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 The Kills est un duo constitué d'un Anglais (Jaimie 'Hotel' Hince, guitare, chant, aussi batteur et claviériste) et d'une Américaine (Allison 'VV' Mosshart, chant, un peu de guitare aussi). Assez minimaliste, à la White Stripes/Black Keys, le groupe se forme en 2000 et a, pour le moment, sorti quatre albums studio (aucun live), ainsi que quatre EPs. S'étant bien fait remarquer en 2005 avec leur second album No Wow, ils ont encore plus marqué avec Midnight Boom (2008) et avec le disque que je vais aborder maintenant, Blood Pressures, sorti en 2011 et à l'heure actuelle leur dernière livraison. Quasiment 42 minutes pour 11 titres, l'album est une petite tuerie qui s'avère être, du moins à mes yeux et mes oreilles, le meilleur album des Kills - et je précise que les trois précédents albums sont vraiment loin d'être négligeables. Le groupe avait, sur le précédent album, expérimenté autre chose que leur garage-rock minimaliste, ils avaient tenté des rythmes un peu hip-hop par moments (ça restait subtil, peu flagrant, juste vague, mais ça détonnait quand même par rapport aux deux précédents opus). Blood Pressures voit le groupe revenir à un son plus simple, très rock, malgré deux ballades, une, très courte (1,15 minute !) chantée par Jamie Hince (Wild Charms), et une, plus longue (3,40 minutes), chantée par Allison Mosshart (The Last Goodbye). Le reste de l'album est très musclé.

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C'est Allison Mosshart, alias VV, qui chante, et le moins que l'on puisse dire, c'est que sa voix, parfois rageuse au possible (Nail In My Coffin, dont même les vocalises en ho ho ho ho, ho ho ho ho, ho ho ho ho ho ho sont terribles), assure totalement. L'album se paie le luxe de démarrer par deux chansons mortelles, dévastatrices : Future Starts Slow (cette intro, tudieu...) et Satellite, sorti en single avant l'album. Si Heart Is A Beating Drum, au final, semble légerement en-dessous (et encore...), Nail In My Coffin vous cloue comme les clous dans le cercueil du titre, justement. Wild Charms, le court morceau chanté par Hotel (nom de scène de Jamie Hince), est le morceau inutile de l'album, mais Hince chante bien. DNA est une réussite, et la suite, malgré la ballade un peu trop mielleuse The Last Goodbye, est du même acabit, Damned If She Do, You Won't Own The Road, Baby Says... Et ce final, Pots And Pans, qui vous donne furaxement envie de remettre Blood Pressures au début. Rarement 42 minutes auront passé aussi vite que si l'album n'en durait que 21 !

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Pour amateurs de rock un peu bourrin et très minimaliste (ils ne sont que deux pour faire tout ça, comme les Black Keys, comme les White Stripes), ce quatrième album des Kills, et les Kills en général, est (sont) hautement recommandé(s). Ce duo multinational (une Américaine, un Britannique) et multigénérationnel (elle a la trentaine, il a dix ans de plus qu'elle) est assurément un des meilleurs groupes de rock des années 2000. Un groupe peu productif (ça fait 13 ans qu'ils existent, ils n'ont sorti que quatre albums studio, huit si on comptabilise aussi les quatre EPs qui ne sont pas forcément trouvables partout, certains n'étant sortis qu'aux USA, ou qu'au Japon), mais n'ayant pour le moment rien foiré (leur premier opus, Keep On Your Mean Side de 2003, que je n'avais pas encore cité, est le moins percutant, mais tout de même remarquable). Blood Pressures fait partie de ces disques qui, dès la première écoute, m'ont été très chers, de vrais électrochocs (au même titre qu'El Camino des Black Keys, de la même année, ou que l'éponyme des Them Crooked Vultures, de 2009, Chinese Democracy des Guns'n'Roses de 2008...). Je ne peux que le conseiller ultra ardemment aux fans de rock.  

Future Starts Slow

Satellite

Heart Is A Beating Drum

Nail In My Coffin

Wild Charms

DNA

Baby Says

The Last Goodbye

Damned If She Do

You Don't Own The Road

Pots And Pans