BK4

Vous connaissez le dicton : ne jamais juger un livre sur sa couverture. Ni un film sur son affiche ou un album sur sa pochette. C'est très important de resepcter ce dicton ici, vu que la pochette de ce troisième opus des Black Keys, sorti en 2004, est affligeante, quelque part. Ce fond rouge criard, ces collages de photos de bâtiments de la ville d'Akron (Ohio), fief des Black Keys et lieu de l'enregistrement de leurs quatre premiers opus, et ces tenues, pour le groupe, et notamment pour le batteur Patrick Carney (le binoclard)... Enfin, le T-shirt de Dan Auerbach (chant, guitare, basse, steel-guitare) n'est pas terrible non plus ! Bon, sinon, ce disque est le troisième des Black Keys, et il s'appelle Rubber Factory, ce qui est à la fois une allusion au Rubber Soul des Beatles et une allusion au lieu d'enregistrement de l'album : une usine de pneus désaffectée située à Akron, que le groupe a 'squatté' après un petit coup du sort : le local d'enregistrement de leurs deux premiers albums (une cave située dans l'immeuble où vivait Carney) a été vendu par son propriétaire, le groupe se retrouve sans rien pour enregistrer, alors ils se sont démerdés. Il y aura au moins eu deux personnes contentes de pouvoir compter sur Goodyear, même si ce n'est pas 2013, mais 2004 ! Tout comme les deux précédents (The Big Come Up de 2002, Thickfreakness de 2003), cet album est produit par Carney. Il est sorti sur le label indépendant ayant déjà sorti le précédent album (mais pas le premier), Fat Possum. C'est la dernière fois que le groupe est sur Fat Possum, ils passeront sur Nonesuch Records, chez qui ils sont toujours, dès Magic Potion en 2006. Enfin, il y à eu quand même, en 2006, un dernier disque sorti sur Fat Possum, l'EP Chulahoma : The Songs Of Junior Kimbrough (enregistré en 2005), mais c'est un EP, ça ne compte qu'à moitié !

BK5

Rubber Factory est une tuerie. 41 minutes (quasiment 42), pour 13 titres, dont deux reprises (une de Robert Pete Williams : Grown So Ugly, et une des Kinks : Act Nice And Gently), et un son purement fantastique. C'est un fait, bien qu'enregistré dans des conditions rock'n'roll, et dans un environnement pas étudié pour l'enregistrement (une usine désaffectée de pneus...), et avec un budget assez serré (dès 2008, ils auront plus de budget), Rubber Factory sonne comme la dernière production du groupe, El Camino, plutôt que comme un disque enregistré avec trois fois rien, alors que c'est bel et bien son cas. Tout est fantastique, ici, et on notera la présence de trois singles : 10 A.M. Automatic, Till I Get My Way et Girl Is On My Mind, trois chansons grandioses. Ne pas citer le reste serait faire une lourde erreur, mais je ne vais pas citer les treize titres d'affilée comme ça, citons juste The Desperate Man, Stack Shot Billy, When The Lights Go Out et The Lengths (morceau qui mérite bien son titre 'les longueurs', car avec 4,55 minutes, c'est le plus long de l'album, dont la majeure partie des morceaux fait à peine 3 minutes). Plusieurs morceaux apparaîtront dans des films (Black Snake Moan, Cloverfield, The Go-Getter - qui sera le titre d'une chanson du groupe sur Brothers en 2010 - ou une publicité American Express ; les chansons utilisées dans ces films ou pubs sont When The Lights Go Out, 10 A.M. Automatic, Keep MeGrown So Ugly).

BK3

Puissance de feu du duo (être seulement deux et faire autant de boucan, c'est incroyable ; ça rappelle les White Stripes, mais en mieux, je trouve), morceaux tuants, production éclatante malgré le manque de moyens, Rubber Factory est un chef d'oeuvre, un des meilleurs albums du groupe et probablement leur premier sommet (pas encore écouté Thickfreakness, mais je vais l'écouter dans très peu de temps, quelques jours). Un disque anthologique, essentiel, un album majeur de 2004, un disque comptant parmi les meilleurs du rock pur et dur (teinté de blues et de boogie) des années 2000. Le genre de disque qui, en 2004, prouvait définitivement que les Black Keys allaient vraiment faire parler d'eux, qu'il faudrait vraiment, désormais, compter sur eux pour assurer la relève. La France s'y est mise en 2010 environ, avec ce Brothers anthologique. On a redécouvert ces premiers albums par la suite, en se demandant sans doute pourquoi on n'y avait pas jeté une oreille plus tôt (sauf quelques rock-critics qui avaient parlé du groupe à l'époque, dans le vent la plupart du temps). Ce que je vous conseille ardemment de faire !

When The Lights Go Out

10 A.M. Automatic

Just Couldn't Tie Me Down

All Hands Against His Own

The Desperate Man

Girl Is On My Mind

The Lengths

Grown So Ugly

Stacck Shot Billy

Act Nice And Gently

Aeroplane Blues

Keep Me

Till I Get My Way