NY4

En 1972, Neil Young, accompagné d'un groupe du nom de Stray Gators (Jack Nitzsche au piano, Ben Keith à la steel-guitar, Tim Drummond à la basse, Kenny Butrey à la batterie ; Neil à la guitare), sort un disque qui sera un tel succès qu'il le déstabilisera profondément. L'album, c'est Harvest, à l'heure actuelle toujours la meilleure vente d'album de toute la carrière du Loner. N'appréciant que modérément tout le binz qui, d'un coup, lui tombe dessus, Neil sortira juste après quelques disques bien sombres (pléonasme) qui feront retomber la pression. Et retrouvera son groupe fétiche, Crazy Horse, par la même occasion. Harvest était un disque de folk-rock qui, en dépit d'une ou deux chansons ratées (There's A World), assurait vraiment et totalement. Une sorte de brise dans la discographie du Loner. Les albums suivants contiendront, pour certains, des chansons acoustiques et folk (Rust Never Sleeps, Zuma, American Stars'n'Bars, Comes A TimeHawks & Doves...), mais il faudra attendre 1992, et les 20 ans d'Harvest, pour avoir enfin une suite à cet album légendaire. Cette suite s'appelle très logiquement Harvest Moon. Le Loner y retrouve les Stray Gators (Nitzsche excepté), ainsi que plusieurs chanteurs ayant, par le passé, collaboré avec lui, en choeurs, sur certains de ses albums : Nicolette Larson, Linda Rondstadt, James Taylor... 

NY5

L'album, paru en 1992 donc, offre 10 titres pour 51 minutes. Un des titres, le dernier, atteint 10 minutes et est enregistré live, Natural Beauty. L'ensemble des morceaux de l'album sortira, par la suite, en un live du nom de Dreamin' Man (du nom d'une des chansons de l'album), live contenant l'intégralité de l'album, et uniquement ces 10 titres, dans un ordre différent. On notera la pochette (je parle à nouveau d'Harvest Moon) très belle, ce qui, chez le Loner, est plutôt rare. Musicalement, c'est nettement moins rare d'avoir un grand disque de la part du Loner, surtout en cette période allant de Freedom (1989, album du retour en grâce après une décennie 80 furieusement foirée) à Mirror Ball (1995, album grunge fait avec Pearl Jam, qui ne sont pas crédités en tant que groupe pour des raisons de maison de disques différente de celle du Loner). Pendant cette période, Neil a sorti, tout de même, Ragged Glory (1990), le double live Weld (1991), Harvest Moon, Sleeps With Angels (1994), en plus des deux autres joyaux cités juste avant. La seconde meilleure période du Canadien après 1972/1979. Harvest Moon est son premier disque folk en pas mal d'années. Certains jugent ce disque supérieur à Harvest. Personnellement, je ne sais pas, mais je le préfère, en tout cas, à l'album de 1972 ! War Of Man, la chanson-titre (que Pearl Jam reprendra), Natural Beauty (qui me bouleverse à chaque écoute), From Hank To Hendrix (dans laquelle le Loner explique ses goûts musicaux, d'Hank Williams à Jimi Hendrix, on pourrait trouver pire comme idoles), Unknown Legend, Dreamin' Man... La meilleure étant, Natural Beauty exceptée, War Of Man. 5,40 minutes de pure perfection avec les contrepoints de Linda Rondstadt.

NY6

Mais aucune mauvaise chanson sur ce disque reposant, un peu triste, et jamais long malgré sa cinquantaine de minutes (le Loner a fait et fera plus long, cependant). Sorte de volet central d'une trilogie d'albums lo-fi commencée par Harvest (et finie par le fadasse Prairie Wind de 2005), Harvest Moon est un régal absolu de plus de la part de Neil Young, un album généreux et magnifique, recueil de chansons sublimissimes (You And Me, One Of These Days, Harvest Moon...). Une sorte de touche de fraîcheur entre deux albums furieux (Weld en 1991, Sleeps With Angels en 1994). Un grand disque de plus dansla discographie décidément passionnante (en dépit de belles fautes de goût de temps en temps) de Neil Young. Essentiel pour tout fan.

Unknown Legend

From Hank To Hendrix

You And Me

Harvest Moon

War Of Man

One Of These Days

Such A Woman

Old King

Dreamin' Man

Natural Beauty