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   Ces mecs sont des malades. Pensez donc : leurs trois premiers albums, sortis un par an entre 1969 et 1971, sont tous double (chacun tient sur un seul CD, désormais), et leur quatrième album, un live (de 1971), non seulement a été enregistré au cours de concerts dans la mythique salle du Carnegie Hall (une salle réservée généralement au jazz et au classique) de New York, mais est, attention, quadruple (tout tient sur 3 CDs, mais c'est toujours un quadruple album rapport à un CD de bonus-tracks) ! Et par la suite, le groupe sortira encore un double album en 1974... Ce groupe, qui plus est, est en fait une sorte de big-band, ils sont sept en tout, dont une section de cuivres, et ce groupe s'appelle Chicago. Enfin, à la base, lors de la création du groupe en 1967, ils s'appelaient Chicago Transit Authority, mais la compagnie de transports publics de Chicago s'appelant aussi de ce nom, ils durent raccourcir leur nom en un simple Chicago, dès 1969 (après la sortie de leur premier album qui reste ainsi crédité à Chicago Transit Authority). Ce disque, ce premier album, ne porte pas de nom, c'est donc Chicago Transit Authority, alias, officieusement, Chicago I. Il date de 1969, offre 12 titres (deux de ces 12 titres sont en un seul clip plus bas) pour 76 minutes, et est un régal de jazz-rock. Le groupe est constitué de Robert Lamm (chant, claviers), Terry Kath (chant, guitare), Peter Cetera (chant, basse), Daniel Seraphine (batterie), Walter Parazaider (instruments à vent, saxophone), James Pankow (trombone) et Lee Loughane (trompette). L'album est produit par James William Guercio et sera un gros succès (il restera dans les charts, classé, pendant plusieurs mois, comme les deux albums suivants : quand le quadruple live de 1971 sortira, ils seront toujours classés !).

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Une partie (celle de droite) de l'intérieur de pochette vinyle

C'est un disque qui, comment dire..force le respect. Chicago Transit Authority est une réussite majeure de jazz-rock teinté de pop et même, parfois, de world music (Beginnings s'achève en samba trépidante !) et d'expérimentations (Free Form Guitar fait penser à Metal Machine Music de Lou Reed, avec 6 ans d'avance). L'album est riche en classiques, d'ailleurs, pas moins de 6 titres (7 en comptant Listen, présent sur le disque de bonus-tracks) seront présents sur le quadruple live de 1971 ! L'album s'ouvre idéalement avec le bien-nommé Introduction, chanté par Terry j'ai eu une mort de merde Kath (Kath, en effet, est mort en jouant à la roulette russe, comme un con, en 1978 si je ne m'abuse), Terry et son jeu de guitare tellement puissant qu'Hendrix lui-même en sera soufflé. Et sa voix, hargneuse, rocailleuse, bluesy, fantastique. Le morceau est parfaitement représentatif du reste de l'album : un mélange étonnant et miraculeux entre jazz de la plus belle eau (des cuivres sublimes, un sens du rythme hallucinant) et du rock furieux (la guitare de Kath, des breaks haletants). Une durée, qui plus est, assez étendue : pas mal de morceaux sont longs, contrairement aux deux albums suivants qui, pour des durées d'environ 67 et 70 minutes (respectivement), offriront 23 titres chacun, dont plusieurs faisant partie de 'suites' musicales. Introduction dure 6,35 minutes, Beginnings en dure 8, Free Form Guitar en dure quasiment 7, la reprise fantastique du I'm A Man du Spencer Davis Group en dure 7,40... Les seuls morceaux courts sont Listen (3,20 minutes), Does Anybody Really Know What Time It Is ? (un classique pop jazzy signé Lamm, 4,30 minutes), Prologue (August 29, 1968) qui dure 1 minute, et Someday (August 29, 1968), qui suit, qui dure 4,15 minutes. A noter que ces deux derniers titres, plus l'instrumental saisissant Liberation (qui, lui, dure 14,40 minutes !), sont enregistrés au cours d'un concert donné le 29 août 1968 à Chicago, au cours d'une Convention démocratique. On entend, sur le Prologue, la foule chanter Whole world watching ! Whole world watching !, cri que l'on entend aussi dans le final du Revolution 9 des Beatles (sur le Double Blanc de 1968), exactement la même chose !

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3 titres par face, 4 faces parfaites, on notera la maîtrise absolue du groupe sur des titres tels que Beginnings, Poem 58, South California Purples, Liberation, Introduction ou Questions 67 And 68. Mais tout est fantastique, hormis la minute non-musicale de Prologue (August 29, 1968) qui sert surtout à annoncer Someday (chanson politisée) et Liberation, la dernière face étant, donc, vous l'aurez pigé, live. Does Anybody Really Know What Time It Is ? à elle seule porte tout le futur son de Chicago, futurs auteurs de 25 Or 6 To 4, If You Leave Me Now, Saturday In The Park et Free, futurs classiques radiophoniques. Dans l'ensemble, ce premier album de Chicago (à noter que les autres albums du groupe portent des numéros comme titres : Chicago III, etc, excepté le deuxième, qui s'appelle Chicago, le quatrième qui s'appelle Chicago At Carnegie Hall, et le douzième, qui s'appelle Hot Streets) est une réussite majeure, un monstre sacré, un chef d'oeuvre. Chicago (alias Chicago II), le suivant, sera lui aussi un chef d'oeuvre, et Chicago III, un poil moins monstrueux, sera aussi une belle réussite. Quant au live, c'est un monument, mais je pense que j'en reparlerai un de ces jours !

FACE A

Introduction

Does Anybody Really Know What Time It Is ?

Beginnings

FACE B

Questions 67 and 68

Listen

Poem 58

FACE C

Free Form Guitar

South California Purples

I'm A Man

FACE D

Prologue, August 29, 1968

Someday (August 29, 1968)

Liberation