NY1

Neil Young est un grand, mais ça, on est quelques uns à le savoir, et depuis un certain temps, merci bien. Ce mec est considéré comme étant le papa du grunge, et à l'écoute de certains de ses disques (Tonight's The Night, Time Fades Away, la face B de Rust Never Sleeps, Sleeps With Angels, Mirror Ball fait avec Pearl Jam, et le disque que j'aborde aujourd'hui, évidemment), on comprend pourquoi. Si le Loner (on surnom, du titre d'une de ses premières chansons en solo) a aussi fait des disques folk bucoliques type Harvest ou After The Gold Rush, il est surtout un guitariste aimant beaucoup le gro son bien saturé. Toutes les chansons de ce disque de 1990, ce Ragged Glory enregistré avec son fameux backing-band Crazy Horse, se terminent par un drone sonique, un bourdonnement plus ou moins larsénique, qui témoignent du traitement que le Loner et ses musiciens ont fait subir à leurs guitares, basse et amplis durant l'enregistrement des 62 minutes de ce disque. Qui ne contient que 10 titres dont 4 dépassent 7 minutes (et deux en font 10). Crazy Horse, ici, est constitué de Frank Sampedro (guitare, choeurs), Billy Talbot (basse) et Ralph Molina (batterie), le Loner tient les mêmes instruments que Sampedro. Le disque est coproduit par le Loner et son fidèle David Briggs. Le son est saturé, rock, puissant, vibrant, tuant. Tout le contraire d'Harvest ! Difficile de se dire que c'est le même mec qui est à l'origine des deux albums...

NY2

Ragged Glory fait partie des intouchables de Neil Young. Ce sont les fans qui le disent, et les rock-critics sont généralement bien de leur avis. Il faut dire que cet album est monumental. 62 minutes de gros son bien rock, limite grunge (d'où mon tag en bas d'article ; j'ai cependant classé le disque en rock classique plutôt qu'en grunge), un Neil et ses potes en forme olympique qui livrent ici 10 titres fédérateurs, dont les immenses Love To Burn et Love And Only Love, les deux léviathans de 10 minutes chacun. Se finissant sur Mother Earth (Natural Anthem), morceau inspiré par un air celtique ayant notamment inspiré The Water Is Wide, Dirty Old Town ou, chez nous, La Ballade Nord-Irlandaise (Renaud) et Chacun Sa Mer (Hugues Aufray), Ragged Glory n'offre aucune ballade, ne cherchez pas un petit moment de fraîcheur bucolique, y'en à pas. A l'époque auréolé du succès de son Freedom (album rock sorti en 1989, avec notamment le hit Rockin' In The Free World, chanson très engagée politiquement parlant), qui marquait son grand retour après une décennie 80 vraiment difficile (Trans, Everybody's Rockin', Hawks & Doves, Landing On WaterRe.ac.tor, ce genre de...choses), Neil est ici bien décidé à prouver par A+B-C/DxE=F qu'il est de retour, putain de nom d'une pipe en plastique fondu. Que dire face à F*!#n' Up (sympa, ces symboles pour éviter une quelconque censure sur la pochette), de Mansion On The Hill (rien à voir avec la chanson du même nom de Bruce Springsteen), de Love To Burn, Country Home, Farmer John ?

NY3

On sent bien que le Loner et ses potes ont poussé les potards non pas à onze, mais à quinze, pour le coup, le son est parfois grésillant, saturé, surpuissant, tellement que les Marshalls devaient fumer, que les vitres du studio ont dû péter. 62 minutes destroy, et franchement terribles, voilà de quoi faire de ce Ragged Glory un des sommets les plus absolus de la carrière de Neil Young. Pour moi, c'est bien simple, un de ses 10 meilleurs albums (et il ne serait pas classé 10ème de la liste !), et son meilleur depuis Rust Never Sleeps de 1979, voire même depuis On The Beach de 1974. Juste terrible, monstrueux, a classe internationale à la sauce grunge-rock. Ce qui est marrant, en plus, c'est que malgré sa durée (longs morceaux, une heure pour 10 titres seulement) et son aspect monolithique (pas de ballade, que du gros son rock), Ragged Glory, parfois, passe super vite à l'écoute ! Fans de Neil Young, fans de rock ? Si vous ne connaissez pas encore, ruez-vous dessus !

Country Home

White Line

F*!#in' Up

Over And Over

Love To Burn

Farmer John

Mansion On The Hill

Days That Used To Be

Love And Only Love

Mother Earth (Natural Anthem)