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Ca vous dirait, d'écouter un chef d'oeuvre ? Alors, bienvenue dans cet article. Ce disque date de 2012, de fin 2012 précisément, et il est le dernier album en date de Tame Impala, groupe de rock australien à tendance psychédélique et dream, mené par Kevin Parker, multi-instrumentiste auteur, récemment (en producteur, et un peu musicien), du premier album, éponyme, de Melody's Echo Chamber (une merveille de pop/rock française, sorti quelques mois, voire semaines, avant cet album que j'aborde aujourd'hui). Revenons à Tame Impala. Le nom du groupe (qui est ici résumé à Parker, qui joue de tout, et à un claviériste venu lui prêter main forte) pourrait faire penser à un groupe de country-folk-rock americana à la Jayhawks, mais en fait, pas du tout. Le titre de l'album pourrait, lui, faire penser à un disque en hommage à Neil Young (dont le surnom est le Loner ; l'album s'appelle en effet Lonerism), c'est à ça que j'ai pensé en premier lieu en découvrant ce disque, mais, là aussi, pas du tout, lonerism, en anglais, signifiant solitude. S'il fallait résumer les 52 minutes (entièrement présentes en un clip plus bas, on dit merci qui ?) de Lonerism, ça serait comme de parler d'un disque de Todd Rundgren de la grande époque 1972/1975. Ce genre spatiard/psychédélique/je-fais-tout-moi-même/bidouillages électroniques/génie solitaire.

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L'album a été imaginé au cours du séjour parisien de Parker (la photo de pochette a été prise aux Jardins du Luxembourg, à travers les grilles), et a vraisemblablement été enregistré sur place (au dos de pochette, on voit Parker, allongé dans sa piaule, littéralement cerné par plein de matos, guitare, amplis, claviers, etc, une guitare en pogne, yeux fermés, en train de composer - le peu qu'on voit de l'appart' fait très parisien), ou alors il a été fait en Australie, une fois Parker reviendu chez lui. En même temps, on s'en contretamponne la carotide contre un os en plastique vert, vu que les sonorités de l'album font penser qu'il a été enregistré sur Alpha du Centaure. Il pourrait avoir été enregistré à Guéret dans la Creuse ou en plein centre d'Oulan Bator que ça serait pareil, le disque sonne inclassable, et limite, même, intemporel. 12 morceaux tour à tour aériens (Why Won't They Talk To Me ? sonne comme du Air de la grande époque Moon Safari/10,000 Hz Legend) ou heavy (peu sont dans ce cas, très peu, mais on peut citer le génial Elephant). Morceaux de choix, comme le quasi-instrumental Nothing That Has Happened So Far Has Been Anything We Could Control (respire, respire), le lennonien Keep On Lying (lennonien dans la voix), le fantastique Apocalypse Dreams, Endors-Toi au titre qui prouve, quelque part, la parisianité de la gestation de Lonerism, Sun's Coming Up qui achève le disque en beauté...

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Tame Impala en tant que groupe ; mais pas sur l'album

C'est un fait, ce disque de dream-rock à tendance psychédélique est un régal, un monument, un disque sublimissimement sublimissime qui proue le talent de compositeur et d'arrangeur de Kevin Parker, déjà que le disque de Melody's Echo Chamber, qu'il a produit, est une perle, mais là, c'est anthologique. En un mot comme en quarante-douze, Lonerism est un grand album, il vous faudra sans doute quelques écoutes pour bien l'assimiler, mais il me semble difficile de ne rien ressentir au bout d'un certain temps. Un essentiel, on peut le qualifier ainsi, et un des disques majeurs d'une année 2012 qui, musicalement, était plutôt réussie (2013 s'annonce meilleure encore). Génial !

Be Above It

Endors-Toi

Apocalypse Dreams

Mind Mischief

Music To Walk Home By

Why Won't They Talk To Me ?

Feels Like We Only Go Backwards

Keep On Lying

Elephant

She Just Won't Believe Me

Nothing That Has Happened So Far Has Been Anything We Could Control

Sun's Coming Up