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J'ai encore envie de parler un peu de Neil Young. Il faut dire qu'il y à de quoi, avec le Canadien. Plutôt que de me ruiner les tympans et le moral à aborder certains de ses albums encore inédits sur le blog (Are You Passionate ?, Old Ways, Peace Trail) mais qui ne me semblent vraiment pas recommandables, j'ai préféré jouer la carte de la sécurité et faire de nouvelles chroniques sur des albums déjà abordés il y à longtemps (vers 2009/2010), et qui, vraiment, méritaient depuis longtemps que je les refasse, ces chroniques. Premier de cette série de trois : le deuxième album du Loner. Ce qui tombe franchement super bien, parce que cet album, qui a toujours été un de mes grands préférés, je comptais le réaborder depuis un sacré moment. Sorti en 1969, cet album est important pour le Loner : après un premier album éponyme (1968) ma foi très réussi (on y trouve The Loner, The Old Laughing Lady, Here We Are In The Years...) mais que le Loner a toujours trouvé ruiné par un mastering moyen, le Canadien, qui en cette même année participe à Woodstock avec ses amis Crosby, Stills & Nash et enregistre, dans la foulée, avec eux, l'album Déjà-Vu, le Canadien, donc, va ici collaborer pour la première fois avec un groupe du nom de The Rockets, qu'il va renommer Crazy Horse, et qui va devenir, pour les siècles et les siècles, son backing-band de référence. Danny Whitten (guitare), Billy Talbot (basse), Ralph Molina (batterie). 

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Verso de pochette vinyle, ici assez esquinté, pas une photo perso, même si je l'ai sous ce format

Ce premier album avec Crazy Horse, et deuxième album de Neil, sorti donc en 1969, s'appelle Everybody Knows This Is Nowhere et est sorti sous une des plus belles pochettes d'albums dans une discographie qui, je l'ai déjà dit et je ne vais donc pas revenir dessus, n'en compte vraiment pas bézèf. Ici, on voit Neil adossé à un arbre, avec un petit chien à ses pieds. L'intérieur de pochette montre des photos de Neil et de Crazy Horse (et une ou deux du chien, assez craquant), et sa fameuse écriture manuscrite de sagouin. Je me souviens de quand j'ai acheté ce disque en CD il y à plus de 20 ans : j'avais été surpris du nombre de morceaux, seulement 7 (pour 40 minutes), deux d'entre eux atteignent les 10 minutes (ou s'en approche), deux autres dépassent les 5 minutes... Ces durées me semblaient un peu extrêmes à l'époque. J'avais eu peur de ne pas aimer l'album (un de mes premiers du Loner après Harvest et Tonight's The Night) à cause de ça. Con que j'étais ! Au bout de deux écoutes, je n'en pouvais plus de ne pas l'écouter plus souvent. Ce disque est souvent considéré comme un des sommets de la longue et trop foisonnante discographie de Young, qui en fait un peu trop ces temps-ci et des fois, ferait mieux de réfléchir avant de sortir un album (on en parle de A Letter Home et de Earth, Neil ?). Mais cet album de 1969, pardon... On y trouve donc 7 titres, dont 4 sont des classiques instantanés, absolus du Loner. Ils totalisent 24 ou 25 minutes sur les 40 de l'album, beau ratio. Il s'agit de Cinnamon Girl, morceau bien nerveux, bien rock (le son est assez grésillant, limite, tellement c'est heavy) ; du morceau-titre, un peu plus pépère, un peu plus folk/roots, et résolument admirable ; et des deux décollages de fin de face, Down By The River et Cowgirl In The Sand, qui sont absolument indescriptibles, je sais que ça fait feignasse d'écrire ça, mais comment décrire la majesté de ces deux morceaux-fleuves, avec ces parties de guitare à tomber, ces atmosphères sublimes ? Old enough now to change your name...

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Le reste de l'album n'est absolument pas à négliger. Comment passer en effet à côté de la magnifique douceur de Round & Round (It Won't Be Long), interprété en duo avec Robin Lane (une chanteuse de rock qui n'a pas eu une carrière extraordinaire et fut un temps mariée à Andy Summers, guitariste de The Police) ? Comment négliger Runnin' Dry (Requiem For The Rockets) et son violon signé Bobby Notkoff, ou bien le countrysant The Losing End (When You're On) ? Magistralement produit par Neil Young et David Briggs, enregistré au studio de Wally Heider à Hollywood, Everybody Knows This Is Nowhere, je sais que ça fait facile de dire ça mais c'est la vérité, est un des meilleurs albums de 1969. Une année qui, excusez du peu, offre tout de même les deux premiers Led Zeppelin, Let It Bleed, Abbey Road, Tommy, le premier King Crimson, le premier Crosby, Stills & Nash, Hot Rats, l'album de Blind Faith, entre autres joyaux. On tient ici un monstre sacré, rien de moins. 

FACE A

Cinnamon Girl

Everybody Knows This Is Nowhere

Round & Round (It Won't Be Long)

Down By The River

FACE B

The Losing End (When You're On)

Runnin' Dry (Requiem For The Rockets)

Cowgirl In The Sand