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En 2001, Depeche Mode revient sur le devant de la scène avec un album qui, pourtant, ne sera pas une réussite, Exciter. L'album marque certes le retour du groupe, Dave Gahan a réussi à combattre son addiction à la came, les relations sont meilleures entre lui et les deux autres membres (Martin Gore, Andrew Fletcher), mais il n'en demeure pas moins que cet Exciter porte mal son nom, en dépit d'un ou deux bonnes (vraiment bonnes) chansons. Le groupe organise une tournée, leur première depuis le Devotional Tour de 1993/94. Un DVD live capté à Paris (Bercy) sortira. En 2005, le groupe sort, enfin, le successeur d'Exciter, un disque qui sera leur onzième album studio. Il est sorti sous une pochette assez étrange et, pour tout dire, moche (mais pas autant que pour l'album suivant, ah ah ah), et s'intitule Playing The Angel. 52 minutes (12 titres) que j'ai hésité entre classer dans la catégorie 'new-wave/cold-wave/post-punk' et la catégorie 'rock dépressif', et au final, malgré que ça soit de l'électrorock plutôt qu'autre chose, c'est dans la catégorie 'rock dépressif' que je l'ai rangé. L'album (qui sera suivi d'une remarquable tournée Touring The Angel, qui verra la publication d'une quarantaine d'albums live différents, enregistrés en 43 concerts distincts, et vendus soit sur les lieux de concerts à la fin de ceux-ci, soit sur le site officiel du groupe), l'album, donc, fait totalement oublier le ratage d'Exciter. En effet, il s'agit non seulement d'un excellent opus de Depeche Mode, mais tout simplement de leur meilleur depuis Songs Of Faith And Devotion (1993), voire même depuis Violator (1990) !

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C'est un fait, cet album démarrant par une sorte de sirène terrifiante (mettez le disque, appuyez sur 'play', et savourez les premières secondes) mais pas stridente est un chef d'oeuvre quasi-total. Une de ses grandes forces est de ne pas durer trop longtemps, 52 minutes (quasiment 53), comparé à l'heure d'Ultra et à la quasi-heure d'Exciter, c'est un peu plus sobre (l'album suivant durera une heure). Et de posséder, comme Songs Of Faith And Devotion (et Ultra), une atmosphère prenante et cohérente de morceau en morceau. Et assez noire. Depeche Mode a rarement fait des chansons sur des petits moutons sautant gentiment par-dessus des barrières, en même temps, mais avec Playing The Angel, il suffit de lire les titres des chansons pour comprendre qu'on ne va pas s'amuser : Suffer Well, A Pain That I'm Used To, The Darkest Star, The Sinner In Me, Damaged People. Chansons sombres, et absolument fantastiques : A Pain That I'm Used To, Nothing's Impossible, Precious, Suffer Well, The Darkest Star s'imposent directement comme des classiques depechemodiens en diable, à ranger bien serrés à côté de Never Let Me Down Again, Little 15, In Your Room, Enjoy The Silence, Stripped ou Master And Servant. Introspectre (morceau instrumental et court) sert plus de raccord entre Nothing's Impossible et Damaged People qu'autre chose et est donc le titre anodin de l'album, tout ça pour vous dire à quel point Playing The Angel assure !

DM9

Avec son ambiance bien sombre et ses classiques à la pelle (Precious, A Pain That I'm Used To : whoah !!!), ce disque est une réussite pour Depeche Mode, un album essentiel, et je pense même qu'il est un des quelques albums du groupe à posséder même si on n'est pas fan (avec Black Celebration, Music For The Masses, Violator et Songs Of Faith And Devotion, et surtout les trois derniers cités). Une cinquantaine de minutes terrassantes (remarquable production). Quatre ans plus tard, le groupe sortira son album suivant, Sounds Of The Universe, qui, bien qu'étant très bon, l'est moins que Playing The Angel (rien de grave toutefois). En son prochain album, Delta Machine, est attendu pour la fin mars. Sera-t-il meilleur que ce disque de 2005 ?

A Pain That I'm Used To

John The Revelator

Suffer Well

The Sinner In Me

Precious

Macro

I Want It All

Nothing's Impossible

Introspectre

Damaged People

Lilian

The Darkest Star