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 Bruce Springsteen mérite bien son affectueux surnom de The Boss. Pensez donc, Greetings From Asbury Park, N.J.The Wild, The Innocent & The E Street Shuffle, Born To Run, Darkness On The Edge Of Town, The River, Nebraska, Born In The U.S.A., autant de grands albums (qui se suivent tous, c'est l'intégralité de ses albums studio de son premier à 1984, dans l'ordre) qui ont fait de lui, progressivement (ses deux premiers albums ont été des flops sur le coup), une valeur sûre. Des chansons anthologiques, cartonneuses (Born In The U.S.A., Dancing In The Dark, The River, Born To Run, Atlantic City, Hungry Heart) ou moins connues (Lost In The Flood, 4th Of July, Asbury Park (Sandy), State Trooper), toutes fantastiques. En 1986, un quintuple album live (quintuple en vinyle, triple en CD), Live 1975/85, cartonne et est grandiose. Et puis, boum, en 1987, la dégringolade, Tunnel Of Love, surproduit et très inégal. Puis, en 1992, Human Touch (raté) et Lucky Town, enregistré en même temps (plus sympa, mais franchement mineur), deux disques qui puent le low budget, de la pochette aux morceaux dessus. En 1995, The Ghost Of Tom Joad, qui renoue avec la veine acoustique de Nebraska (album enregistré par le Boss seul chez lui avec un tape-recorder, en 1982, gros succès), marche mieux. En 2002, The Rising, en grosse partie influencé par les attentats du 9/11, sort, le bilan est globalement positif malgré une durée éprouvante de plus de 70 minutes et un disque dans l'ensemble trop christique, pompeux. Puis Devils And Dust, acoustique, que je n'aime pas, puis We Shall Overcome : The Bob Seeger Sessions, album en hommage à Seeger, que je n'aime pas trop... Puis, en 2007, Magic, son premier disque rock en 6 ans, depuis The Rising. Précisons que plusieurs lives sont sortis entre temps, acoustiques ou électriques.

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Ce Magic est un cru assez correct, je dois le dire, et ma première écoute, il y à de cela 5 ans (environ au moment de sa sortie, un peu après en fait, en 2008), avait été moins enthousiasmante que la récente, hier (je me suis enfin décidé à me payer le disque, que j'avais emprunté en médiathèque), qui m'a vraiment permis de redécouvrir ce disque. Magic, enregistré avec son E Street Band, n'est pas le sommet du Boss, cependant. Le E Street Band est constitué de Roy Bittan (piano, orgue), Danny Federici (orgue), Clarence Clemons (saxophone), Max Weinberg (batterie), Garry Tallent (basse), Steven Van Zandt (guitare), mais aussi de Nils Lofgren (guitare), Patti Scialfa (chant, femme du Boss), et le Boss, en plus de chanter, tient guitare, piano, orgue, synthétiseur, harmonica, Glockenspiel et percussions. Magic est le dernier disque sorti du vivant de Danny Federici, mort en 2008. Il a eu le temps de jouer sur Working On A Dream, l'album suivant, sorti en 2009 et qui lui est dédié, avant de mourir (maladie). Un autre membre du groupe est mort depuis, Clarence Clemons en 2011, qui joue sur certains titres de Wrecking Ball (2012), le dernier opus en date. Depuis quelques années, c'est une petite hécatombe dans le Groupe de la Rue E... En espérant que cette hécatombe soit finie...

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Bon, l'album. Je vais faire court, la chronique est quasiment finie. Magic, long de 48 minutes pour 12 titres (Terry's Song, le dernier, morceau rajouté en dernier lieu et dédié à Terry Magovern, un assistant du Boss depuis des années et décédé en 2007, n'est pas crédité sur la pochette), offre d'excellentes chansons, telles la trop courte (moins de 3 minute) chanson-titre, Radio Nowhere sorti en single ou Devil's Arcade. Cependant, je dois dire que Girls In Their Summer Clothes et Your Own Worst Enemy ne me plaisent pas des masses, surtout la première, mais Magic, dans l'ensemble, vaut l'écoute, et sans atteindre les sommets de la période 1973/1984, Âge d'Or définitivement révolu pour Springsteen (je pense qu'il ne fera plus jamais mieux que Darkness On The Edge Of Town, Born To Run ou Nebraska ; The Promise, sorti en 2010, était génial, mais il était constitué de chutes de studio de Darkness On The Edge Of Town, justement, ceci explique cela). Mine de rien, un fan du Boss devrait y trouver son compte, car dans l'ensemble, ce Magic, sans être magique (ah ah) ou miraculeux, est un très bon petit cru, pas trop long (après le trop long The Rising, un disque de même pas 50 minutes, putain, ça fait du bien), bien produit... Un Springsteen dans la bonne moyenne. Il aurait pu être encore mieux, mais rien que pour Magic, Radio Nowhere, Devil's Arcade et Livin' In The Future, ça passe très bien la rampe.

Radio Nowhere

You'll Be Comin' Down

Livin' In The Future

Your Own Worst Enemy

Gypsy Biker

Girls In Their Summer Clothes

I'll Work For Your Love

Magic

Last To Die

Long Walk Home

Devil's Arcade

Terry's Song (non-crédité)