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C'est avec ce disque que j'ai, il y à longtemps (avant la création de ce blog, soit il y à au moins 12 ans), découvert Funkadelic. Par le biais de l'intronisation de ce disque dans la fameuse "Discothèque Idéale" de Rock'n'Folk (et de Philippe Manoeuvre). Oui, un disque de funk dans la "Dicothèque Idéale" ! En même temps, on y trouve aussi de la soul, un disque de disco (Diana de Diana Ross), un de rap (Licensed To Ill des Beastie Boys), de la country, de la chanson française, de l'électro, du jazz, du blues...tout sauf réducteur, donc. Cet album, donc, va achever le cycle Funkadelic sur le blog. Chose amusante, pendant des années, jusqu'à la publication, il y à quelques semaines, de la première chronique de ce cycle, cet album fut le seul de Funkadelic sur le blog. Et il n'y en à aucun de l'autre groupe de George Clinton, Parliament (faudrait que je répare cet oubli, et qui sait, peut-être un jour...). Cet album, sorti en 1978 sous une pochette rose et un peu osée (non seulement les quatre personnages brandissant un drapeau parodient la posture des Marines de Iwo Jima brandissant le drapeau ricain, fameuse photo, mais ils sortent d'un globe terrestre qui, avec les traînées qu'il laisse derrière lui, possède à peu près la forme d'une grosse bite, et le liquide blanchâtre qui en sort, je ne vais pas vous faire un dessin, mais il vous fait penser à quoi, dans ce cas ? Hein ? Bah oui, à ça !) signée Pedro 'Captain' Bell encore une fois (et avec, encore une fois, un long texte cryptique et dingue de Clinton dans l'intérieur de pochette), c'est One Nation Under A Groove.

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Ayant signé sur Warner en 1976 dans des conditions un peu rocambolesques (le groupe devait encore un disque à son ancienne maison de disques et sortira les chutes de studio de leur premier album Warner, qui sortira juste après, en guise de fin de contrat ; deux albums sortis, sur deux labels différents, en un mois de temps), le groupe va, avec ce disque, pulvériser la concurrence et connaître son plus gros succès commercial. C'est clairement le disque majeur du groupe, leur dernier grand disque aussi (par la suite, The Electric Spanking Of War Babies tentera sans grand succès de récidiver la tentative, notamment ; et Funkadelic sera d'ailleurs très très discret, quasiment fini, à partir des années 80), et il dure la bagatelle de 58 minutes. C'est un double album sans en être un : il contient un album 33-tours de 6 titres (et 40 minutes) et un maxi-45-tours (ou 45-tours à la vitesse 33-tours, selon le pressage) de 3 titres et d'un peu moins de 20 minutes, en complément, le tout ayant été, en CD, réuni sur un seul disque (on notera d'ailleurs que sur le CD, les deux faces du 45-tours bonus ont été inversées, sans doute pour plus d'efficacité). Le tout était vendu au prix d'un album simple, évidemment. On peut tout de suite parler de ce disque bonus : on y trouve d'un côté une version live de Maggot Brain, datant de 1978, sur laquelle Michael Hampton, le nouveau guitar-hero du groupe, parvient à totalement faire oublier le pourtant grand Eddie Hazel qui jouait sur la version studio d'époque (1971) et dans Funkadelic jusqu'à 1975. Longue de plus de 8 minutes, cette version live à la qualité audio exceptionnelle est à tomber par terre, un long solo de guitare à trembler de bonheur. L'autre face, c'est Lunchmeataphobia (Think ! It Ain't Illegal Yet !), morceau dans le ton de ceux du 33-tours principal, mais moins époustouflant, sans doute est-ce pour ça qu'il est sur le disque bonus. Et il y à aussi une version instrumentale d'un morceau de l'album principal. Là, c'est sans intérêt. A noter qu'en Europe, ce disque bonus comprenait aussi une version longue du morceau-titre.

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Et l'album ? Une tuerie quasi absolue. Quasi ? Oui, parce qu'il faut bien reconnaître que 10,45 minutes pour Promentalshitbackwashpsychosis Enema Squad (The Doo Doo Chasers), morceau incroyablement graveleux qui parle de lavements notamment, c'est un peu trop long, même si ce morceau est, musicalement, une réussite (c'est ce titre qui est en version instrumentale, et deux fois plus courte, sur l'EP bonus). Et d'une manière générale, je trouve que la face B est un chouïa moins époustouflante que la première. Into You, morceau assez langoureux et sexuel, est sympathique comme tout, et Cholly (Funk Getting Ready To Roll !) aussi, mais comparé aux trois morceaux de la face A, c'est pas la même chose. On y trouve en effet One Nation Under A Groove, un des morceaux les plus mythiques de la bande à Clinton, un tube mondial de l'époque qu'il est impossible d'écouter sagement assis sur une chaise, c'est tellement trépidant, tellement dingue (des vocaux à la musique, tout est totalement renversant et illuminé, ici)... Groovallegiance, plus calme, assez psychotrope, enfonce le clou, on est ferré, One Nation Under A Groove vous tient et ne vous lachera plus, et Who Says A Funk Band Can't Play Rock ?, avec sa guitare très rock, achève à la perfection une face A d'enfer (Rochereau). C'est un album infernal et remarquable, essentiel à toute discothèque à moins d'être totalement réfractaire à la musique noire (et précisément à la funk) ou aux grandes dingueries musicales. Si Zappa avait fait un disque de funk/disco, de vrai funk je veux dire, ça aurait été ce disque. Après, tout en étant prodigieux, cet album n'est, paradoxalement, pas aussi parfait que certains des précédents opus : entre l'EP qui contient en partie des morceaux inutiles et une face B très très très bonne, mais moins quintessentielle que la A, on aurait presque - presque ! - envie de dire que c'est un petit peu inégal. Pas grave, c'est quand même génial !!

FACE A

One Nation Under A Groove

Groovallegiance

Who Says A Funk Band Can't Play Rock ?

FACE B

Promentalshitbackwashpsychosis Enema Squad (The Doodoo Chasers)

Into You

Cholly (Funk Getting Ready To Roll !)

FACE C

Maggot Brain (live)/Chant

FACE D

Lunchmeataphobia (Think ! It Ain't Illegal Yet !)

P.E. Squad/Doodoo Chasers ('Going All The Way Off' Instrumental Version)