DB1

A la base, j'avais prévu de réaborder Never Let Me Down, album que David Bowie a fait en 1987 (et qu'il a totalement renié depuis, tout comme Tonight de 1984, estimant que cette période 1984/1988 est le nadir de sa carrière ; si vous ne savez pas ce que c'est que le nadir, sachez que c'est l'opposé total du zénith ; et si vous ne savez pas que le zénith est à la base autre chose qu'un nom générique de salles de spectacles françaises, je ne peux plus rien pour vous...). Je comptais le réaborder, vu que la chronique que j'avais fait de ce terriblement médiocre album est vraiment plate, trop courte. Bah, je la referai bientôt ! Car au final, j'ai plutôt décidé d'aborder ici, maintenant, un double live sorti en 2007, enregistré 20 ans plus tôt (1987 donc), pendant la tournée promotionnelle de Never Let Me Down, la tournée Glass Spider Tour (une tournée tant décriée, mais qui sera un beau succès commercial, et qui marquera la fin de la période commerciale à donf' de Bowie). Ce live s'appelle sobrement Glass Spider Live. Il a été édité en 2007 sur l'éditeur néerlandais Immortal, et je doute qu'il soit (le live) à 100% officiel. On peut le qualifier de semi-bootleg, c'est à dire un album sorti sur un vrai label, officiellement, mais n'étant pas totalement reconnu par l'artiste ou le groupe concerné. Etant donné que Bowie a renié la période 1984/1988 (pendant longtemps, il ne jouera, en live, plus rien de cette période, hormis une version acoustique de Loving The Alien de temps à autre), il paraît étonnant qu'il puisse avoir donné son feu vert pour la parution d'un double live (en DVD aussi, je crois) de la tournée Glass Spider Tour ! Malgré son statut probable de semi-bootleg, le son de Glass Spider Live (qui dure 100 minutes pour 20 titres : deux disques de 50 minutes chacun) est remarquable.

DB3

C'est un fait, cette tournée, très théâtrale (le retour de Bowie au 'théâtre rock' depuis la tournée Diamond Dogs de 1974), très kitsch aussi avec ses nombreuses choristes, ses décors pharaoniques (dont une araignée métallique gigantesque dans laquelle Bowie se trouvait au début du show, photo ci-dessus), ses tenues de scène datées, son Peter Frampton (guitare) péroxydé, son Bowie qui l'est tout autant (péroxydé) et le jeu de scène surdimensionné de Bowie qui en rajoutait (voir le clip plus bas), cette tournée, donc, est, rétrospectivement, un désastre. Bowie le reconnaît lui-même, alors pourquoi le nier ? Never Let Me Down, aussi, est un désastre, malgré quelques (rares) chansons correctes : la chanson-titre, Time Will Crawl ou Bang Bang (reprise d'Iggy Pop). Une des chansons de l'album, Too Dizzy, ne se retrouvera pas sur les rééditions CD, jugée trop pourrie pour ça, c'est dire ! Mais malgré cela, ce double live bien enregistré est, dans l'ensemble, pas mal du tout, j'ai vraiment apprécié. D'abord, tout le côté théâtral daté passe à l'as ici : on n'a que le son, difficile donc de juger l'ampleur du carnage de la prestation scénique (je parle de la gestuelle) de Bowie dans ce cas ! Si les choeurs très présents, trop présents, sont parfois too much, ils fonctionnent bien sur Absolute Beginners, chanson qui, à la base, est riche en choeurs. Le seul moment que je trouve vraiment insipide est le premier morceau, qui s'ouvre sur une longuette intro de guitares saturées à la Robert Fripp, agrémentées d'un Shut up ! violent de Bowie de temps en temps (allusion à la fin de It's No Game (1) sur Scary Monsters (& Super Creeps) de 1980), immédiatement suivie, sur la même plage audio (qui dure quasiment 10 minutes en totalité), par une courte version de Up The Hill Backwards (de l'album de 1980) à la sauce hip-hop (épouvantable) et, juste après, par Glass Spider (de l'album de 1987). C'est surtout le passage rap (pas par Bowie, mais par ses choristes) qui est insipide.

DB2

Le reste de ce Glass Spider Live n'est pas transcendant, mais on y trouve suffisamment de morceaux rarement joués en live (et présents pour la première fois sur un live 'officiel' de Bowie) pour que le fan, malgré que ce live date de 1987, trouve son compte : Young Americans (autre morceau riche en choeurs et pour lequel la sauce passe bien ici), Modern Love, Absolute Beginners, Fashion, Never Let Me Down, Sons Of The Silent Age (morceau joué souvent durant la tournée 1987/88, jamais joué avant elle, et plus jamais joué, je crois, après elle ; le morceau date de 1977 !), plus une reprise du I Wanna Be Your Dog des Stooges. L'autre reprise fut souvent jouée par Bowie, celle du White Light/White Heat du Velvet Underground. Et on a aussi la reprise de deux chansons d'Iggy Pop en solo, China Girl et Bang Bang. A côté de ces morceaux rarement joués lives, ou présents pour la première fois sur un album live de Bowie, on a aussi des titres plus courants, comme Fame, Rebel Rebel, "Heroes" ou The Jean Genie. Ou Time. Bowie ne joue aucun titre de The Rise And Fall Of Ziggy Stardust And The Spiders From Mars (1972), aucun titre plus ancien que 1973. Il livre surtout des chansons dont l'ambiance, l'atmosphère, se prêtait bien au jeu du Glass Spider Tour. Et je le soupçonne d'avoir chanté Sons Of The Silent Age uniquement parce que le refrain dit Baby, I'll never let you down, soit quasiment, à un mot près, le titre de l'album qu'il a sorti en 1987 ! Dans l'ensemble, le son est remarquable, l'interprétation est parfois too much (Frampton en fait trop, mais c'est Frampton, sans doute le seul musicien de la tournée qui estimera le Glass Spider Tour profitable et réussi) mais sympa, le tracklisting est sympa, avec pas beaucoup de titres de Never Let Me Down (quatre, et pas les moins réussis, malgré un Day-In, Day-Out comme toujours insoutenable). On ne peut évidemment pas qualifier Glass Spider Live de réussite, mais ce live est quand même mille fois plus recommandé que les deux albums studio de 1984/1987 (de Tonight, deux morceaux ici, les deux tubes, les deux seuls bons titres de l'album de 1984), et s'il souffre de la comparaison avec la majorité des autres lives de Bowie (Stage, A Reality Tour, Santa Monica '72, Ziggy Stardust & The Spiders From Mars), je le trouve meilleur, oui oui, que David Live (1974) ! Dans le genre pop-rock décomplexée, c'est pas mal, et, je le redis, bien supérieur, mille fois supérieur, aux albums studio de la même époque.

CD 1

Intro/Up The Hill Backwards/Glass Spider

Day-In, Day-Out

Bang Bang

Absolute Beginners

Loving The Alien

China Girl

Rebel Rebel

Fashion

Never Let Me Down

CD 2

"Heroes"

Sons Of The Silent Age

Young Americans

The Jean Genie

Let's Dance

Time

Fame

Blue Jean

I Wanna Be Your Dog

White Light/White Heat

Modern Love