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Je me souviens de quand ce disque est sorti (bon, c'est normal, on va dire, de s'en souvenir : c'était il y à 11 ans) : j'avais franchement hésité à l'acheter, parce qu'à l'époque, bien que déjà fan de Bob Dylan depuis un paquet de temps, j'étais déjà un peu refroidi par ses albums les plus récents ("Love And Theft", 2001 ; Modern Times, 2006), loin, très loin d'être des mauvais albums, mais sur lesquels le Barde se tapait une voix bien rocailleuse, l'ombre de l'ombre de ce qu'elle était autrefois (et il n'a jamais eu une voix grandiose, en même temps). La raison principale est l'âge, évidemment (il avait respectivement 60 et 65 ans à la sortie de ces deux opus), qui n'arrange rien, mais aussi, sans doute, à la production même des albums, signés Jack Frost, un nom de producteur sous lequel se cache Dylan lui-même. A l'écoute de cette voix, qui prouvait vraiment que, quoi qu'on en dise, Dylan vieillit et c'est aussi irrémédiable que la corrosion du verre, je grimaçais, et grimace toujours (à ce sujet, quand j'ai, en juillet dernier, écouté le dernier Dylan, Rough And Rowdy Ways, quelle ne fut pas ma surprise, heureuse surprise, de constater que sa voix était nettement meilleure, quoiqu'un peu plus basse, que depuis 2001 ; vous pouvez y aller, concernant ce dernier opus studio, et son premier album de chansons originales en 8 ans, il est monumental, vraiment). Aussi, quand en 2009, il a sorti ce qui, à l'époque, était déjà son 33ème album studio (il en est à 39), j'ai hésité, hésité...hésité. Dans Rock'n'Folk, je ne me souviens plus trop des avis que l'album avait récolté (en règle générale, il a été très bien reçu), mais je me souviens d'une interview "Mes Disques A Moi" de Daniel Cohn-Bendit, oui, Dany le Rouge, qui y clamait qu'il a toujours adoré Dylan, et que le dernier cru en date était vraiment bien, tout compte fait

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Il s'agissait de cet album-ci, Together Through Life, un disque peu généreux, aussi bien pour son artwork raté (mais depuis longtemps, tous les albums de Dylan sortent sous des packagings minimalistes et ratés, le dernier n'a même pas de livret, rien) représentant un jeune couple serré l'un contre l'autre en quinquonce à l'arrière d'une voiture que pour son contenu (10 titres, 45 minutes). Le tout sous une production Jack Frost, Dylan donc. Cet aalbum, finalement, je l'ai acheté, ce n'est pas la déclaration, rapide, de Cohn-Bendit qui m'a poussé à le faire, mais parce que je savais bien que, tôt ou tard, il allait rejoindre ses grands frères dans mon rayonnage dylanien. D'ailleurs, à ce sujet, dans ma chronique, en juillet dernier, sur Rough And Rowdy Ways, je disais que je n'avais pas acheté les albums Fallen Angels et Triplicate de 2016 et 2017 (deux albums de reprises de vieux standards de crooners), et que je n'avais même pas écouté le dernier cité, et n'en avais pas l'intention, ayant été écoeuré par Shadows In The Night (2015), premier album de la trilogie de disques de reprises de chansons de ce genre. Ben il n'y à que les cons qui ne changent pas d'avis : ces deux albums, je les ai chopés en CD, pour vraiment pas cher, et je les chroniquerai ici dans un avenir pas trop lointain. Voilà. Retour à Together Through Life. J'ai pendant longtemps assez méprisé ce disque. Acheté à sa sortie ou presque (l'année de sa sortie en tout cas), ce blog existe depuis la même année, mais ce n'est qu'en 2013 que je l'ai chroniqué pour la première fois. Ma chronique n'était pas assassine, mais disons que je me disais franchement circonspect, ce disque écrit en grande partie avec Robert Hunter (qui fut parolier du Grateful Dead, et ami personnel de Dylan ; Hunter est mort en septembre 2019), seule une chanson, Shake Shake Mama, est de Dylan seul, n'est pas un de ses meilleurs. 

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C'est un disque curieux, qui entremêle folk, country et blues, un disque bien roots, donc, bien américain, avec des ambiances mariachi par moments (un des membres de Los Lobos, David Hidalgo, participe à l'album). C'est un album qui fut conçu, par ailleurs, d'une manière étrange : Olivier Dahan, le réalisateur de La Môme, demandera à Dylan une chanson pour son film My Own Love Song (sorti en 2010), la chanson Life Is Hard. Dylan fait la chanson, et il en fait d'autres, qui aboutiront à cet album. Une des meilleures chansons de l'album, d'ailleurs, mais des bonnes chansons, je dois dire que Together Through Life en contient quelques unes : Beyond Here Lies Nothin', Forgetful Heart, It's All Good, Jolene. Shake Shake Mama en revanche est d'un niveau assez moyen, tout comme le bluesy (Dylan nous offre un beuhlouuuuze sur chaque album depuis des années, il n'a jamais été un grand spécialiste en la matière, ce n'est jamais particulièrement renversant, ici notamment) If You Ever Go To Houston. Les blues de Modern Times, ceux de Rough And Rowdy Ways, sont nettement supérieurs. Ici, je ne sais pas pourquoi, ça passe mal. Mais dans l'ensemble, cet album, qui ne fait vraiment pas partie de mes préférés (si je devais établir une liste de mes 20 albums préférés de Dylan, soit à l'heure actuelle la moitié de sa discographie, Together Through Life ne serait pas dedans, pas même en dernière position ; et il ne serait pas classé 21ème non plus), est tout de même correct. Il faut du temps pour l'aimer, je ne suis pas sûr de l'aimer en fait, si j'y réfléchis bien, je l'apprécie, c'est tout. A noter que, sans campagne de promotion, l'album se classera N°1 dans plusieurs pays, aux USA, en Angleterre, en Suède, Danemark, Canada, Autriche. En France, il se classera 9ème. Bref, un succès surprise, manière de prouver encore une fois que Dylan est toujours là, même s'il a fait mieux, et fera mieux, que cet album. 

Beyond Here Lies Nothin'

Life Is Hard

My Wife's Home Town

If You Ever Go To Houston

Forgetful Heart

Jolene

This Dream Of You

Shake Shake Mama

I Feel A Change Comin' On

It's All Good