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 11 septembre 2001. Ce jour terrible (inutile de rappeler pourquoi) est aussi celui de la sortie du Des Visages, Des Figures de Noir Désir et du "Love And Theft" (comme pour "Heroes" de Bowie, les guillemets sont prtie intégrante du titre de l'album) de Bob Dylan (notons que Tempest, son dernier en date, de 2012, est sorti le même jour aux USA). Une date terrible, ce 11/09/01, et pendant les jours suivants, on a eu de cesse de parler de ces attentats. Dylan aurait pu sortir un chef d'oeuvre absolu enterrant littéralement ses meilleurs albums que tout le monde s'en serait contrefoutu. Non pas que "Love And Theft", album qu'il a produit lui-même (sous le pseudo de Jack Frost, qu'il utilise ici pour la première fois, se cache le Barde), est mauvais. Oh que non. Dylan a cependant fait mieux par le passé, déjà Time Out Of Mind de 1997 (son précédent opus, produit par Daniel Lanois), ou Oh Mercy de 1989 (déjà produit par Lanois), et, évidemment, l'Âge d'Or 1963/1976, avec quasiment que des chefs d'oeuvre au programme (Blonde On Blonde, Highway 61 Revisited, The Freewheelin'... ou Blood On The Tracks pour n'en citer que quatre). Dylan fera mieux dans le futur avec Modern Times et Tempest. Mais "Love And Theft" est tout de même un excellent opus dylanien, un disque moins généreux que le précédent (Time Out Of Mind faisait en effet la bagatelle de 72 minutes, et c'est rare qu'un disque aussi long, pour ceux sortis directement en CD, soit aussi grandiose) vu qu'il ne dure que 57 minutes (pour 12 titres), mais quasiment aussi bon. C'est déjà pas mal, vu que depuis les années 80, Dylan a surtout fait des albums fadasses, nuls ou au mieux insignifiants, à quelques exceptions près (les deux productions Lanois ; depuis 1997, c'est du tout bon, sinon) !

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Dylan semble un peu timide, sur la pochette (du moins au recto, car au verso, son sourire est assez sympa). Une pochette sobre, racée, qui illustre quelque peu le titre de l'album : Dylan prend une pose un peu timide au recto, comme un amoureux face à sa belle, une expression un peu hésitante ; au dos (photo ci-dessus), il est roublard (tête penchée, sourire éloquent, main sur le chapeau) comme un vieil escroc, un voleur (theft signifie 'vol'). Dans le livret (qui est frustrant, car, comme toujours avec Dylan, pas de paroles dans le livret, or, il faut lire ses textes), plusieurs photos de lui, couleurs ou n&b. Niveau musiciens, Dylan (guitare et piano) est accompagné de Larry Campbell (guitare, banjo, mandoline, violon), Charlie Sexton (guitare), Tony Garnier (basse), Augie Meyers (accordéon, orgue), David Kemper (batterie) et Clay Meyers (percussions ; frère d'Augie ?). Selon les spécialistes es Dylan, "Love And Theft" serait le deuxième volet d'une trilogie entamée par Time Out Of Mind et achevée en 2006 avec Modern Times. Dylan, lui, voit plus cette trilogie comme démarrée par ce disque, poursuivie par Modern Times et achevée en 2009 par Together Through Life. Je suis d'accord avec lui, d'autant plus que ces trois albums sont produits par Jack Frost, tandis que Time Out Of Mind l'est par Lanois. Quoi qu'il en soit, le disque fait partie de cette trilogie, qu'il l'ouvre ou en soit le maillon central. Les morceaux, enregistrés en mai 2001, sont dans l'ensemble fantastiques : Mississippi, High Water (For Charley Patton), Po' Boy, Tweedle-Dee & Tweedle-Dum (personnages de Lewis Carroll), Sugar Baby ou Bye And Bye.

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Dans l'ensemble encore mieux accueilli, à sa sortie, que Time Out Of Mind (ce qui peut sembler maintenant étonnant, vu qu'il est moins réussi que ce dernier), "Love And Theft" est un excellent cru dylanien dernière période, un disque essentiel à tout fan du Zimm', même si je pense que le Zimm' a fait mieux par le passé (ça, c'est évident, et ça n'enlève cependant rien à cet album) et qu'il fera mieux, à deux reprises (Modern Times, Tempest ; Together Through Life, lui, est un peu en-dessous, mais, là aussi, ça n'enlève rien à l'album qui reste vraiment bon, du niveau de "Love And Theft"), dans le futur. Mine de rien, ce disque est vraiment à écouter et à posséder, il fait partie, désormais, des classiques du Barde. Excellent.

Tweedle-Dee & Tweedle-Dum

Mississippi

Summer Days

Bye And Bye

Lonesome Day Blues

Floater (Too Much To Ask)

High Water (For Charley Patton)

Moonlight

Honest With Me

Po' Boy

Cry A While

Sugar Baby