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Ce disque est étrange, et assez méconnu dans la discographie de David Bowie. Certains iront jusqu'à le qualifier de sous-estimé, et dans un sens, ce n'est pas faux. Sorti en 1993, dans un premier temps, sous une pochette différente de celle ci-dessus (qui est celle de sa réédition de 2007), The Buddha Of Suburbia est un disque considéré comme une bande originale de film (celle d'un TVfilm britannique adapté d'un roman du même nom, Le Bouddha De Banlieue d'Hanif Kureishi), ce qui a partiellement freiné ses ventes, les gens n'ayant sans doute pas envie d'acheter une vulgaire bande originale (les cons). Bowie coproduit le disque avec David Richards et est entouré, sur l'album, d'Erdal Kizilcay - claviers, trompette, basse, guitare, batterie - , de Mike Garson - piano - et, sur le dernier titre, de Lenny Kravitz - guitare ; quant à Bowie, en plus du chant, il tient les claviers, le saxophone et la guitare. L'album dure 55 minutes, offre 10 titres, même si le dernier n'est qu'une reprise du premier morceau avec Kravitz en guest. Parmi les 10 titres, un sera réutilisé deux ans plus tard, vaguement réarrangé, sur 1.Outside : Strangers When We Meet. C'est de loin le morceau le plus connu de The Buddha Of Suburbia. L'album, qui contient quelques instrumentaux, n'a vraiment pas fait parler de lui, et il fait partie des albums qu'un fan de Bowie, généralement, découvre parmi les derniers, au même titre que les albums de Tin Machine ou les deux premiers albums du chanteur (1967 et 1969).

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Première édition CD (1993)

Longtemps considéré par Bowie lui-même comme l'album qu'il préférait parmi ceux qu'il avait fait, The Buddha Of Suburbia a vraiment connu les affres d'une distribution chaotique : l'album, vendu comme une bande-son et, aussi, en marge du catalogue discographique classique de Bowie, fut pendant longtemps, jusqu'à sa réédition 2007 sous une autre pochette, difficile à trouver, voire même retiré de la vente. Et la nouvelle pochette, si elle met bien en avant le fait que c'est un disque de Bowie, est franchement peu réussie (en même temps, je ne suis pas très fan de la pochette initiale, même si elle est au moins raccord avec le disque, vu qu'elle montre une photo issue du TVfilm britannique dont l'album est la musique), bien que sobre. A sa sortie, l'album n'a apparemment pas été super bien accueilli, contrairement à la chanson-titre. On a eu du mal à voir en cet album un disque intéressant, les gens semblaient faire peu de cas de l'album, semblaient oublier que Bowie s'était impliqué dedans, il a quand même écrit 9 chansons rien que pour l'album, et parmi elles, Sex And The Church, Buddha Of Suburbia dans ses deux versions, Strangers When We Meet (qui sera ressuscité deux ans plus tard, donc) ou le long - 7,10 minutes - The Mysteries sont sublimes. Je ne suis en revanche pas fan de Untitled N°1 et de Ian Fish, U.K. Heir, mais rien de grave, ce disque est, dans l'ensemble, plutôt correct. Certes, ce n'est pas le joyau de la couronne de Bowie, il n'est pas aussi grandiose que beaucoup de ses précédents albums ou que certains de ses suivants, mais il est nettement meilleur que Black Tie White Noise (sorti un peu avant en cette même année 1993) et je le trouve meilleur que le suivant, ce 1.Outside trop long et hermétique (à noter que The Buddha Of Suburbia ne sortira qu'en 1995 aux USA).

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Bref, dans l'ensemble, cet album méconnu et même un peu fantômatique est à découvrir. Pas en priorité, car David Bowie a fait mieux, et pour un néophyte, la découverte de cet album assez particulier (pas mal d'instrumentaux, une succession d'ambiances étranges, et ce n'est pas à proprement parler un 'vrai' album) risquerait fort d'en décourager certains (sauf les plus courageux et patients). Mais une fois les albums majeurs découverts, pourquoi ne pas tenter le coup ? Plus facile à trouver depuis 2007 rapport à sa réédition (le livret est hautement décevant, d'ailleurs, comme le visuel de pochette ; je ne sais pas à quoi ressemblait le livret de l'édition 1993, je ne la possède pas), The Buddha Of Suburbia est un Bowie attachant, à défaut d'être grandiose. Bowie en a parlé comme de son préféré, je ne sais pas si c'est encore le cas, mais ça m'étonnerait qu'il ait subitement cessé de l'aimer. En tout cas, c'est un de ses albums les plus particuliers, et en attendant, qui sait, qu'un jour il soit réhabilité comme il se doit, il ne faut pas passer à côté. C'est vraiment un bon petit album.

Buddha Of Suburbia

Sex And The Church

South Horizon

The Mysteries

Bleed Like Craze, Dad

Strangers When We Meet

Dead Against It

Untitled N°1

Ian Fish, U.K. Heir

Buddha Of Suburbia (with Lenny Kravitz)