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 Pour un fan de David Bowie, cet album est quelque chose d'assez essentiel. Pensez donc : une double compilation, bien généreuse (37 titres, quasiment 2h20 de musique), proposant le meilleur des nombreuses prestations radiophoniques de Bowie entre 1968 (avant son deuxième album, qui date de 1969) et 1972. Et parmi ces 37 titres, le plus fort, c'est la quasi-absence de doublons : on a juste deux versions de Ziggy Stardust et de Hang On To Yourself, mais mis à part ça, c'est tout (contrairement aux fameuses BBC Sessions de Led Zeppelin qui proposent quand même plus de doublons dans l'ensemble ; et moins de titres pour une durée de 2h30 en tout). Cette double compilation live (même si on n'entend absolument pas de public sur le second disque), ou plutôt, live à la radio, est sortie en 2000 et s'intitulé Bowie At The Beeb (abréviation anglophone pour BBC). Il en existe une version collector avec un troisième disque proposant des prestations BBC plus récentes de Bowie (datant de 2000, justement, avec notamment, dessus, Ashes To Ashes, Wild Is The Wind, Always Crashing In The Same Car, Hallo Spaceboy ou Survive), mais je ne possède que la version classique double CD, hélas. Hélas, car la setlist du troisième disque, de l'édition limitée, ferait bander une serviette-éponge ! Enfin, le double CD original est en soi déjà une grande fête auditive pour un fan de Bowie. Le premier disque offre 18 titres datant d'entre 1968 et 1971 (la toute fin du disque). Le second disque, 19 titres, quasi-uniquement de 1972 (pour les prestations, pas l'écriture des morceaux interprétés) à l'exception des deux premiers titres. Dans l'ensemble, c'est tout simplement admirable.

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Le premier disque démarre par quelques morceaux peu connus (sauf des vrais fans de Bowie qui n'ignorent pas qu'entre 1966 et 1967, il a sorti plusieurs singles, et un album - David Bowie en 1967 -  peu connus et sans grand retentissement commercial à l'époque), tous datant de 1966/67 pour l'écriture (et de 1968 pour la prestation) : In The Heat Of The Morning, London Bye Ta Ta, Karma Man, Silly Boy Blue (de la même radiodiffusion) et Let Me Sleep Beside You (d'une radiodiffusion suivante, 1969). Ces morceaux ne font pas partie de ce que Bowie a fait de mieux, même si Karma Man et Silly Boy Blue sont magnifiques. C'est peu connu, et c'est dans un sens assez osé de faire démarrer la compilation par eux, même si, au fond, c'est logique aussi : elle suit un ordre chronologique de diffusion (ou d'enregistrement, en fait, car il est précisé quand tel ou tel morceau a été ou non diffusé au final à la BBC). A partir du sixième titre, on est, quelque part (du moins, pour ceux qui connaissent Space Oddity, de 1969, le second album de Bowie et pour beaucoup le premier à vraiment retenir), en terrain connu : Janine se trouvant en effet sur ce disque inégal (mais renfermant de vraies merveilles) de 1969 sous pochette signée Vasareli. Après Janine (pas un morceau particulièrement glorieux, mais sa version, ici, est correcte), on a une reprise, en anglais, du Amsterdam de Brel, absolument magistrale (absente de tout album studio de Bowie), puis God Knows I'm Good (aussi de l'album de 1969), qui est pas mal. Puis une version embryonnaire de The Width Of A Circle (qui apparaîtra, dans une version plus longue, sur l'album de 1970 The Man Who Sold The World), qui assure, et, enfin, quatre morceaux de Space Oddity (le dernier cité date d'une autre performance que la partie de la compilation allant de la reprise de Brel à l'avant-dernier morceau de Space Oddity que je vais citer) : Unwashed And Somewhat Slightly Dazed (très bon), Cygnet Committee (anthologique), Memory Of A Free Festival (version raccourcie par rapport à la studio, et pas mal) et Wild-Eyed Boy From Freecloud (anthologique). Puis arrivent deux morceaux peu connus de Bowie, Bombers et Looking For A Friend, superbes en particulier le premier ; puis une reprise du Almost Grown de Chuck Berry ; on est, alors, en 1971, depuis Bombers) ; puis Kooks, émouvante chanson de 1971 (Hunky Dory), sur la naissance de son fils Zowie (Duncan Jones, désormais) et son couple avec Angela ; puis It Ain't Easy, reprise de Ron Davies qui, un an plus tard, se retrouvera sur The Rise And Fall Of Ziggy Stardust And The Spiders From Mars (à noter que cette version BBC est en partie interprétée par des musiciens entourant Bowie). Le premier disque s'achève là.

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Le second n'offre quasiment que des morceaux enregistrés à la BBC en 1972, en plusieurs sessions. Sauf les deux premiers, The Supermen et Eight Line Poem (amusant d'entendre ce morceau séparé de Oh ! You Pretty Things dont il est pourtant la suite directe), qui datent d'une session de 1971. Remarquable. Comme la suite : Hang On To Yourself fait entrer la compilation en 1972 avec toute la force requise, 1972 est clairement l'année Bowie, et un disque dans sa quasi-totalité n'est probablement pas suffisant, en fait, pour contenir tout le meilleur de ce que Bowie a enregistré à la BBC cette année-là (du tri a dû être fait, clairement !). Ziggy Stardust retentit ensuite, puis Queen Bitch, chanson bien fantastique qui parle soit de Bowie, soit de Lou Reed soit des deux. A propos de Lou Reed, Bowie reprend le I'm Waiting For The Man du Velvet juste après (et il reprend White Light/White Heat, du Velvet aussi, quelques morceaux plus loin) ! Anthologique. Puis Five Years, intouchable. Et l'autre reprise du VU. Puis, autre intouchable, Moonage Daydream. Arrive ensuite Hang On To Yourself, encore, puis Suffragette City, puis Ziggy Stardust, encore (et après ça, fini les doublons). Starman, magnifique dans une version quasi acoustique, arrive, puis Space Oddity, Changes, Oh ! You Pretty Things, on n'est pas sur une compilation de Bowie, là, on est au Paradis. Andy Warhol, Lady Stardust et l'inévitable et intouchable Rock'n'Roll Suicide achèvent le second disque, et la compilation, et l'auditeur, avec efficacité et délicatesse. A noter qu'entre les nombreux extraits présents ici et ceux issus d'autres albums live de Bowie (Stage, notamment), on peut se constituer un disque avec l'intégralité de l'album The Rise And Fall Of Ziggy Stardust And The Spiders From Mars en versions live (même si les morceaux du second disque de Bowie At The Beeb ont été enregistrés sans public) ! Chose au final assez rare chez un artiste ou groupe. Dans l'ensemble, c'est tout simplement quintessentiel, immense. On espère juste qu'un jour, d'autres pépites de ce genre soient publiées (si Bowie a fait des passages radio entre 1973 et au-delà, s'entend), car on est, une fois le second disque achevé, en état de manque, clairement ! Essentiel pour tout fan, et d'un niveau suffisamment insolent pour rendre accro toute personne ne l'étant pas déjà.

CD 1

In The Heat Of The Morning

London Bye Ta Ta

Karma Man

Silly Boy Blue

Let Me Sleep Beside You

Janine

Port Of Amsterdam

God Knows I'm Good

The Width Of A Circle

Unwashed And Somewhat Slightly Dazed

Cygnet Committee

Memory Of A Free Festival

Wild-Eyed Boy From Freecloud

Bombers

Looking For A Friend

Almost Grown

Kooks

It Ain't Easy

CD 2

The Supermen

Eight Line Poem

Hang On To Yourself

Ziggy Stardust

Queen Bitch

I'm Waiting For The Man

Five Years

White Light/White Heat

Moonage Daydream

Hang On To Yourself

Suffragette City

Ziggy Stardust

Starman

Space Oddity

Changes

Oh ! You Pretty Things

Andy Warhol

Lady Stardust

Rock'n'Roll Suicide