NY1

Pourquoi, mais pourquoi Neil Young a-t-il toujours droit à des pochettes de merde ? C'est un fait, j'ai déjà parlé de cela plusieurs fois et je vais recommencer ici (pour la dernière fois, je l'espère) : pour quelques belles pochettes comme celles de On The Beach, Everybody Knows This Is Nowhere ou Mirror Ball, combien de ratages à la Fork In The Road, Harvest, Re.ac.tor, Trans, Zuma ou Sleeps With Angels ? Je parle des pochettes, hein, même si certains des albums cités sont aussi ratés musicalement parlant (Trans, Fork In The Road, Re.ac.tor). En 2000, alors qu'il est dans une période assez moyenne (aucun vrai album studio depuis le médiocre Broken Arrow de 1996), Neil Young sort un nouvel album studio, son premier en quatre ans, donc. Ce disque, court (37 minutes, 10 titres), s'appelle Silver & Gold, et sa pochette est, comme vous pouvez le juger sur place au-dessus, férocement atroce. On se demande vraiment pourquoi avoir pixellisé à outrance ce qui, sinon, aurait sans doute pu faire une pochette acceptable (vraisemblablement une photo sépia, ancienne ou faite à l'ancienne, d'une personne qui me semble être une femme, mais je peux me tromper) ? C'est bien simple, la première fois que, sur le Net, j'ai vu la pochette de l'album, j'ai cru à une mauvaise capture d'image, et pas au fait qu'il s'agissait bel et bien de la pochette telle qu'on la trouve sur le livret dépliant (avec paroles à l'intérieur) du CD ! Est-ce la pire pochette d'album de Neil Young, sans doute, devant Zuma, Landing On Water et Fork In The Road (laquelle propose aussi une photo pixellisée, mais à un degré bien moindre)...

NY2

Vous allez me dire c'est bien beau de pourrir comme ça le Loner pour avoir fait une pochette d'album aussi nulle, mais l'album, musicalement parlant, il vaut quoi ? Hélas, pas grand chose. Sans être nul comme le sont Trans ou Everybody's Rockin' (deux albums sans aucun lien avec Silver & Gold excepté qu'ils sont de Neil Young), sans être aussi médiocre que Broken Arrow, Silver & Gold n'est pas à proprement parler un grand cru du Loner. Rien, ici, n'est horrible, on a de la folk-rock qui se tient, Neil chante bien (Good To See You, Silver & Gold, Red Sun), mais on ne peut pas qualifier le disque de réussi non plus ; entre sa durée assez insignifiante (surtout pour 2000, et surtout quand on sait que certains des précédents albums de Neil Young, et certains des suivants, atteignent ou dépassent une heure de musique : Ragged Glory, Freedom, Sleeps With Angels, Chrome Dreams II, Psychedelic Pill) et le fait qu'il ne contienne vraiment qu'un seul classique (Silver & Gold), l'album a de quoi décevoir le fan. Il faudra attendre 2007 pour que le Loner refasse un grand disque (Chrome Dreams II), même si Living With War, de 2006, vaudra le coup. En attendant, avec Silver & Gold, le Loner entame une nouvelle période difficile (entamée, en fait, en 1996 avec Broken Arrow), les albums suivants seront généralement mauvais (Are You Passionate ?, Prairie Wind), Greendale sera correct, mais trop long...

NY3

Peu de choses à dire, donc, sur cet album de 2000 qui passe plutôt inaperçu (pas autant que Life, Old Ways ou Fork In The Road, cependant) dans la foisonnante discographie du Canadien. Silver & Gold est vraiment un disque à réserver aux ultra fans de Neil Young, qui seront sans doute déçus, à moins d'adorer la face lo-fi du Loner, ici assez présente. A noter qu'une des chansons porte le nom du second album de Buffalo Springfield : Buffalo Springfield Again (1967) ! Une chanson assez correcte, mais, comme l'ensemble de l'album, on ne s'en souvient plus trop une fois l'écoute achevée...

Good To See You

Silver & Gold

Daddy Went Walkin'

Buffalo Springfield Again

The Great Divide

Horseshoe Man

Red Sun

Distant Camera

Razor Love

Without Rings