M1

Vous connaissez le procédé de l'Autotune ? Alias le Cher Effect (allusion à la chanteuse Cher qui, avec sa chanson Believe, a très lourdement usé et abusé du procédé, dénaturant sa voix) ? Ce procédé capable de gommer les imperfections vocales, de faire que tout le monde peut chanter dans le ton, est en usage, parfois (et c'est parfois officiellement dit, parfois juste une rumeur persistante ; Cher, je crois, n'a jamais nié avoir utilisé l'Autotune, et même si elle l'a nié, c'est péter dans le vent, car ça crêve les yeux, ou plutôt, les oreilles), et il semblerait qu'avec ce double live sorti en 2009 (et capté la même année au Citi Field de New York, l'ancien Shea Stadium où les Beatles s'étaient glorieusement produits autrefois), il ait fait usage de l'Autotune. Ou qu'on ait fait usage, sans citer de nom, de l'Autotune. Macca le nie, certains autres aussi. D'autres braillent que c'est parfois très évident (il semblerait que ça s'entend fortement sur Hey Jude, notamment). Pour ma part, je m'en fous un peu, car, 'Autotuné' ou pas, Good Evening New York City (tel est le nom de ce double live sorti dans une édition 3 disques : les deux CD et un DVD live, proposant dans les deux cas tout le concert), live très généreux de 33 morceaux (et deux heures de musique en CD, un peu plus en DVD vu qu'on a les interventions vocales de Macca, qui manquent à la version sonore), est un excellent live, qui sonne vraiment très bien (excellente production), malgré, il est vrai, un public qui semble un peu froid (ou alors, sous-mixé, on l'entend parfois peu). Mais Macca et ses sbires (quasiment pas cités dans le livret...entre ça et la posture de Macca sur la pochette, on a deux exemples de la proverbiale suffisance britannique dans toute sa splendeur ! Mais il peut se le permettre, avec la carrière qu'il a), Macca  et ses sbires, donc, sont en forme, ici, et s'éclatent comme des ballons de baudruche dans une fabrique de punaises.

M2

Qui dit Paul McCartney dit forcément Beatles. Je ne crois pas qu'il ait existé un seul concert de Macca sans au moins un titre de son ancien groupe de gloire, même à l'époque 1970/1971 où, fraîchement parti du groupe et commençant sa carrière solo, il n'avait envie que d'une chose, qu'on parle de lui pour autre chose que les Beatles. Ici, sur les 33 titres (en fait, 35 : deux plages audio, sur le second CD, proposent chacune deux titres imbriqués en un), on a pas moins de 21 (en comptant les morceaux en eux-mêmes et pas seulement les plages audio) titres du répertoire des Beatles, morceaux essentiellement chantés, autrefois, par Macca, exception faite d'un hommage à Harrison via Something (que je trouve que Macca chante avec un peu trop de légèreté et de rapidité, mais c'est mon avis). On entend aussi A Day In The Life (couplé avec la chanson de Lennon en solo Give Peace A Chance), chanson qui était interprétée par Lennon et Macca, mais surtout Lennon. Lennon a droit à plus d'hommages qu'Harrison, vu que Macca, ici, chante son fameux Here Today qu'il avait composé en hommage à son compère assassiné, et que serait un concert de Macca, aussi, sans un hommage à celle qui partagea sa vie durant de longues années, a aussi longtemps partagé sa musique (ayant fait partie des Wings), et étant décédée en 1998 : Linda. Ici, en hommage à sa regrettée femme, Paul chante son hymne My Love, qui fut le premier hit des Wings en 1973. Les Wings, justement... On avait 'accusé' Macca de ne pas suffisamment prendre en compte, dans ses setlists, cette période de sa carrière, quasiment une entière décennie toute de même (1971/1979), sa période Wings, riche en hits et en albums prodigieux. Les Wings, groupe ayant connu une popularité immense aux USA (plus que dans son propre pays, plus qu'en Europe, où il était alors 'bien' de chier sur eux...jusqu'au coup de poing dans la face que fut, fin 1973, le monumental album Band On The Run), les Wings, donc, ne furent pendant longtemps pas bien représentés dans les concerts de Paul en solo (je parle d'après la fin des Wings, hein). Il chantait My Love, Band On The Run, éventuellement Live And Let Die. Ici, en plus de ces trois morceaux, on a Jet, Let Me Roll It (avec, en final, un bout instrumental du Foxy Lady d'Hendrix, grand moment) et, surtout, Mrs. Vandebilt, dont c'est, je crois, la première apparition sur un live officiel de Paul. Remarquables versions de ces classiques 70's.

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Sinon, on trouve, ici, deux morceaux d'Electric Arguments, le troisième album que Macca a fait sous le nom de The Fireman (sous ce nom, il a pu sortir des albums assez expérimentaux, électroniques, ambient), ces morceaux sont Highway et Sing The Changes. Deux morceaux assez conventionnels (et réussis), le troisième opus de The Fireman étant moins expérimental que les deux autres. Mais tout de même, il ne néglige pas cette autre partie, peu connue (et au succès faiblard, mais Macca s'en fout) de sa carrière ! De sa carrière solo conventionnelle, on a des extraits de Flaming Pie (la chanson-titre, Calico Skies), de son album le plus récent alors (Memory Almost Full de 2007 : Only Mama Knows), mais ni Maybe I'm Amazed, ni Uncle Albert/Admiral Halsey, deux classiques de son début de carrière solo. Rien de l'intimiste Chaos And Creation In The Backyard de 2005 aussi, mais les chansons intimistes, justement, de l'album, Fine Line exceptée, ne permettent pas trop leur inclusion dans un concert rock. Sinon, on a les Beatles, évidemment : Blackbird, Yesterday, Day Tripper, I Saw Her Standing There, Eleanor Rigby, Drive My Car (qui ouvre le bal), Paperback Writer, Got To Get You Into My Life, Lady Madonna, Helter Skelter, I'm Down, Get Back, Hey Jude, j'en passe, autant de chansons ultra populaires et grandioses qui font de ce double live un excellent moment à passer, et quasiment la sensation d'écouter les Beatles en live (rappelons que les deux seuls albums live du groupe, sortis en 1976/1977, non seulement n'existent pas ou plus en CD, mais sont de qualité sonore médiocre et, généralement, peu reconnus par les Beatles eux-mêmes : un concert de 1962 au mythique Star-Club de Hambourg et un autre de 1965 au Hollywood Bowl). Dans l'ensemble, ce double CD + DVD Good Evening New York City, sans être sans doute le sommet live de Macca (Wings Over America, triple live de 1976, qui sera réédité fin mai en CD et vinyle, est supérieur, et le double Tripping The Live Fantastic de 1990 est remarquable également), est en tout cas un excellentissime live, et peu importe s'il a été retouché, légèrement ou lourdement, à l'Autotune. Personnellement, je m'en fous, car on prend beaucoup de plaisir à l'écouter (ou à le regarder en DVD) et moi, ça me suffit amplement ! Conseillé, surtout qu'il n'est généralement pas vendu trop cher pour un double live contenant, en plus, un DVD (donc une édition 3 disques) !

CD 1

Drive My Car

Jet

Only Mama Knows

Flaming Pie

Got To Get Yo Into My Life

Let Me Roll It

Highway

The Long And Winding Road

My Love

Blackbird

Here Today

Dance Tonight

Calico Skies

Mrs. Vandebilt

Eleanor Rigby

Sing The Changes

Band On The Run

CD 2

Back In The U.S.S.R.

I'm Down

Something

I've Got A Feeling

Paperback Writer

A Day In The Life/Give Peace A Chance

Let It Be

Live And Let Die

Hey Jude

Day Tripper

Lady Madonna

I Saw Her Standing There

Yesterday

Helter Skelter

Get Back

Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band (Reprise)/The End