OLDFIELD 1

 Non, cet album n'est pas la musique de L'Exorciste. Oui, je sais, le thème principal (les 4 premières minutes, environ, de la face A) de cet album apparaît dans le film de William Friedkin, qui date de la même année 1973. Mais non, Mike Oldfield, dont c'est le premier album, n'a pas composé cette musique pour le film. Friedkin a entendu le disque et ça lui a tellement plus qu'il a demandé la permission à Oldfield de l'utiliser, permission accordée mon adjudant. Et le reste appartient à la légende : tout le monde ou presque avoue que sans cette petite musique vaguement oppressante, le film serait sans doute moins flippant, voir pas flippant du tout. Cette petite mélodie entêtante et culte est littéralement indissociable du film d'épouvante le plus connu et apprécié de tous les temps. Mais, encore une fois, n'a pas été conçue pour un tel usage à la base. Ce disque, c'est Tubular Bells, une grosse vente de son époque, un disque qui sera maintes fois réédité en CD, dans diverses versions (Orchestral Tubular Bells, etc), et c'est une des oeuvres majeures, avec Incantations, AmarokHergest Ridge et Ommadawn, d'Oldfield, multi-instrumentiste britannique de génie. Le disque est le premier album sorti sur un tout jeune label fondé par Richard Branson, Virgin Records (société qui s'étendra à plein de choses, magasins, sodas, compagnie aérienne, etc, par la suite), label qui signera par la suite Robert Wyatt, les Sex Pistols, Public Image Limited, Simple Minds, Genesis (leurs albums sont édités en CD sur Virgin), et les Stones. Entre autres. 

OLDFIELD 4

Tubular Bells ne contient qu'un seul morceau scindé en deux parties, une par face. 25,30 minutes pour la première partie/face, 23,30 minutes pour la seconde partie/face, en tout, 49 minutes de musique instrumentale en plusieurs segments facilement dissociables. La pochette représente une cloche tubulaire tordue par-dessus une photo de vague, bord de mer (au dos, on distingue, sur le vinyle car la photo a été tronquée sur le CD, des ossements rongés par la marée, échoués sur le sable, amenés par les vagues...), et rien que cette pochette est culte ; on la voit, direct on pense à cette petite mélodie dont j'ai parlé plus haut, et à Mike Oldfield. L'album a été enregistré à la fois très rapidement et très lentement. La première partie fut faite en quelques jours, rapidement, Oldfield savait précisément ce qu'il voulait faire (il joue de tout). En revanche, comme les studios étaient réquisitionnés pour divers groupes, Oldfield a mis plusieurs mois, par bribes, pour faire la seconde partie ! Une seconde partie un peu plus courte (vraiment de peu) et un peu moins accessible que la première, un petit peu moins grandiose aussi, mais rien de grave non plus. En fait, le seul passage un peu énervant de la face B est ce Piltdown Man (vers le centre), on entend Oldfield pousser d'horribles grognements d'homme des cavernes en colère. C'est assez comique parfois, et aussi assez ridicule. Apparemment, Richard Branson voulait qu'Oldfield mette un peu de paroles dans sa symphonie moderne, et les deux hommes se sont engueulés. Oldfield lu iaurait dit ah, tu veux des paroles ? ben tu vas en avoir, OK ! Un peu bourré, Oldfield, en studio, se met à pousser des borborygmes et grognements, qui seront accélérés sur la bande et deviendront ce passage ! Dans un sens, c'est culte, mais est-ce bon ? Euh... Entre ça et la reprise du traditionnel Sailor's Hornpipe qui achève la face B (et l'album), c'est un peu un cheveu sur la soupe. En effet, le Sailor's Hornpipe final est certes sympa, mais trop en décalage avec le reste (surtout que le passage précédent est assez triste, mélancolique) !

OLDFIELD 3

Verso de pochette

Le reste est juste fantastique, surtout l'ensemble des 25,30 minutes de la face A. Bien entendu, le thème d'intro, long de quelques 4 minutes, est mythique et fantastique, une mélodie qui reste longtemps en tête, et même que tout le monde connaît depuis des lustres, vu que L'Exorciste l'a réutilisé. La suite est moins connue, mais totalement sensationnelle, avec de grands moments laissant éclater le talent guitaristique (et le si particulier son de sa guitare) de Mike Oldfield. On a aussi le final de la face A, avec l'unique inclusion de texte (si on peut dire) de l'album : Viv Stanhall qui, un par un, énumère, solennellement, des instruments, qui, à chaque fois, jouent les quelques mesures du thème final (lequel thème final est introduit par des synthés sensationnels). Grand Piano... Bass guitare... Glockenspiel... etc, et on finit par...Tubular Bells ! Comme de bien entendu. On trouvera difficilement une fin de face A plus réussie que celle-là, ça donne franchement envie de retourner le disque pour découvrir la suite. Une suite un petit peu moins grandiose, mais tout de même offrant d'extraordinaires moments, et faisant clairement de Tubular Bells le sommet de la carrière d'Oldfield. La suite sera cependant excellente. A noter, en guise de final, que Christian Vander, leader de Magma, dira que Mike Oldfield lui aurait piqué la mélodie de ce qui deviendra le premier thème (celui utilisé dans le film), alors qu'il rendait visite, en 1973, à Magma, qui faisait Mekanïk Destruktïw Kommandoh (le thème en faisait partie, Vander ne l'utilisera pas, de peur d'être à son tour accusé de plagiat). Selon Vander, Vander aurait écrit cette mélodie qu'Oldfield aurait reprise sans le créditer. Or, il y à des preuves que la mélodie avait été écrite par Oldfield plus de 2 ans auparavant ! Vander, petit menteur ?

FACE A

Tubular Bells - Part 1

FACE B

Tubular Bells - Part 2