Je cite Clash à nouveau car cette phrase a le mérite de résumer parfaitement ce morceau et finalement ce disque. Encore une fois, Lab Monkey est un très grand moment, pas le meilleur cependant mais un excellent moment tout de même ! L'introduction est plutôt calme (bien que lourde dans son ambiance) et martelée par la superbe voix de Cantrell. Le morceau varie les hostilités et oscille entre le calme apparent pour céder ensuite à la tempête via un refrain dévastateur.

Low Ceiling: alors là, ça se gâte ! Tout du moins, en apparence ! J'ai eu beaucoup de mal à apprécier ce morceau. L'introduction me laisse toujours un peu de marbre. On croirait presque un morceau taillé pour une radio F.M. Pourtant, au bout de plusieurs écoutes (perso, il m'a fallu presque 10 écoutes pour adhérer à Low Ceiling), l'évidence se fait. Low Ceiling fait partie des grands moments du disque. Mieux encore, c'est une future grande balade d'Alice In Chains et un classique en devenir.

Breath On A Window: même remarque que pour Low Ceiling. A la première écoute, Breath On A Window laisse de marbre. Si le refrain est assez efficace, le morceau ne retient pas vraiment l'attention. Toutefois, même chose, au bout de plusieurs écoutes, l'évidence se fait encore une fois rapidement. Mieux encore, Breath On A Window est supérieur au précédent morceau, donc Low Ceiling, qui était déjà excellent. Ce huitième titre prend toute son ampleur et sa force dans ses deux dernières minutes, absolument incroyables.

Scalpel: Nouveau moment de pause pour Alice In Chains avec ce neuvième titre, qui possède quelques accents bluesy. En ce sens, Scalpel n'est pas sans rappeler le superbe Heaven Beside You, présent sur l'album éponyme (celui du chien à trois pattes). Clairement, Scalpel ne souffre pas de la comparaison avec son modèle et possède lui aussi un refrain entêtant et d'une redoutable efficacité. Du tout bon, encore une fois !

Phantom Limb: avec ce dixième morceau, Alice In Chains sort la grosse artillerie lourde qui défonce tout sur son passage ! On pourrait considérer Phantom Limb comme un nouveau A Looking In View puisqu'il s'étale sur une durée de plus de 7 minutes. Pourtant, bien que j'aime beaucoup le précédent titre cité, je lui préfère largement Phantom Limb. Morceau ultra dévastateur, Phantom Limb est un gros single en puissance. Personnellement, je suis même étonné que Alice In Chains ne l'ait pas sorti en single, et même en premier.

Hung On A Hook: Onzième morceau et nouvelle grosse claque en pleine tronche. Hung On A Hook est donc une nouvelle réussite, une de plus sur ce disque sublime. L'ambiance varie sans cesse sur ce titre démentiel. L'introduction est plutôt calme et portée par la voix magnifique de William Duvall. Puis, les choses s'accélèrent par la suite. Le morceau prend toute son ampleur dans ses deux dernières minutes. Sur ce dernier point, Jerry Cantrell signe encore un riff monstrueux et qui reste longtemps gravé en mémoire.

Choke est donc le douzième et dernier morceau du disque, jusque-là irréprochable. Même chose que pour Low Ceiling et Breath On A Window, Choke n'est pas forcément le titre le plus évident sur ce disque. Pourtant, au fil des écoutes, l'évidence se fait encore une fois (et je me répète) rapidement. Plutôt calme mais doté d'un refrain ultra efficace, Choke est appelé lui aussi à appartenir aux futurs grands classiques du groupe. C'est un titre qui clôt parfaitement ce superbe disque.

Voilà pour le détail de The Devil Put Dinosaurs Here. Au final, il faut bien reconnaître que la magie opère encore et toujours. Mieux encore, ce nouveau disque me paraît supérieur et plus abouti que son prédécesseur. C'est dire son excellente qualité.
Toutefois, il vous faudra de nombreuses écoutes pour l'apprécier. The Devil Put Dinosaurs Here est moins facile d'accès. Trois ou quatre écoutes ne sont pas suffisantes pour reconnaître sa véritable valeur. En l'état, ce disque ne contient aucun moment un peu faible. Mieux encore, il propose de nombreux classiques en devenir, pas forcément évidents si on ne les écoute qu'une ou deux fois. Avec leur précédent album, Alice In Chains signait le retour le plus convaincant et plus inattendu de ces dernières années. Avec The Devil Put Dinosaurs Here, une nouvelle question se pose: Alice In Chains est-il le meilleur groupe de rock de ces vingt dernières années ?

Alice In Oliver

P.S.: un grand merci à Clash pour son invitation sur ce blog sublime !