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C'est bien beau de ma part de parler des Black Keys, mais si c'est pour ne parler que de leurs derniers albums, ça le fait pas. Voici le premier album du duo originaire d'Akron, Ohio (ils enregistreront leurs premiers opus dans une cave, située dans un immeuble aujourd'hui détruit), il date de 2002, a été produit par un des Black Keys (le batteur binoclard Patrick Carney), et s'appelle The Big Come Up. Il existe en deux versions un tantinet différentes : CD et vinyle. La version CD dure 55 minutes, pour 13 titres, mais sachez que le dernier titre, 240 Years Before Your Time, long de 23 minutes et des poussières, ne dure en fait que 2,20 minutes environ (on a ensuite du vide pendant une vingtaine de minutes, puis un titre bonus non crédité), et que, sur le vinyle, on n'a, évidemment, que ces premières 2,20 minutes. Sachez aussi que sur le vinyle, on a des versions alternatives de certains titres, et un titre supplémentaire, une reprise du No Fun des Stooges. Voir le visuel ci-dessous pour le vinyle (verso de pochette), qui comprend aussi un texte royalement absent de la version CD. La pochette recto est identique (j'aime bien le détail de la fausse usure sur le noir de la pochette) et on ne peut plus simple, on sent bien le peu de moyens mis à disposition du groupe (l'autre membre est le chanteur/guitariste/bassiste Dan Auerbach) à l'époque. L'album est édité par Alive Records, je crois que le groupe changera de label dès le disque suivant, Thickfreakness de 2003.

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Verso de pochette vinyle

Bien que long de 55 minutes en CD, The Big Come Up ne dure en réalité que 34 minutes environ, c'est le plus court des opus des Clés Noires. L'album offre donc 13 titres, dont quelques reprises, notamment une des Beatles, She Said, She Said, laquelle est vraiment excellentissime. Les morceaux sont courts, ça percute, l'ambiance est raw, bluesy, garage (et pour cause, vu les lieux d'enregistrement du groupe : une cave, un basement d'immeuble !), on est encore loin des orfèvreries funky/rock de Brothers et El Camino, produits en partie ou en totalité par Danger Mouse... C'est du brut de décoffrage, ici, de Busted à 240 Years Before Your Time. Pour tout dire, ça fait un peu monolithique, aussi, par moments, difficile d'entrer dans le disque au début, la courte durée des morceaux et leur enchaînement fait un peu penser qu'on écoute souvent la même chose. Mais je sens qu'au bout de quelques écoutes, je serai aussi adorateur de The Big Come Up que je le suis des quatre derniers opus des Keys (de Magic Potion à El Camino), et je pense la même chose des deux opus du groupe qu'il me reste à découvrir, Thickfreakness et Rubber Factory (2004), bientôt en ma possession. Deux albums supérieurs à ce premier opus cependant très très bon.

BK 3

Bref, voici un très bon premier album, on sent que quelque chose existe là, dès le départ, mais on sent aussi que le groupe va s'améliorer. On a déjà, cependant, l'excellence du chant d'Auerbach (et sa guitare !) et la puissance de la batterie de Carney, c'est bourrin, binaire, brut et efficace, simple comme en coup de queue et, si j'en crois les filles, aussi bon. The Big Come Up (titre d'album très arrogant, limite prétentieux, à moins que ça ne soit ironique : 'le gros arrivage', en gros) n'est pas le meilleur album des Black Keys, mais avec des titres tels que Do The Rump, Run Me Down, Heavy Soul, She Said, She Said ou Them Eyes, il vous éclatera bien si votre truc, c'est le blues à la sauce garage.

Busted

Do The Rump

I'll Be Your Man

Countdown

The Breaks

Run Me Down

Leavin' Truck

Heavy Soul

She Said, She Said

Them Eyes

Yearnin'

Brooklyn Bound

240 Years Before Your Time