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 Dans la liste des meilleurs albums live de toute l'histoire de l'univers et de l'Humanité-fondé-en-1904-par-Jean-Jaurès, ce disque possède une place de choix, à la droite du Seigneur. 75 minutes de bonheur (le disque était donc double à sa sortie, mais tout tient sur un seul CD), sorties en 1969 (en novembre ; les bandes furent captées au cours de différents concerts ayant eu lieu en début 1969). C'est le quatrième album du Grateful Dead, et leur premier live, et il s'appelle Live/Dead. Pas con, comme titre : c'est un live, et c'est le Dead. Aaah, le Dead...groupe de rock psychédélique fondé en 1965, groupe de Haight Asbury (quartier hippie de San Francisco), constitué, à l'époque, de Jerry Garcia (guitare, chant), Ron 'Pigpen' McKernan (claviers, chant, congas), Tom Constanten (claviers), Phil Lesh (basse, chant), Mickey Hart (batterie et percussions), Bill Kreutzmann (batterie et percussions z'aussi), et Bob Weir (guitare, chant). A la base, le Dead était un groupe de folk (par la suite, Workingman's Dead, American Beauty, ils referont de la musique folkeuse), un jugband, qui s'est rapidement converti au psychédélisme, le LSD, et les pétards ayant beaucoup aidé (merci à Owlsey 'Bear' Stanley, un ingénieur du son du groupe et dealer de came, aussi créateur du logo du groupe !). Live/Dead est le premier triomphe du groupe, un disque qui va mettre tout le monde d'accord là où les trois premiers opus (Grateful Dead, Anthem Of The Sun, Aoxomoxoa) n'avaient pas convaincu tout le monde (disques contenant d'excellents morceaux, comme Alligator ou Mountains Of The Moon, mais tous sont un peu inégaux et vieillissent mal.

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Pochette extérieure dépliée

Ici, c'est 75 minutes, pour seulement 7 titres (dont un de 23 minutes et un de...37 secondes !) de folie psychédélique. Sortez vos buvards, les mecs, même sin en fait, vous n'en aurez pas vraiment besoin, la musique a elle seule suffit à vous faire tripper très loin. On imagine les acid-trips à la Ken Kesey (Could you pass the acid test ?) sur écoute de ce disque, à l'époque ! Franchement, sur Live/Dead, il y à de quoi voyager, intérieurement, jusqu'à Alpha du Centaure sans bouger son gros cul de son fauteuil en cuir... Rien que Dark Star, 23,20 minutes incroyables occupant toute la première face, suffit à faire le voyage. Historiquement, ce morceau EST le Grateful Dead. Le groupe l'a accouché en live, d'une traite (ce n'est pas un collage de plusieurs prestations : tout comme Made In Japan de Deep Purple ou At Fillmore East du Allman Brothers Band, Live/Dead n'a pas été retouché en studio), le 27 février, au Fillmore West de Frisco (de même que St. Stephen). Dark Star, c'est anthologique. Et ceux qui ne connaissent pas  encore et qui pensent que, parce que le groupe s'appelle le Mort Reconnaissant et qu'ils font du rock psychédélique, que c'est du bourrin, ceux-là seront surpris : la musique est suave, douce, sphérique. Le jeu de Jerry Garcia est admirable, il tisse des notes renversantes, ses soli sont d'une beauté pharaonique, c'est zen, certes très rock par moments, mais, vraiment, tout le contraire du Velvet, par exemple. Dark Star nous embarque dans un voyage spatial hors du commun, et le moins que l'on puisse dire, c'est que ce morceau ne vieillit pas, ou plutôt, si, mais il se bonifie avec le temps. 23 minutes qui passent comme une lettre à la Poste. Le sommet du live.

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Intérieur de pochette et les vinyles (pas une photo perso, comme la précédente)

Mais la suite est bien souvent quasiment aussi quintessentielle : Death Don't Have No Mercy, 10 minutes qui me sont souvent frissonner (le chant, l'ambiance plombante et bluesy, on sent que le morceau parle de la Mort qui n'a aucune pitié), captées le 3 mars au Fillmore West (tout comme les 7 minutes expérimentales et instrumentales de Feedback et les 37 secondes de And We Bid You Goodnight, final de l'album) ; Turn On Your Lovelight, un quart d'heure (toute la face C) très remuantes, un peu boogie ; The Eleven, 9,30 minutes incroyables (captées le 26 janvier, tout comme le morceau précédent abordé, à l'Avalon Ballroom de Frisco)... Tout est fantastique ici, du début à la fin, même si Feedback sera jugé un peu trop long par certains (personnellement, ce morceau ne me gêne pas). La pochette aussi est excellente : au recto, un cercueil ouvert, avec une femme nue sous une cape qui en sort, comme planante. Un fanion avec le mot 'Dead' dessus, le tout sur fond orangé, et le mot 'Live' en gros, et rose, derrière. Au dos, le mot 'Dead' occupe toute la place, en rouge sur fond blanc et bleu, étoilé, comme le drapeau américain. Dans la partie supérieure, on distingue des têtes de mort et le mot 'Acid' formé avec le haut des lettres de 'Dead' ! A l'intérieur, c'est plus conventionnel, comme on le voit ci-dessus : des photos du groupe en action, en concert. Un visuel vraiment sobre par rapport à la très culte (c'est le mot) et originale pochette recto/verso extérieure !

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Jerry Garcia dans ses oeuvres

Musicalement, Live/Dead est une claque, un des meilleurs lives parmi les meilleurs des meilleurs, aux côtés de Made In Japan, At Fillmore East, Lotus (Santana), Live At The Star-Club (Jerry Lee Lewis) et How The West Was Won de Led Zeppelin. Un disque surpuissant, savant mélange entre rock psychédélique et folk psychédélique, et que Dark Star à lui seul suffit à rendre rigoureusement essentiel. Vous trouverez plus bas l'intégralité (trois clips pour Dark Star) du live, et si vous ne connaissez pas encore, je ne peux que vous envier, car, croyez-moi, vous allez prendre ! Un seul mot convient pour achever la chronique, un seul mot convient pour qualifier le disque au final : Monument.

FACE A

Dark Star

FACE B

St. Stephen

The Eleven

FACE C

Turn On Your Lovelight

FACE D

Death Don't Have No Mercy

Feedback

And We Bid You Goodnight