"Walls And Bridges" - John Lennon
Lorsque j'avais abordé ce disque sur le blog, il y à de cela un peu plus d'un an, j'avais été très méchant. Vraiment salopard, même. Ca faisait alors un petit moment que je n'avais pas réécouté le disque, et je ne pense pas, d'ailleurs, que je l'avais réécouté exprès pour l'aborder. En fait, je pense que je venais de me farcir Some Time In New York City dans sa globalité (c'est à dire, le disque studio déjà inégal ET le disque live avec 16 minutes de miaulements insoutenables de Yoko sur Don't Worry Kyoko), et je ressentais, mentalement, la même chose que quelqu'un venant de se faire rayer le casque par une incompétente : énervement, rage même, et saturation lennonienne absolue. Bref, quand je me suis rendu compte, l'an dernier environ, que Walls And Bridges n'avait pas été abordé, je l'ai abordé, la rage au ventre, et j'ai bien peur d'avoir été vraiment con sur ce coup. J'en avais dit du mal, alors que, sincèrement, ce disque, que j'ai réécouté une paire de fois il y à quelques jours (pour pas refaire la même connerie !), est une belle réussite. Ce disque date de 1974, et est son antépénultième album (un an plus tard sortira le disque de reprises Rock'n'Roll, vraiment pas bon, et, ensuite, silence radio de 5 ans et, en 1980, quelques semaines avant son assassinat, sortie de Double Fantasy, constitué en moitié de chansons chantées par Yoko, et en moitié de chansons de Lennon, et le dernier par la force des choses, merci enc... de Chapman). Certes, ce n'est pas un disque aussi grandiose que John Lennon/Plastic Ono Band de 1970 ou qu'Imagine de 1971, mais je le trouve meilleur, hé oui, que l'ensemble du reste de la carrière solo de Beatle John, meilleur que le pourtant excellent Mind Games de 1973, ou que le très très bon Double Fantasy (le reste est mauvais). Bref, le troisième meilleur album de Lennon, et aussi, sans doute, son moins bien estimé.
Autre pochette de l'album - le vinyle ?
Il n'a pas eu de bol, Walls And Bridges : même s'il marchera bien (de même que le single Whatever Gets You Thru The Night, avec la participation d'Elton John au piano et choeurs), il ne sera pas bien accueilli par la presse, à l'époque plus intéressée par les dérives de Lennon que par sa musique. Lennon, en 1974, vit en effet séparé de Yoko (depuis fin 1973). Il est alors en plein lost week-end, comme on appelera cette période tendue, sombre de sa vie. En pleine errance seul à Los Angeles, il cotoîe Harry Nilsson (qui collabora brièvement sur l'album), Keith Moon, retrouve Ringo, rencontre David Bowie (il participe sur Young Americans en 1975), il se défonce, picole, fait des frasques (alors qu'une serveuse de night-club refuse de le servir pour raison d'esclandre et d'ébriété, il se colle un Tampax usagé sur le front et lui dit non mais tu sais qui je suis, connasse ? La réponse est collector : oui, un connard avec un tampon usagé sur le front !), semble en totale perdition. Pire, ses deux précédents albums, Some Time In New York City (double album constitué en partie de chansons sur l'actualité brûlante de l'époque ; il n'y à rien de pire que ça, car les chansons dites d'actualité vieillissent très rapidement et pas très bien) et Mind Games (sans Yoko !), ne marcheront pas bien, seront mal accueillis... Et Walls And Bridges, ça ne sera pas mieux. Pourtant, sous sa pochette représentant des dessins de Lennon, faits alors qu'il avait 11-12 ans (vers 1951/1952, donc : il est né en 1940), ce disque offre vraiment plus de grandes chansons que les deux précédents opus. Tout n'y est pas parfait, hein, n'allez pas croire à l'album magique, mais Walls And Bridges, considéré par Yoko comme le meilleur album de Lennon en solo (notes de pochette de la réédition CD 2010, que je me suis payée récemment, je n'avais en effet que les fichiers MP3 d'une ancienne édition CD empruntée en médiathèque), est vraiment bon et attachant. Un disque généreux, en plus (46 minutes pour 12 titres).
Pochette intérieure vinyle ? En tout cas, dans le livret CD aussi...
L'album est sorti sous une pochette (ou des pochettes : vu le nombre de pochettes différentes que l'on voit en cherchant sur le Net, je me demande si le disque, à sa sortie en 1974, n'aurait pas eu droit à plusieurs pochettes différentes...) assez moyenne. La réédition CD, en tout cas (première illustration en haut d'article), propose une pochette moyenne, un assemblage des trois dessins situés, sinon, dans le livret. On a aussi plusieurs photos de Lennon souriant ou grimaçant, arborant pas moins de 5 paires de lunettes superposées, dont une au dos de pochette. Le coup des lunettes superposées fait penser à la pochette recto, avec trois dessins en un seul, un peu comme ces livres-jeux pour enfants avec des rabats pour changer les dessins, plusieurs dessins superposés, prédécoupés, on fait bouger les rabats que l'on veut, etc... Le vinyle était-il ainsi fait, ou bien y avait-il plusieurs pochettes au choix dans les bacs, je ne sais pas ; si quelqu'un qui me lit possède le vinyle, merci de me renseigner ! Je pense cependant que je me paierai le vinyle d'occasion un jour...Bon, sinon, le disque a été enregistré à New York, avec plein de musiciens : Ken Ascher (claviers), Nicky Hopkins (piano), Jim Keltner (batterie), Arthur Jenkins (percussions), Bobby Keys (saxophone), Klaus Voormann (basse), Eddie Mottau (guitare acoustique), Jesse Ed Davis (guitares), et Lennon, en plus du chant, tient guitare, piano et percussions. On note la participation d'Elton John au piano et orgue sur deux titres (Whatever Gets You Thru The Night et Surprise, Surprise (Sweet Bird Of Paradox)), et de Joey Dambra, Lori Burton et May Pang (petite amie temporaire de Lennon pendant le lost week-end) aux choeurs sur un titre (#9 Dream), et de Julian, fils de Lennon, à la batterie sur le court morceau final, une reprise sympa et faite à la va-vite de Ya Ya.
L'album aligne les merveilles : Surprise, Surprise (Sweet Bird Of Paradox), qui réutilise rapidement le gimmick vocal de Drive My Car en le modifiant (Sweet sweet love au lieu de Bip bip yeah), Whatever Gets You Thru The Night qui sera l'objet d'un pari fait avec Elton (Elton John dira à Lennon que le morceau cartonnera dans les charts, et Lennon, peu convaincu, proposera à Lennon de jouer ce titre en live avec lui si jamais ça arrive ; les deux joueront au Madison Square Garden le 28 novembre 1974 !), Old Dirt Road absolument sublime, Nobody Love You When You're Down And Out qui ne l'est pas moins, Scared vraiment magnifique... Et trois morceaux grandioses : Steel And Glass (sorte de How Do You Sleep ? bis, mais sur lequel Lennon s'en prend à Allen 'dégraisseur de mammouths' Klein, dernier manager des Beatles , plutôt qu'à McCartney encore une fois) qui détonne ; Beef Jerky, un des rares instrumentaux de Lennon en solo, morceau génial réutilisant brièvement le riff de guitare du Let Me Roll It de...Paul McCartney & Wings (sur Band On The Run de 1973) ; et le sensationnel, grandiose, #9 Dream, assurément une des cinq plus époustouflantes chansons de Lennon en solo avec Mother, God, Imagine et Woman. Rien que #9 Dream suffit à faire de Walls And Bridges le disque sous-estimé et à redécouvrir de Lennon ! Après, oui, l'album offre aussi Ya Ya, 1, 20 minute amusante mais sans intérêt majeur ; What You Got, sympa mais pas extraordinaire ; Bless You et Going Down On Love, secondaires. Mais rien de mauvais, franchement rien, sur Walls And Bridges. En résumé, ce disque est vraiment une réussite et un album sous-estimé, à redécouvrir absolument ! J'ai vraiment été con de le casser autant dans ma précédente chronique, mais l'erreur est totalement réparée !
FACE A
Going Down On Love
Whatever Gets You Thru The Night
Old Dirt Road
What You Got
Bless You
Scared
FACE B
#9 Dream
Surprise, Surprise (Sweet Bird Of Paradox)
Steel And Glass
Beef Jerky
Nobody Loves You (When You're Down And Out)
Ya Ya
Commentaires sur "Walls And Bridges" - John Lennon
- Les différentes issues du vinyles sont sur la page, voila la page master:
http://www.discogs.com/John-Lennon-Walls-And-Bridges/master/72957
Station - Effectivement la pochette du vinyle à trois rabats découpés horizontalement que tu peux plier ou non sur la pochette. Ca permet de se faire sa propre pochette en quelque sorte!
Par contre l'album m'a vraiment pas laissé un souvenir impérissable, comme tous les Lennon solo à l'exception de Plastic Ono Band. - ça fait longtemps que je ne l'ai pas écouté. acheté à sa sortie. la pochette marrante avec une espèce de petit jeux ou l'on pouvait fabriquer différents visages.
je me souviens des excellent steel and glace avec ces hurlement de loups..
#9 Dream est sa mélodie planante plus au moins 5 ou 6 autre titre vraiment très très bons..
pour moi avec le 45 tours "mother" c'est son meilleur. et c'est john lennon quant même


















