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 Le seul problème de cet album réside dans sa production, franchement médiocre : le son est mince comme une feuille de PQ tranchée en deux dans son épaisseur, et il est très difficile de s'y faire : pendant toute l'écoute, soit les 46 minutes de l'album, on finit par s'habituer, mais à chaque fois qu'on remet l'album, c'est à nouveau la frustration de ne pas avoir un disque mieux servi, question son. Le pire, c'est que ce disque est ultra heavy, donc c'est encore plus frustrant d'avoir un son aussi mince et plat ! Si ça avait été un disque folk à la Dylan/Leonard Cohen, passerait encore... Bon, sinon, ce disque date de 1971 (et ça s'entend), et est le premier album des Pink Fairies, un groupe de hard-rock britannique à tendance psychédélique, à la Hawkwind, de vrais cintrés, et parmi eux, un batteur fou (et chanteur occasionnel), Twink, ancien des Pretty Things, le même Twink qui tentera, dans le milieu des années 70, de fonder Stars avec Syd Barrett. Le groupe n'enregistrera strictement rien, n'a laissé aucune couille de trace... Mais revenons aux Fées Roses (traduction du nom du groupe). Sous sa sublime pochette sous influence fantasy (j'y vois aussi des allusions involontaires au Petit Prince, perso !), ce disque s'appelle Neverneverland, aussi orthographié, parfois, Never Never Land. 10 titres pour 46 minutes, c'est un disque culte, relativement méconnu du grand public, mais assurément un des sommets de l'histoire du rock international. Le groupe est aussi constitué de Paul Rudolph (guitare, chant), Russell Hunter (batterie, car il y à deux batteurs dans le groupe !) et Duncan Sanderson (basse).

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En haut à gauche : pochette PVC souple et sous-pochette classique du disque. En bas : la pochette cartonnée, dépliée, extérieur

L'album, (mal) produit par le groupe et Neil Slaven, est sorti à la base dans un packaging collector : une pochette en plastique PVC souple imprimée, avec à l'intérieur la pochette cartonnée ouvrante (voir ci-dessus). Une édition collector a aussi été faite avec le disque vinyle en rose ! La pochette extérieure représente des petits lutins, farfadets etc, sur une planète, observant pensivement une lune souriante, avec un petit bateau ailé voguant, dans l'espace, dans sa direction. Pochette très belle et poétique qu'on imaginerait plus pour un album de rock progressif à la Genesis ou Yes. A l'intérieur, c'est rose, un dessin de petits farfadets ou gnomes, avec des masques à gaz, en train d'escalader une gigantesque fleur type pâquerette. Très joli, et étrange aussi (les masques à gaz) ! Une photo du groupe dans un buisson se trouvait aussi dans la pochette. Les Pink Fairies (autrefois The Deviants, et renommés, pour leur vrai nom officiel, The Pink Fairies Motorcycle Club And All-Stars Rock And Roll Band, on comprend l'abréviation en Pink Fairies, hein ?) veulent tromper leur monde. Un nom de groupe sympa, une pochette poétique et belle (une des plus belles que je connaisse), un titre d'album en allusion à Peter Pan... Aussi, Do It (titre inspiré par le manifeste Yippie de Jerry Rubin, Do It) démarre par une minute (ou quasiment) acoustique de toute beauté, avant de plonger dans un hard-rock bien vibrant, gros riff, chant braillé, rythmique de folie... Dommage, encore une fois, pour la production au-dessous de tout.

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Intérieur de pochette déplié, et, sur le côté, la surpochette en PVC et le poster intérieur avec photo du groupe et crédits

L'album offre de grands moments de furie : Teenage Rebel (punk avant l'heure, pas pour rien que Johnny Rotten adorait les Pink Fairies !), Say You Love Me au riff imparable, le long (10 minutes) Uncle Harry's Last Freak-Out, sorte de version Fairies du Sister Ray du Velvet, en moins 'expérimental' mais en aussi violent... Et on a aussi War Girl, Never Never Land, Heavenly Man (ma préférée de l'album), The Dream Is Just Beginning (1,15 minute de beauté atmosphérique en guise de final) qui sont plus subtils... Thor, une cinquantaine de secondes bruitistes... Track One, Side Two (très spirituel, ce titre de morceau !) qui démarre comme un morceau du Band (et des paroles assez space : I'm a planet without Hobbits, I'm a wall without a sound...) et se finit en furie heavy limite keupon... A noter qu'avec un titre pareil ('Premier morceau, face 2'), c'est ce morceau qu'on se serait attendu à durer 50 secondes, et pas Thor ! Thor, qui est justement le passage faiblard du disque, à cause de sa relative inutilité, instrumental de même pas une minute... Le reste de l'album est juste fantastique. Moments de choix, Do It, Heavenly Man, War Girl, la chanson-titre, Track One, Side Two et Uncle Harry's Last Freak-Out. Ce disque qui sera très bien accueilli à sa sortie (sauf le reproche fait à la production, on accusera le disque de ne pas représenter la puissance de feu des Fairies sur scène, qui devaient déchirer des slips rien que par la puissance de leur son) est une claque absolue. Le meilleur du groupe, même si les suivants (What A Bunch Of Sweeties ! et Kings Of Oblivion notamment) sont également efficaces. Mais Neverneverland est clairement le meilleur album des Pink Fairies, et un des meilleurs albums de hard-rock, de rock psychédélique/space, et de rock tout court, qui soit. Monstrueux !!

FACE A

Do It

Heavenly Man

Say You Love Me

War Girl

Never Never Land

FACE B

Track One, Side Two

Thor

Teenage Rebel

Uncle Harry's Last Freakout

The Dream Is Just Beginning