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 C'est le deuxième album de Neil Young, et c'est celui qui va tout déclencher pour le Canadien. Clairement, pour lui, il y à un 'avant' et un 'après' Everybody Knows This Is Nowhere. l'avant, c'est un premier album solo (Neil Young, avec la chanson The Loner qui deviendra son surnom) en 1968, disque sympa mais pas grandiose, et, avant ça, Buffalo Springfield, groupe de rock ayant aussi accueilli Stephen Stills, auteurs de deux albums très réussis (Buffalo Springfield en 1966 avec For What It's Worth, Buffalo Springfield Again en 1967 avec Broken Arrow et Mr. Soul). L'après, ça sera la participation à Woodstock avec Crosby, Stills & Nash, plus Déjà-Vu de Crosby, Stills, Nash & Young, plus, ensuite, After The Gold Rush, Harvest, On The Beach, Tonight's The Night, Zuma...aussi pas mal de merdes comme Trans ou Landing On Water, mais on ne va pas commencer à parler de ça ! Mais retour à 1969. Ce disque, Neil l'enregistre entre janvier et mars, et il sort en mai. C'est le premier album avec son groupe fétiche Crazy Horse, anciennement The Rockets, et constitué de Danny Whitten (guitare), Billy Talbot (basse) et Ralph Molina (batterie). Neil, en plus du chant, tient la guitare. Le gentil petit toutou de la pochette (aussi sur des photos de la pochette intérieure) assure sa race canine à l'accordéon. Non, je déconne, il ne joue évidemment pas, mais est pour le moins craquant, surtout sur cette photo où il a une oreille baissée ! L'album est produit par Neil Young et David Briggs et a été enregistré au Wally Heider Studio de Los Angeles. Il dure 40 minutes, pour seulement 7 titres, dont deux de plus de 9 minutes. Il offre pas moins de 4 classiques absolus du Loner : la chanson-titre, Cinnamon Girl, Down By The River et Cowgirl In The Sand (unique chanson dont les paroles sont, en manuscrit difficile à lire - écriture de Neil - sur la pochette intérieure), ces deux dernières sont justement les longs morceaux.

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Intérieur de pochette

En 40 minutes, l'album est définitivement trop court, une telle prouesse folk-rock, servie qui plus est par une aussi belle pochette, aurait mérité une durée plus étendue. Les deux premiers morceaux, notamment, sont vraiment trop courts (et les plus courts, de loin, de l'album : moins de 3 minutes chacun !). La première, Cinnamon Girl, est un rock coriace de 2,58 minutes, guitares saturées, chant énergique, du Neil Young efficace comme il le sera par la suite avec des morceaux tels que Walk On ou Lookout Joe, ou Don't Cry No Tears, pour ne citer que ceux-là. Le morceau passe trop vite, et on passe à la chanson-titre, 2,25 minutes de beauté intersidérale folkeuse, à peine plus apaisée que Cinnamon Girl, moins rentre-dedans, mais encore plus forte, dans un sens (au moins aussi grandiose, quoi). L'album devient plus calme encore avec Round & Round (It Won't Be Long), morceau de 5,50 minutes interprété en duo avec Robin Lane (chant, guitare acoustique), une merveille acoustique toute en langueur, on s'imagine allongé à l'ombre sous l'arbre sous lequel, sur la pochette, se tiennent Neil et le cador... La chanson ne parle pas de ça, hein, mais elle est si belle, si douce, et assez lente, elle prend son temps (le refrain le dit, d'ailleurs, it won't be long)... Après, boum, les 9,30 minutes de Down By The River explosent tout pour la fin de la première face, un régal de country-folk-rock guitaristiquement monumental, duel de guitares inoui, solo d'enfer, interprétation bluffante, durée définitivement trop courte malgré les quasi-10 minutes du bouzin... Down by the river, I shot my baby... Impossible, et je pèse mes mots, de ne pas avoir envie de s'enquiller le morceau six fois de suite, de se faire une heure de Down By The River, juste avant d'écouter, enfin, la fin de l'album. La face B s'ouvre sur The Losing End (When You're On), chanson countrysante, folkeuse aussi, 4 minutes franchement sympathiques qui relancent doucement l'action, difficile en effet de passer après la chanson N°4 qui achevait la précédente face... Running Dry (Requiem For The Rockets), dont le sous-titre est une allusion à l'ancien nom de Crazy Horse avant que Neil Young ne les intronise comme son backing-band, est une chanson assez triste, plombante même, de 5,30 minutes, ambiance assez crépusculaire, il n'y à pas le mot 'requiem' dans le titre pour rien... Superbe, aussi. Et, enfin, la finale de 10 minutes et des poussières, Cowgirl In The Sand, qui n'est égalée, sur l'album, que par Down By The River. Je préfère fermer ma gueule pour le coup, c'est si fort, si beau, si immense... Rarement un album se finira aussi magnifiquement qu'Everybody Knows This Is Nowhere, je trouve.

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Verso de pochette

Un album anthologique du Loner, donc, que ce disque de 1969, son second, et certainement pas son dernier. Album parfait, aucune chanson n'est en trop, il en manque même selon moi, car Neil aurait franchement mieux fait de rallonger un peu la durée du disque en rajoutant un titre ou deux (ou en rallongeant la durée des deux premiers morceaux) ! Enfin, c'est ainsi, l'album ne changera pas, et en tant que tel, il est déjà une pure merveille, un des 5 meilleurs (et même un des 3 meilleurs avec On The Beach et Tonight's The Night) albums studio du Loner, et un des albums les plus quintessentiels d'une année 1969 loin d'être avare en chefs d'oeuvres : Led Zeppelin, Led Zeppelin II, Abbey Road, In The Court Of The Crimson King, Let It Bleed, Tommy, Five Leaves Left, Beck-Ola, Hot Rats, Live/Dead ou bien encore Willy And The Poor Boys... Pour ne citer qu'eux, évidemment !!

FACE A

Cinnamon Girl

Everybody Knows This Is Nowhere

Round & Round (It Won't Be Long)

Down By The River

FACE B

The Losing End (When You're On)

Runnin' Dry (Requiem For The Rockets)

Cowgirl In The Sand