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Après le monumental If... (1988) et son hit On The Road Again, Bernard Lavilliers sort, en 1990, un live très réussi (Live On The Road Again 1989, je l'aborderai bientôt ici). Puis, en 1991, il sort un disque qui, hélas pour lui, sera un échec commercial (pas de gros tube) et une déception, en partie à cause de sa courte durée (41 minutes, 10 chansons) et du fait qu'il suit If... et n'est pas aussi bluffant. L'album s'appelle d'un étrange titre (étrange, car Lavilliers n'est pas le seul à faire ce disque) : Solo. L'album a été enregistré entre Paris (studio de la Grande Armée), Toulouse (studio Polygone), Lausanne (studio Prism) en Suisse et Manille (studio Alta Power Productions) aux Philippines. Nanard (qui tient un peu de guitare acoustique comme à son habitude) y est entouré de divers grands musiciens, dont pas mal de fidèles (Pascal Arroyo, Philippe Leroux, Sébastien Santa Maria, Marco Papazian, Janick Top, Serge Perathoner, Bernard Paganotti, Patrick Bourgoin, Celmar Angel, Christian Guizien, Walter De Araujo, Neto De Oliveira...). L'album est produit par Bernard Lavilliers.

LAVILLIERS 3

Solo n'est clairement pas l'album le plus connu de Lavilliers, il fait même partie des laissés-pour-compte de sa discographie avec Clair-Obscur, Champs Du Possible et Tout Est Permis, Rien N'Est Possible. Si les deux derniers cités ne sont pas extraordinaires, Solo est, lui, au moins aussi remarquable que le fantastique Clair-Obscur. Sur les 10 titres de l'album, seuls deux ne sont pas marquants (Noces De Sang Et Salomé, ces deux chansons ne m'ont vraiment pas convaincu), et une autre, Le Temps Passe, est pas mal, mais pas géniale non plus. Pour le reste, pour les sept chansons restantes (c'est à dire les six premières chansons et la dernière, vu que les chansons que je viens de citer sont aux pistes 7 à 9), c'est tout simplement bonnard. L'album s'ouvre divinement bien sur Faits Divers et Outremer, la première est en clip plus bas, et pour la seconde, vu que je l'ai proposée en clip hier, je ne l'ai pas remise ici. Deux chansons tout simplement sublimes, la première est très engagée. Manila Hôtel et Mr. H (très moderne, celle-là !), vraisemblablement enregistrées à Manille (les deux font allusion aux Philippines dans leurs paroles), sont très bonnes, mais c'est la paire Saïgon et Erevan (capitale de l'Arménie) qui remporte les suffrages. Il faudra, ensuite, attendre le dernier titre, Jet Lag (du nom du syndrôme du décalage horaire), pour retrouver un grand niveau sur l'album, et ça sera la conclusion, très efficace...

LAVILLIERS 2

En forme, Nanard livre un disque sublime. Une réussite certes pas aussi majeure que O Gringo, Pouvoirs, Le Stéphanois, Samedi Soir A Beyrouth ou If..., mais un disque à écouter absolument si vous aimez cet artiste. Solo fait sans doute partie des albums secondaires de Lavilliers, des albums que l'on découvre après avoir découvert et soigneusement décortiqués les classiques cités plus haut (et dans lesquels je rajoute Les Barbares et Voleur De Feu, notamment), mais tout comme Clair-Obscur (1997), il ne vous décevra pas, même si, je l'avoue, les titres 7 et 8 ne sont pas top, et le titre 9, à peine meilleur. Mais cette conclusion (malgré un ultime titre réussi) un peu flinguée ne doit pas vous empêcher d'écouter Solo, l'album offrant quand même bien plus de merveilles que de mauvaises choses. A l'arrivée, un disque méconnu, sous-estimé, mal-aimé car ayant été un bide et une déception pour les fans. Lavilliers devra attendre 1995 et Champs Du Possible (plus précisément, la réédition avec deux bonus-tracks à succès de l'album, car l'album date de 1994 à la base), pour renouer le succès, grâce à ces deux titres supplémentaires : Stand The Ghetto dans une nouvelle version et Melody Tempo Harmony, avec Jimmy Cliff. Mais les années 90 seront moyennement faciles pour le gringo, qui, plus que jamais, sera victime de son look et de sa réputation de baroudeur baraqué/mauvais garçon, caricaturé à outrance... Solo, dans un sens, c'est la fin de l'Âge d'Or 1975/1990, une longue période, richissime. Rien que parce qu'il ouvre une deuxième période moins marquante (1991/2001), ce disque est mal-aimé. Il faut donc le réhabiliter, surtout qu'il offre de grandes chansons méconnues !

Faits Divers

Outremer

Manila Hotel

Mr. H

Saïgon

Erevan

Noces De Sang

Salomé

Le Temps Passe

Jet Lag