S1

 J'adore Santana de leur premier album éponyme (1969) à Moonflower (1977) inclus. Pendant cette période, le groupe américano-mexicain, mené par Carlos Santana, guitariste mexicain hors-pair, a livré des oeuvres prodigieuses, du rock latino teinté de jazz qui, malgré les années qui passent, restent fantastiques : Abraxas, Caravanserai, Welcome, le triple live Lotus, Moonflower (double album mi-live mi-studio), Santana III... Des albums essentiels, enregistrés par un groupe ayant souvent, tellement souvent changé de personnel qu'en fait, on serait tenté (et dans un sens, c'est vraiment le cas) de considérer Santana comme l'oeuvre d'un seul homme (Carlos Santana), entouré de musiciens. Après Moonflower, Santana a sorti un Inner Secrets (1978) raté et un Marathon (1979) très bon mais pas autant que les précédents opus, mais l'après-Marathon sera, dans l'ensemble, épouvantable (Shango, Zebop ! ou Beyond Appearances sont à fuir). En 1999, Santana fait un come-back fracassant avec Supernatural et ses deux hits Maria, Maria et Smooth. L'album n'est cependant pas réussi, il est trop long, inégal, un peu épuisant, mais il contient quelques bons moments, comme Smooth et The Calling (avec Clapton en guest). La suite sera épouvantable : Shaman, All That I Am recyclent totalement, et sans aucune réussite, la formule de Supernatural, et Guitar Heaven est une daube et une arnaque (Carlos reprend les meilleurs morceaux rock basés sur la guitare). En 2012, l'an dernier donc, il sort son dernier album, qui sortira dans une indifférence assez générale. Shape Shifter. Ce disque, 57 minutes (13 titres) dont un qui est chanté (Eres La Luz). Un des enfants de Carlos, Salvador, joue du piano sur trois morceaux, dont les deux derniers (et In The Light Of A New Day).

S2

Que dire sur ce disque ? Il a été enregistré par un Carlos désireux de faire un album en hommage aux Indiens d'Amérique, les natives. Ce qui n'empêche pas l'album ne ne rien faire ressentir de cet engagement politique et humanitaire (agrémenté de textes, dans le mince livret, un texte signé d'un chef indien et un autre de Carlos), d'un point de vue musical. Shape Shifter ne dégage rien, si ce n'est que, oui, Carlos est un bon gratteux, et il suffit d'écouter le morceau-titre, qui ouvre l'album, pour le comprendre. Mais l'album, mis à part ça, est d'un ennuyeux, mais d'un ennuyeux... D'une banalité sans nom. Bien produit, mais sans âme, sans originalité aucune ; on écoute le disque, tout du long de sa quasi-heure, et à la fin, on ne se souvient de rien. Où est passé le Santana d'antan, de la grande époque, de l'Âge d'Or cité plus haut (1969/1977) ? A la rigueur, je veux bien sauver, sur ce marasme musical n'ayant clairement pas emballé les foules en 2012, Shape ShifterNever The Same Again et Ah, Sweet Dancer. Et la pochette, plutôt belle. Le titre de l'album est bien trouvé aussi. Mais sinon, de Dom à Canela en passant par Mr. Szabo, Angelica Faith, Nomad et Macumba In Budapest (ce titre de morceau... et pourquoi pas Paso Doble In Bordeaux ou Tektonik in Srebrenica ?), rien ne surnage de la médiocrité ambiante.

S3

Ca fait vraiment mal de voir une telle dégringolade. Groupe (ou artiste) majeur des années 70, Santana a plongé dans les années 80 et 90, et son retour des années 2000 s'apparente totalement, et définitivement, à une confirmation dans la dégringolade. A moins d'être un fan absolu de Santana, et de ceux qui peuvent tout accepter et pardonner, à moins de faire partie de cette clique, donc, je ne peux que vous conseiller de ne pas vous attarder sur ce nouvel opus de Santana. Qu'il soit le dernier que Santana fera ou pas, honnêtement, je n'en ai plus rien à foutre. Je continue d'écouter les anciens albums, mais je ne m'intéresserai plus jamais aux nouveaux. A moins d'une surprise totale de la part du Mexicain, un miracle, mais je n'y crois pas du tout...je n'y crois plus, pour être précis.

Shape Shifter

Dom

Nomad

Metatron

Angelica Faith

Never The Same Again

In The Light Of A New Day

Spark Of The Divine

Macumba In Budapest

Mr. Szabo

Eres La Luz

Canela

Ah, Sweet Dancer