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Deuxième album des Wings sorti en 1978, ce n'est ni un album studio, ni un live, mais une compilation. Qui a été rééditée en CD et vinyle (ayant le disque en vinyle depuis des années, mais n'étant pas en possession du CD, je l'ai acheté récemment sous ce format bien pratique mais moins glorieux, pour la collection) en mai dernier, et ce, malgré le fait non négligeable que cette compilation soit, désormais, suite à la parution d'autres compilations plus complètes (All The Best en 1987, Wingspan en 2001, Pure en 2016, cette dernière étant sortie en box de 4 CD, les deux autres sont double), totalement inutile car on trouve, sur ces autres compilation, l'ensemble des 12 titres de celle-ci plus une enculade d'autres, de bien d'autres. C'est le problème des best-ofs : ils apportent satisfaction à leur sortie mais il suffit que l'artiste ou le groupe concerné sorte ensuite d'autres albums, susceptibles de contenir de futurs hits ou classiques, pour que le best-of soit désormais dépassé. Wings Greatest, sorti en 1978, compilation généreuse car d'une durée de 54 minutes (pour 12 titres), est de ceux-là. Il faudra attendre 9 ans pour que Macca refasse un best-of, All The Best, dont 8 titres se trouvaient déjà sur Wings Greatest. Quant à Wingspan de 2001, l'ensemble des 12 titres de Wings Greatest sont disséminés sur le premier de ses deux disques, rien que ça, et je ne parle même pas de Pure. Bref.

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Mais Wings Greatest (au passage, cette chronique, vu la peu d'intérêt de l'album abordé, sera plus courte que les autres concernant ce cycle McCartney/Wings) est tout de même une compilation mythique, car la première de Paul en solo. Notons d'ailleurs qu'au cours des années 70, chaque Beatle a sorti sa propre compilation, et que Macca a été le dernier à s'y coller. Lennon a sorti Shaved Fish (Collectable Lennon) en 1975, qui est certes incomplet, mais excellent ; Ringo, la même année, le dramatiquement court (31 minutes) et incomplet, car on aurait pu y rajouter des morceaux intéressants, Blast From Your Past, qui est tout de même très réussi ; et en 1976, Harrison a sorti The Best Of George Harrison, pour lequel il n'y était pour rien, c'était en fait EMI qui l'a sorti sans son accord (en même temps, lui sortait Thirty-Three And 1/3, son premier album solo sur son label Dark Horse Records), et EMI s'est bien foutu de lui en mettant une face "Harrison chez les Beatles" et une face "Harrison solo", sans oublier la pochette ridicule. Macca, lui, attendra donc 1978. Vu le titre de la compilation, on s'attendrait à ce que Wings Greatest n'aborde que la période Wings (pas encore finie en 1978, mais pas loin de l'être), mais deux titres, Another Day qui ouvre la face A et Uncle Albert/Admiral Halsey qui ouvre la B, sont de sa période solo. Tous deux datent de 1971, le premier était sorti en single, et le second est issu de Ram. Pas des Wings, donc. Mais ce n'est pas grave. Ceci étant, pourquoi ne pas avoir placé Maybe I'm Amazed aussi, tant qu'à faire ?

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Poster glissé dans la pochette (au dos, la photo noir & blanc des Wings que l'on voit sur le piano et au verso de pochette)

Car c'est bien là le problème de cette compilation : bien que généreuse en durée, elle est incomplète. Le plus grave réside dans l'absence des morceaux de Venus And Mars, album de 1975 qui pourtant a cartonné et a offert plusieurs hits : Listen To What The Man Said, Venus And Mars/Rock Show, dans une moindre mesure Letting Go et Magneto And Titanium Man. Mais Venus And Mars était sorti sur Capitol Records (les autres, sur EMI, via Apple, puis EMI tout court à partir de 1976), pas le même label donc, et pas les mêmes droits sur les copyrights. Mais cette absence sera remarquée et reprochée à l'époque par les fans. Qui ont pourtant de quoi boire et manger ici : outre des classiques issus de Band On The Run (Jet, le morceau-titre) et Wings At The Speed Of Sound (Let 'Em In, Silly Love Songs), on a aussi My Love, With A Little Luck et quatre chansons qui étaient sorties en singles mais ne se trouvaient pas sur les albums : Hi, Hi, Hi ; Live And Let Die ; Junior's Farm ; et évidemment Mull Of Kintyre, énorme succès de 1977, que l'on ne présente plus. Le tout, sous une pochette rien moins que sublime (cette petite statuette dans la neige, ce poster représentant deux perroquets sur un piano, ce verso de pochette avec ces vignettes des albums ou singles pour représenter les chansons), ce qui ne gâche rien. Mais, pour intéressante qu'elle était en 1978, cette compilation, en 2018, bien que pas honteuse du tout, ne sert plus à rien, alors le fait de l'avoir réédité, aussi bien en CD qu'en vinyle, au lieu de rééditer, à sa place, London Town, Wild Life, Red Rose Speedway ou Back To The Egg (qui restent à rééditer, tous les quatre), ne manque pas de m'interpeller, et pas en bien. Heureusement que dans la même fournée de rééditions de mai dernier, Macca a fait rééditer Thrillington et Chaos And Creation In The Backyard (New aussi), que j'ai acheté dans les deux formats pour le premier, et en vinyle pour le second (et sous aucun format, l'ayant déjà fait à l'époque de sa première sortie en 2013, pour New). Ca rattrape cette aberration. Bon, ça y est, mon article est fini, vous pouvez aller vous préparer pour regarder la finale dans quelques heures (à date de publication de cet article) !

FACE A

Another Day

Silly Love Songs

Live And Let Die

Junior's Farm

With A Little Luck

Band On The Run

FACE B

Uncle Albert/Admiral Halsey

Hi, Hi, Hi

Let 'Em In

My Love

Jet

Mull Of Kintyre