NY1

En 1979, Neil Young sort Rust Never Sleeps, un album enregistré en grande partie en concert, mais pour lequel il a, en studio, effacé les applaudissements et bruits du public afin de le transformer en faux album studio. L'album contient une face acoustique (qui n'a pas été totalement enregistrée en live, d'ailleurs) et une face électrique (totalement live, le son est d'ailleurs bien rocailleux). C'est un chef d'oeuvre. Plus tard dans la même année, Neil sort son deuxième album live (et son premier double live), Live Rust, lequel est issu de la tournée Rust Never Sleeps. On y retrouve quatre titres présents sur Rust Never Sleeps. L'album est aujourd'hui simple en CD (74 minutes, 16 titres). A noter que lors de sa première édition CD, à l'époque où les CDs ne pouvaient contenir que maximum 74 minutes, on a amputé le disque d'une ou deux minutes pour que tout tienne. Un CD, désormais, peut aller jusqu'à 79,59 minutes, mais n'ayant jamais entendu l'ancienne version CD ni le vinyle, je ne sais pas si les deux minutes ont été remises, ou si la nouvelle version CD est identique à l'ancienne ! Il se peut donc que Live Rust soit légèrement tronqué à l'heure actuelle. Bon, sinon, entouré de Crazy Horse, le Loner livre ici un live dantesque ; s'il n'y avait pas Weld (1991) dans sa discographie, Live Rust serait le sommet live de Neil Young. Pendant 12 ans, ce fut donc le cas !

NY2

L'album commence par une face totalement acoustique, de toute beauté : Sugar Mountain, I Am A Child, Comes A Time, After The Gold Rush, quatre joyaux qui sont accueillis comme une troupe de Messies par la foule en liesse. My My, Hey Hey (Out Of The Blue) démarre alors, chanson acoustique de toute beauté, inédite à l'époque (composée en 1978/79), chanson qui parle de l'immortalité du rock notamment. Kurt Cobain la citera dans son journal intime avant de se buter. La face A s'achève sur ce sommet, la B s'ouvre sur When You Dance I Can Really Love et The Loner (à qui Neil doit son surnom), on est toujours dans une ambiance un peu acoustique, mais ça s'électrifie progressivement, ça devient rock, mais pas heavy. S'ouvrant par un sample du Rain Chant de Woodstock (No rain, no rain !) suit The Needle And The Damage Done, merveille courte et acoustique sur la came et ses ravages. Lotta Love suit, magnifique, et là, ensuite, on passe dans une autre dimension : la face B (et le premier disque) s'achève en furie avec Sedan Delivera, premier morceau heavy du live. Et là, ensuite, on passe vraiment à l'électrique. Le second vinyle n'offre que 6 titres : Powderfinger, Cortez The Killer (toujours sublime), Cinnamon Girl pour la face C. Et la D s'ouvre sur le grandiose Like A Hurricane, se poursuit avec Hey Hey, My My (Into The Black) (version rock, on y cite Johnny Rotten) et s'achève sur le mortifère Tonight's The Night, qui met tout le monde à genoux. Démentiel.

NY3

Un live qui se vit plutôt qu'il se décrit. 74 minutes de bonheur acoustique, puis électrique, les deux facettes du Loner réunies sur un double live anthologique. Ceci dit, je préfère encore plus Weld, malgré que ce dernier ne soit qu'électrique (et une vraie furie quasiment grunge, un truc de malade) et qu'il ne représente donc qu'une des deux facettes du Canadien. Qui est ma préférée, d'ailleurs, malgré mon affection pour Harvest, Harvest Moon et la face A de Rust Never Sleeps (notamment). Ici, morceaux légendaires, interprétations qui le sont tout autant, son remarquable, tout concourt à faire de Live Rust un sommet de plus pour Neil Young. Essentiel absolu.

FACE A

Sugar Mountain

I Am A Child

Comes A Time

After The Gold Rush

My My, Hey Hey (Out Of The Blue)

FACE B

When You Dance I Can Really Love

The Loner

The Needle And The Damage Done

Lotta Love

Sedan Delivery

FACE C

Powderfinger

Cortez The Killer

Cinnamon Girl

FACE D

Like A Hurricane

Hey Hey, My My (Into The Black)

Tonight's The Night