STOOGES 1

Oh putain de bordel de nom de Dieu de merde de sa race de pute vierge !!! C'est à peu près la réflexion hautement philosophique que je me fais à chaque écoute de ce disque. Me dire qu'il date de 1970 me fait toujours un effet bizarre : la musique, ici, est tellement violente, tellement punk, qu'on jurerait entendre un disque de 1977, au moins. Et pourtant, fuck non, Fun House, deuxième fuckin' album des  fuckin' Stooges, est fuckin' sorti en fuckin' 1970, aussi fuckin' incroyable que ça peut le fuckin' paraître. Fuck. Ce disque, c'est de la fuckin' dynamite encore plus que la fuckin' Ovomaltine des familles, moi je vous le fuckin' dit. 36 fuckin' minutes et 33 fuckin' secondes, pour 7 fuckin' titres en fuckin' tout. Le groupe est alors fuckinement constitué d'Iggy Pop (chant) Ron Asheton (guitare, qui fuckera à la position de bassiste par la suite), Dave Alexander (basse, qui sera fucké du groupe après le disque) et Scott Asheton (batterie, frangin du fucker à la guitare). Avec aussi la fuckin' participation du saxophoniste Steven Mackay sur la face B, et Mireille Matthieu au choeurs. Oh, fuck non, je déconne, là. Fun House est le deuxième album des fuckin' Stooges, et il fait donc suite au premier (oh, les mecs, vous suivez, ou fuck ?), éponyme, qui était produit par John Cale et offrait en apéro des titres tels que I Wanna Be Your Dog, 1969, No Fun ou Real Cool Time, sans oublier les 10 minutes tétanisantes, glaçantes, flippantes et psychédéliques (et mal-aimées des fans du groupe) de We Will Fall, le morceau le moins fuckin' stoogien du répertoire des fuckin' Stooges. C'était le dernier fuckin' de l'article, photocopiez-le pour en garder un souvenir ému.

STOOGES 5

Fun House, lui, est produit par un ancien Kingsmen (Louie Louie), Don Galluci (qui assurait l'orgue dans les Kingsmen), et offre un son totalement live, enregistré à Los Angeles au Elektra Sound Recorders Studios (en 15 jours). C'est bien simple, Galluci a du laisser les bandes tourner pendant que le groupe commençait à jouer, laissant tout, tout, absolument tout sur bande. Comment expliquer, sinon, la dinguerie de la face B ? Pour la A, ça va encore, c'est du lourd, du bourrin, sans état d'âme, mais quelque peu maîtrisé quand même. Quelque part. Si si. Down On The Street est une cavalcade saisissante en ouverture, la guitare de Ron est sanguinaire, Iggy glapit son texte avec une efficacité encore plus redoutable que le Cillit Bang. On est en transe, dès le début. Loose et T.V. Eye ne viennent pas calmer le jeu, oh que non (j'avoue avoir eu pendant des années du mal avec T.V. Eye, le chant de l'Iguane m'énervait pas mal au départ sur cette chanson mais maintenant, oh behave !!), c'est une accumulation de bombasses nucléaires à fission ultra rapide. Après ces trois premiers titres, on a Dirt, 7 minutes qui viennent achever la face A sur un tempo bluesy et menaçant. Morceau intouchable et sommet de l'album, Dirt, avec sa basse fantastique et ses paroles excellentes (I've been dirt, and I dont care), est le moment de gloire du groupe, Iggy y est imparable, la guitare de Ron tisse des motifs magnifiques... Quelle meilleure manière de finir une face ? On se demande à quoi ressemblera la suite.

STOOGES 2

Dos de pochette vinyle avec le disque (pas une photo perso)

Elle sera, comme je l'ai dit, d'une dinguerie absolue. Elle s'ouvre sur les 5 minutes 15 de 1970 (I feel allriiiiiiiight !! Feeeeeeel allriiiiiiiiiight !!!). Saxophone rugissant de Mackay (qui ne semble pas en trop, il se fond parfaitement dans le paysage musical apocalyptique de cette seconde moitié d'album), un Iggy totalement allumé qui braille plus qu'il ne chante, un groupe en folie furieuse, le morceau vire, dans son final, à la cacophonie la plus absolue. Fun House (7,45 minutes), du nom de la baraque d'Ann Harbor où le groupe se planquait, est une jam tétanisante sur laquelle Iggy tente par tous moyens de s'imposer au milieu de l'ouragan. Mais, clairement, le groupe a l'ascendant sur son chanteur sur ce titre phénoménal et trippant, qui est suivi quasiment sans pause par les 5 minutes de L.A. Blues, un instrumental avec cris de rage d'Iggy, saxophone mugissant, dégueulant ses notes, saturation absolue, larsen, une sorte de version stoogienne du déjà bordélique European Son du Velvet Underground (1967). Ron Asheton chique au Hendrix live, avec sa guitare, tellement il larsène à tout va. Le morceau est limite inaudible tellement il est cintré et violent. Mais putain, que ça fait du bien, surtout écouté fort, au casque (une alternative à un rendez-vous chez l'ORL en cas de bouchon de cérumen ; ce disque devrait être remboursé par la CQ (c'est pas forcément plus court que de mettre 'sécu' mais c'est plus amusant).

STOOGES 3

Disque adulé par tous les rockers de part le monde et les Hauts-de-Seine, Fun House sera un bide à sa sortie, comme l'ensemble des albums des Stooges (ils feront encore un disque en 1973, sous l'appellation Iggy & The Stooges, le puissant et violent Raw Power produit par Bowie, avant de splitter ; leur quatrième disque, The Weirdness, raté, date de 2007). Et comme l'ensemble du répertoire stoogien, il sera rapidement culte, et anticipe, avec plusieurs années, le mouvement punk. Avec son Iggy Pop en folie (ses cris, braillements sur T.V. Eye, 1970, Fun House et L.A. Blues sont insensés, T.V. Eye s'ouvre sur un Loooooooooord !! monstrueux), sa moisson de classiques (pour faire vite et simple : il faut TOUT citer, même L.A. Blues), sa production live surpuissante (Raw Power, cependant, dans sa version remixée par Iggy en 1997, sonne mille fois plus violent : Your Pretty Face Is Going To Hell en est même inaudible à un certain volume sonore ; vraiment), Fun House est un classique, un chef d'oeuvre absolu. Le meilleur des Stooges ? Sincèrement, je pense que Raw Power est plus réussi, et il a aussi ma préférence, mais comment résister à Fun House ? En fait, entre Fun House et Raw Power, mon coeur balance vraiment, et je pense que les deux albums sont aussi quintessentiels l'un que l'autre, au même niveau, même si, niveau violence musicale, Fun House se fait bouffer par Raw Power au petit-déjeuner ! Et avec du beurre de cacahuettes, ingrédient rendu culte par Iggy Pop qui s'en tartinait la poitrine en concert... I feel allriiiiiiiiiiight !!

FACE A

Down On The Street

Loose

T.V. Eye

Dirt

FACE B

1970

Fun House

L.A. Blues