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 Jimi Hendrix est mort en 1970, mais il continue de sortir des albums. Vachement fort, le mec. Ou plutôt, vachement forte, sa soeur Janie, qui, aidée par le grand ingénieur du son et producteur Eddie Kramer (un mec ayant bossé avec Led Zeppelin, Kiss...et Hendrix), sort régulièrement des albums posthumes de son frangin le Voodoo Chile. Albums live, ou albums studio prétendument inédits. Je dis 'prétendument', car, par exemple, le précédent album studio d'Hendrix, Valleys Of Neptune (2010), bien que franchement réussi, ne contenait au final qu'une seule chanson réellement inédite (celle donnant son titre à l'album), le reste étant des versions alternatives, pas forcément inédites, de morceaux déjà connus (Red House, Stone Free, Fire, Hear My Train A-Comin'...) ainsi que des épures de morceaux qui, par la suite, seront renommés sur d'autres albums d'Hendrix (Lullaby For The Summer, un instrumental, deviendra Ezy Rider). Valleys Of Neptune n'était pas le premier album studio posthume d'Hendrix, il y à eu, bien auparavant (1971), The Cry Of Love, Rainbow Bridge (1971 aussi), War Heroes (1972), Loose Ends (1974), Crash Landing (1975), Midnight Lightning (1975 aussi), Nine To The Universe (1980), Voodoo Soup (1995), First Rays Of The New Rising Sun (1997), South Saturn Delta (1997 aussi), et, donc, Valleys Of Neptune. Et ça, ce n'est que les albums studio (des compilations maquillées, souvent), pas les lives !

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Sorti très récemment, People, Hell & Angels est le 12ème album studio posthume de Jimi Hendrix. Il offre une cinquantaine (52) de minutes pour 12 titres allant de 1,45 minutes pour le plus court (Villanova Junction Blues) à 6,50 minutes pour le plus long (Let Me Move You). L'album est sorti très récemment, donc, le 5 mars dernier (précédé, en février, par deux singles issus de l'album, Somewhere et Earth Blues), et a été plutôt bien accueilli par la presse qui a loué sa production éclatante, le son de l'album, tout comme pour Valleys Of Neptune, étant en effet puissant et clair comme de l'eau de source de montagne (en même temps, c'est Eddie Kramer qui produit, encore une fois, aidé de la soeur d'Hendrix, de John McDermott, et Jimi Hendrix lui-même est crédité en coproducteur). Les morceaux datent de 1968 à 1970, à l'époque, Hendrix venait de sortir Electric Ladyland (1968) et de splitter son groupe The Jimi Hendrix Experience pour en fonder un autre, Band Of Gypsys. On trouve, en musiciens, sur People, Hell & Angels, Billy Cox (basse), Buddy Miles (batterie), Mitch Mitchell (batterie, de l'Experience), Juma Sultan (congas). On trouve aussi, éparpillés sur l'album, Stephen Stills à la basse sur un titre, Lonnie Youngblood au saxophone et chant, Larry Lee à la guitare rythmique, Rocky Isaac à la batterie, Jerry Velez aux congas, Jame Booker au piano, Albert Allen au chant. L'album est bien interprété, bien produit, pas trop long (Valleys Of Neptune durait dix minutes de plus environ, pour autant de morceaux). En revanche, est-ce un disque d'inédits ? Franchement, non. Hear My Train A-Comin' est déjà connue, Bleeding Heart aussi, Crash Landing aussi. Izabella aussi, d'ailleurs. En fait, il n'y à probablement qu'un seul titre réellement inédit ici, et il a été contruit à partir de plusieurs parties éparses de divers morceaux inachevés : Somewhere. Il est dit que ce morceau date de 1968, mais en fait, Eddie Kramer a mélangé plusieurs bribes de morceaux, de sessions, pour faire ce titre inédit et relativement virtuel. Le reste de l'album est d'un très bon niveau dans l'ensemble, mais un fan d'Hendrix qui possède déjà pas mal de choses de lui (je parle notamment des albums posthumes précédents, de lives, etc, et pas seulement les albums sortis du vivant du guitariste) ne trouvera pas grand chose à se carrer sous les dents.

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People, Hell & Angels est bien foutu, mais il ne fera pas date, comme le magazine Rock'n'Folk le dit par ailleurs dans sa chronique de l'album. On sent vraiment la machine à pognon ici, tout comme pour Valleys Of Neptune et les autres albums posthumes d'Hendrix. Attention, ce n'est vraiment pas à chier, on trouvera son compte en beaux moments de guitare, mais il ne faut pas non plus prendre les gens pour des cons, messieurs/dames de la Hendrix Legacy : ce disque n'apporte rien de plus. Hendrix était un géant de la guitare, on le savait déjà depuis des lustres. Cet album ne modifie en rien notre vision d'Hendrix, elle ne ternit pas son oeuvre (heureusement), mais ne l'améliore pas non plus. En gros, bien que pas mal fagotté, People, Hell & Angels ne sert à rien. Un disque que je vous déconseille d'acheter à moins d'être un complétiste acharné en matière d'Hendrix.

Earth Blues

Somewhere

Hear My Train A-Comin'

Bleeding Heart

Let Me Move You

Izabella

Easy Blues

Crash Landing

Inside Out

Hey Gypsy Boy

Mojo Man

Villanova Junction Blues