EC1

En 1989, Eric Clapton se dit que les conneries, s'est fini. Les années 80 ne furent pas terribles pour lui, comme pour beaucoup d'autres. Et comme beaucoup d'autres, 1989 sera pour Clapton l'année du retour avec un disque d'un excellent niveau général. Comme les Stones avec Steel Wheels, Macca avec Flowers In The Dirt, Neil Young avec Freedom, Lou Reed avec New York, Bob Dylan avec Oh Mercy ou Phil Collins avec ...But Seriously, qui datent tous de cette même et excellente année 1989. Pour Clapton, l'album du retour en forme, ça sera Journeyman, disque plus rock que bluesy (malgré que je le classe en blues & soul), disque généreux (55 minutes, 12 titres) offrant quelques uns des classiques de Slowhand. L'album est produit par Jill Dell'Abate et Russ Titelman, et a été enregistré avec quelques musiciens comptant parmi les habitués claptoniens (Greg Phillinganes, Jim Keltner, Nathan East...), mais on note aussi la participation d'Alan Clark (claviériste d'un groupe alors en quasi-split, Dire Straits), Darryl Jones (qui ne savait pas encore qu'un jour, il ferait partie, dans un sens, des Stones, quand Bill Wyman s'en irait), Pino Palladino, Phil Collins (en batteur seulement) et, et, et, sur un titre qu'il a écrit... George Harrison. Ce morceau qu'Harrison a écrit, et sur lequel il joue de la guitare et pousse des choeurs, c'est Run So Far. Qui sera un des cinq singles (et le dernier) issus de Journeyman, en 1990 (celui qui se classera le moins bien, ce qui n'enlève rien à la chanson).

EC2

L'album, avec son alternance entre chansons inédites et reprises (les reprises sont Hound Dog, Before You Accuse Me, Hard Times), et avec pas mal de chansons signées ou co-signées d'un certain Jerry Lynn Williams, l'album, donc, est une réussite, surtout après des albums aussi ratés que Behind The Sun ou August (surtout August). Journeyman souffre sans doute, parfois, d'une production un peu trop pop/rock fin des années 80, je pense à Bad Love et Pretending, deux excellents titres (surtout le second ; tous deux feront partie des singles), mais plus rock que blues. L'album offre surtout Running On Faith et Old Love, deux immenses chansons (que Clapton magnifiera en live sur son Unplugged de 1992 ; Before You Accuse Me, autre single de Journeyman, reprise de Bo Diddley, sera aussi sur Unplugged), les deux sommets de l'album. La reprise de Hound Dog est sympathique, Run So Far et Anything For Your Love sont excellentes, No Alibis et Lead Me On (chanson de Cecil et Linda Womack, qui jouent tous deux sur le disque) aussi. Je ne vois aucune mauvaise chanson sur l'album ; certains citeraient Bad Love dans cette catégorie à cause de sa production très rock 80's et de son refrain sans âme (Clapton braillant, avec ses choristes, Had enough...bad love), mais j'avoue que je l'aime bien.

EC3

Bref, un excellent album que ce Journeyman. Certains diront qu'Eric Clapton a fait et fera mieux, et c'est vrai, il a fait mieux (Slowhand, 461 Ocean Boulevard, les albums de Blind Faith et Derek & The Dominoes) et fera mieux (Me & Mr. Johnson, du blues typique), mais ce disque fait partie des essentiels pour tout fan du guitariste. Un album vraiment réussi, offrant de grandes chansons, Clapton est en forme, et ça fait surtout du bien de le voir et de l'entendre revenir avec un disque aussi bon, son meilleur depuis Backless (1978) pour les disques studio ! Bref, Journeyman, sous sa sobre pochette, c'est un excellent album !

Pretending

Anything For Your Love

Bad Love

Running On Faith

Hard Times

Hound Dog

No Alibis

Run So Far

Old Love

Breaking Point

Lead Me On

Before You Accuse Me