SUPERTRAMP 1

 Supertramp fait partie des groupes dont j'ai été fan pendant une période plus ou moins longue. J'ai eu une période ZZ Top, une période Muse (je l'avoue sans honte), une période Doobie Brothers, une période U2 (là, j'ai un peu plus de honte à avoir que pour Muse), une période Scorpions, une période Metallica. Et une période Supertramp. J'ai découvert le groupe il y à longtemps, avec Breakfast In America (1979), album qui m'avait immédiatement branché, je trouvais (et trouve toujours) le disque grandiose, rempli de grandes chansons (dont plusieurs tubes, c'est leur album le plus cartonneur et rempli de hits). Après ce disque, j'ai continué ma découverte du groupe par Even In The Quietest Moments... (1977), Crime Of The Century (1974), Crisis ? What Crisis ? (1975), Indelibly Stamped (1971), le live Paris (1980), ...Famous Last Words... (1982), le premier opus éponyme (1970), bref, l'Âge d'Or, 1970/1982, du groupe. Si on excepte l'album de 1982 qui ne m'a pas plu, j'ai aimé tout ce que j'entendais (je le reconnais cependant, l'album de 1977, j'ai un peu de mal et le trouve surestimé, mais j'ai déjà eu l'occasion, récemment, de le dire ici). Je ne suis plus fan de Supertramp comme je ne le suis plus des Doobie Brothers et de Metallica, mais, de temps en temps, j'aime réécouter un de leurs albums, comme ça. Pour Supertramp, l'album que je me suis surpris à réécouter le plus souvent n'est pas Breakfast In America (mon préféré et celui que je tenais pour être leur sommet), mais Crime Of The Century, de 1974. Ce disque date de 1974, est le troisième opus du groupe (et le premier de la formation la plus connue, celle de la période 1974/1982), et sera leur premier succès. Et un gros succès, un de leurs plus gros, ils s'est vendu par millions. C'est l'écrin d'un de leurs plus gros tubes (et leur premier), et au bout du compte, je dois dire qu'il s'agit probablement, très probablement, même, de leur sommet absolu.

SUPERTRAMP 2

Dos de pochette (ici, version CD ; en vinyle, c'est pareil, mais écrit en moins gros)

44 minutes pour seulement 8 titres, et sur ces 8 titres, un seul est un tube, mais quel tube : Dreamer. Ce morceau, un des 4 interprétés par le guitariste Roger Hogdson (l'album, j'y reviendrai, est très démocratique entre ses deux chanteurs), et le plus court de l'album (3,30 minutes, le seul titre à ne pas atteindre 4 minutes de durée), est une réussite, une chanson anthologique, cultissime, qui vampirisera les charts et les ondes radio du monde entier, personne, je pense, ne l'a jamais entendu dans sa vie (à moins d'être né il y à une seconde). Mine de rien, cette chanson tubesque qui fera connaître le groupe, ce premier tube de Supertramp, idéalement placé en ouverture de la seconde face, n'en demeure pas moins la chanson la moins forte de Crime Of The Century. Oui, je sais, vous êtes en train de faire de gros yeux et vous avez sûrement envie de vous gifler pour être sûr(e)s d'avoir bien lu. Si je n'étais pas à l'opposé de l'endroit où vous vous trouvez actuellement, je vous en collerai bien une pour vous rendre ce service. Mais je maintiendrai toujours cette déclaration, Dreamer, excellente chanson, est la moins bonne de l'album quand même. Tout ça pour vous donner un aperçu du niveau des sept autres titres ! L'album, produit par Supertramp et Ken Scott (David Bowie...), est un monstre sacré, rien que sa pochette est mythique : une vue de l'espace intersidéral, des barreaux de prison avec deux mains (reliées à rien derrière) qui s'y accrochent. Une pochette aussi mythique que celle de Breakfast In America qui montre une serveuse tenir un plateau de coffee-shop. D'ailleurs, la pochette de leur fameux best-of sera un mix entre les barreaux de Crime Of The Century et la main et le plateau de l'autre album !

SUPERTRAMP 4

Thompson, Siebenberg, Helliwell, Hogdson, Davies

L'album est constitué de quatre chansons interprétées (et écrites) par Roger Hogdson, aussi guitariste et claviériste occasionnel, et de quatre chansons interprétées (et écrites) par Rick Davies, claviériste (harmonica aussi). Les deux mecs sont les deux plus importants membres du groupe, et les deux seuls à avoir joué sur les deux premiers albums. Les autres membres jouent ici pour la première fois, mais dureront longtemps : Dougie Thompson (basse), John Anthony Helliwell (instruments à vent, cuivres) et Bob Siebenberg, alias Bob C. Benberg (batterie). A noter que sur la sous-pochette et dans le livret CD, les paroles des chansons interprétées par Davies, et d'une manière générale tout ce que Davies chante, sont imprimées en jaune, tandis que tout ce qu'Hogdson chante est imprimé en blanc. Histoire de se repérer ! Comme je l'ai dit plus haut, l'album est démocratique : quatre chansons par chanteur, en une alternance totale (une d'Hogdson, une de Davies, etc...). Même pour les titres de chansons, c'est équilibré (c'est très con ce que je vais dire dans la phrase suivante, je préfère prévenir à l'avance) : on a quatre chansons avec un seul mot dans son titre (Dreamer, Rudy, Asylum, School), et quatre chansons aux titres plus étendus (la chanson-titre, Hide In Your Shell...), et chacun des deux interprètes à deux chansons aux longs titres, et deux chansons au courts titres ! Ah, j'avais prévenu que ça serait con... L'album, sinon, s'ouvre sur un School qui vous donnerait presque envie d'adorer l'école, tellement la chanson est gigantesque (ça aussi, c'était con, OK). Harmonica sensationnel, ambiance parfaite, durée idéale (5,35 minutes), cette chanson d'Hogdson est tuante. Bloody Well Right de Davies est très belle aussi, bien que sans doute un chouia moins percutante. Hide In Your Shell, d'Hogdson, et Asylum, de Davies, en revanche, sont deux tueries absolues à la fois pop et progressives, de quoi refermer la face A avec élégance et donner furieusement envie d'écouter la suite.

SUPERTRAMP 3

Affiche promotionnelle d'époque

La suite, c'est donc Dreamer, tubesque, suivi du long (7 minutes, mais Hide In Your Shell n'est pas loin derrière !) Rudy, morceau très progressif, changements de rythmes, interprété par un Davies ultra convaincant. Mine de rien, Rudy n'est pas ma préférée de l'album, mais il faudrait être sacrément con (désolé) pour l'ignorer, cette chanson ! Après, If Everyone Was Listening, d'Hogdson, est une chanson plus sobre (4 minutes), assez facile, mais vraiment superbe, meilleure que Dreamer, vraiment meilleure. Et arrive, ensuite, le final, 5,35 minutes anthologiques, Crime Of The Century (de Davies). Là, je n'ai rien à dire, en fait. C'est une des plus grandes conclusions d'album qui existent en ce bas monde, je ne vois que Nineteen Hundred And Eighy-Five de Paul McCartney & Wings (1973) et Child Of Vision de Supertramp (1979) pour la concurrencer. Chanson démarrant en douceur, puis virant assez rapidement à un son très rock, proche de Pink Floyd par moments (le solo de guitare me me fait un peu penser à un passage de The Wall que le Floyd fera en 1979, sur Don't Leave Me Now). Et là, l'ultimate climax de l'album (et du morceau) : un piano cristallin répétant 8 notes saccadées, inlassablement. Une guitare, puis un saxophone, grandioses, viennent boucher les trous et l'ensemble est absolument déchirant, impossible de ne rien ressentir. C'est d'une force absolue, malgré l'évidente douceur de l'ensemble (pas de gros son rock). Le final absolu, tout comme Nineteen Hundred And Eighty-Five des Wings, en plus doux, mais en tout aussi tuant. Une manière anthologique de finir un album qui l'est tout autant - anthologique. Alors, au final, si Breakfast In America reste sans aucun doute mon préféré du groupe, Crime Of The Century, qui vient derrière par ordre personnel de préférence, est bel et bien leur sommet. Un disque tout simplement quintessentiel !!

FACE A

School

Bloody Well Right

Hide In Your Shell

Asylum

FACE B

Dreamer

Rudy

If Everyone Was Listening

Crime Of The Century