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Il est temps d'achever, sur le blog, la discographie solo de George Harrison. Enfin, l'achever, pas tout à fait : si cet album est le dernier qu'il me reste à aborder de lui concernant ses albums de vraies chansons, il me reste aussi à aborder ses deux premiers albums, Wonderwall Music et Electronic Sounds (1968 et 1969 respectivement), deux albums expérimentaux et qui sont assez à part du reste de la discographie solo du quiet Beatle. Ce n'est pas pour rien qu'All Things Must Pass (1970) est considéré comme son premier vrai opus solo, alors qu'en fait, il n'en est que le troisième. Sincèrement, je ne sais pas quand j'aborderai les deux albums 'inclassables' d'Harrison ; mais, avec cet article abordant Somewhere In England, j'aurai au moins abordé tous les albums de chansons du bonhomme, le doublé des Traveling Wilburys inclus. Ce disque est sorti en 1981, c'est donc le premier opus d'Harrison depuis la mort de John Lennon. Il est sorti en juin, il a été enregistré entre 1979 et 1981. C'est son septième album studio solo de chansons, et son dixième album en tout si on comptabilise les deux albums 'inclassables' du début et le triple live The Concert For Bangla Desh de 1971. Somewhere In England est un des albums les moins connus et estimés de George Harrison, et il n'a pas eu une vie facile. Rien que pour sa pochette, qui représente un Harrison souriant vaguement face à un mur (qui, en fait, est une reproduction de trottoir et de bout de route, une photo), et qui, à la base, n'était pas la pochette voulue par Harrison. Harrison avait pensé à une photo de lui, de profil, sur fond noir, se fondant dans une carte d'Angleterre. On lui refusera cette pochette un peu étrange, pochette qui sera cependant utilisée pour la réédition, en 2004, de l'album (dans le coffret The Dark Horse Years regroupant tous ses albums sortis sur son propre label Dark Horse Records, depuis 1976, et séparément du coffret), voir illustration juste en-dessous de ce paragraphe. J'ai choisi l'illustration vinyle pour la photo principale de l'article car, bien que n'étant pas la photo voulue par Harrison, c'est la photo de l'édition originale de l'album.

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Pochette de la réédition CD 2004, et par ailleurs celle qu'Harrison voulait pour l'album à sa sortie et qu'on lui refusera

Somewhere In England est un disque assez court, 37 minutes (le clip plus bas dure plus longtemps, car il offre tout le CD, qui propose des bonus-tracks), c'est même, sauf erreur de ma part, le plus court des albums studio (et des albums en général) d'Harrison. Il offre 10 titres, dont une chanson désormais assez connue, la seule vraiment connue de l'ensemble d'ailleurs : All Those Years Ago. Chanson qu'il interprètera en 1991 sur son double Live In Japan (sorti en 1992), All Those Years Ago est, comme le sera Here Today de Paul McCartney en 1982 sur Tug Of War, une chanson dédiée à la mémoire de John Lennon. Harrison ne pouvait pas ne pas rendre hommage à Lennon, cruellement assassiné le 9 décembre 1980 par un malade psychotique. La chanson est sublime, c'est la meilleure de l'album, et pas seulement parce que dédiée à Lennon. Il faut dire que Somewhere In England est mal-aimé, moyennement estimé et connu, et qu'il y à de bonnes raisons pour ça : sincèrement, sans être aussi pitoyable que Gone Troppo (l'album suivant, 1982), il est vraiment mineur et très très inégal. Je ne le range pas dans la catégorie des 'ratages' pour autant (après tout, je ne l'ai pas fait pour le Pipes Of Peace de Macca, alors qu'il le mériterait), mais ce n'est certainement pas un bon album. Il déçoit fortement, surtout après George Harrison (1979) et même Thirty-Three And 1/3 (1976), pourtant un peu inégal, le bat à plate couture. En fait, Gone Troppo excepté, c'est le disque le plus décevant de la carrière solo d'Harrison (là encore, sans compter les deux albums expérimentaux des débuts, franchement pas glorieux, surtout Electronic Sounds). Mine de rien, en plus de la chanson en hommage à Lennon, l'album offre quand même Blood From A Clone, qui est pas mal, et deux reprises assez correctes de chansons de Hoagy Carmichael, Baltimore Oriole et Hong Kong Blues. On va aussi citer Teardrops à la rigueur, ça fera la moitié des chansons, mais pour moi, c'est vraiment trop peu.

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Entouré de super musiciens (Willie Weeks le fidèle, Herbie Flowers, Gary Brooker, Jim Keltner, Ringo, Dave Mattacks, Al Kooper, Mike Moran, Ray Cooper, Tom Scott, Neil Larsen, Alla Rakha, et on notera aussi la participation du couple McCartney et de Denny Laine, tous trois des Wings évidemment, aux choeurs ; tous les Beatles survivants sont sur le disque !), Harrison, qui produit, peine donc, malgré tout, à faire un bon disque avec ce Somewhere In England. Alors certes, il fera bien pire un an plus tard avec Gone Troppo (une contre-perfomance hallucinante, un bide retentissant qui ne rentrera pas dans les charts, ne sera même pas défendu par Harrison qui semblera totalement se désintéresser du produit fini et décidera de stopper temporairement sa carrière, pour 5 ans précisément), mais en attendant, Somewhere In England est un album à découvrir une fois que l'on a déouvert l'ensemble des autres albums d'Harrison, les précédents, et une grande partie des suivants (Cloud Nine, le double live japonais, et Brainwashed, album posthume de 2002). On note toute de même un grand titre avec All Those Years Ago, mais c'est quand même peu, très peu...

FACE A

Blood From A Clone

Unconsciousness Rules

Life Itself

All Those Years Ago

Baltimore Oriole

FACE B

Teardrops

That Which I Have Lost

Writing's On The Wall

Hong Kong Blues

Save The World