ELP 1

 Fondé en 1970, Emerson, Lake & Palmer est un des plus fameux groupes de rock progressif qui soient. Un des plus critiqués, aussi : entre ceux qui adorent et ceux qui détestent, il y à une belle marge ! Déjà que le rock progressif n'est pas aimé de tous... Ce groupe a réussi l'exploit d'être source de polémiques chez les fans même de ce genre musical si particulier ! On peut aussi citer Jethro Tull et Yes dans les groupes les moins aimés des fans de rock en général, mais ELP se trouve encore au-dessus d'eux, dans cet 'insigne' distinction. Le groupe est constitué du claviériste Keith Emerson (ancien de The Nice), du bassiste, guitariste et chanteur Greg Lake (ancien de King Crimson) et du batteur Carl Palmer (ancien d'Atomic Rooster), trois super musiciens dans leurs parties, il faut le signaler (et Lake chante bien et a toujours su signer de sublimes chansons). Ce disque éponyme, Emerson, Lake & Palmer donc, est sorti en 1970 et se vendra très bien. Le groupe, d'ailleurs, sera un des plus gros vendeurs des années 70, une machinerie, un groupe-phare de la scène rock des années 70. Ce premier disque, 6 titres pour 41 minutes, n'est pas leur meilleur (c'est Brain Salad Surgery de 1973, suivi de Trilogy de 1972, et Tarkus de 1971 ; et ensuite, ce disque, pour les albums studio cependant), mais c'est sans doute un des plus intéressants premiers albums de l'histoire du rock, ce qui est déjà pas mal, et il offre deux gros classiques d'ELP : Tank (que le groupe refera en 1977 sur Works, Part 1) et Take A Pebble.

ELP 2

Lake, Emerson, Palmer

Ce premier album est franchement pas mal du tout. The Barbarian ouvre bien l'album, Knife-Edged est efficace, mais clairement, Take A Pebble et The Three Fates (une trilogie, sur une seule plage audio, de trois courts segments pianistiques d'Emerson, inspirés par les Trois Parques, celles qui, dans la mythologie grecque, donnent et interrompent la vie, Clotho, Lachesis et Atropos) sont supérieurs. Et il y à aussi une chanson magnifique sur le Vietnam, une chanson qui sera un peu polémique par ailleurs (déjà que 21st Century Schizoid Man, sur le premier King Crimson, avec son Innocents raped with napalm fire, avait un peu marqué) et qui, franchement, est une des trois plus belles chansons jamais écrites et chantées par Lake au sein d'ELP (avec The Sage sur le live Pictures At An Exhibition et Still...You Turn Me On sur Brain Salad Surgery) : Lucky Man. Une chanson tout simplement grandiose, anthologique, une splendeur qui à elle seule (Take A Pebble et ses 12 minutes aussi !) fait que ce premier album d'Emerson, Lake & Palmer mérite totalement l'écoute. Tank, quant à lui, est un très bon morceau, bien efficace.

ELP 3

Au final, ce premier opus éponyme d'Emerson, Lake & Palmer est une belle petite réussite de rock progressif, avec d'excellentes compositions, comme Take A Pebble et le fantastique Lucky Man. Après, il est clair que ce n'est qu'un début, ELP fera encore plus fort avec Tarkus, Trilogy, Brain Salad Surgery (et sa pochette signée Giger) et le live Pictures At An Exhibition sur lequel le groupe signe une relecture progressive de l'oeuvre du même nom de Moussorgsky. Bref, tous leurs albums suivants jusqu'à 1973 (et je rajoute le triple live, depuis double en CD, Welcome Back My Friends To The Show That Never Ends ; Ladies And Gentlemen, Emerson, Lake & Palmer (quel titre !) de 1974, qui offrira d'ailleurs une version très longue et remarquable de Take A Pebble (et Lucky Man inclus dans le morceau). Pour fans de rock progressif, ce premier opus d'ELP est donc un disque à écouter ! Mais sachez qu'ils feront encore mieux par la suite.

FACE A

The Barbarian

Take A Pebble

Knife-Edged

FACE B

The Three Fates :

a) Clotho (Royal Festival Hall Organ)

b) Lachesis (Piano Solo)

c) Atropos (Piano Trio)

Tank

Lucky Man