JONASZ 1

Je vais être franc, honnête, clair et net : ce disque est un chef d'oeuvre. Et pourtant, comme je l'ai déjà dit ici à au moins trois reprises (car ce disque est le quatrième du chanteur à être abordé ici, et je l'ai déjà dit sur chacun des trois précédents articles), je ne suis vraiment pas fan de Michel Jonasz. Mais là, je dois reconnaître que, malgré le problème que je ressens à l'écoute de sa voix (elle m'emmerde, souvent, je la trouve geignarde, morne...), j'ai trouvé ce disque sorti en 1992 sous une pochette stellaire (proche de celle de Unis Vers L'Uni, grand disque de 1985) vraiment grandiose. Oui, grandiose. Ce disque est long (64 minutes pour 11 titres allant de 4 à 9 minutes), mais il s'en dégage une cohérence absolue, une ambiance (ou plutôt, des ambiances) à la fois relaxantes et désespérément tristes. Ce disque s'appelle Où Est La Source, et c'est le onzième album studio du chanteur. Il a été enregistré à Los Angeles, avec notamment la crème des musiciens du cru (Steve Gadd, Larry Carlton, Dean Parks, Paulinho Da Costa), ainsi que Jean-Yves D'Angelo (qui coproduit avec Jonasz), Abraham Laboriel, Denis Bennarosh... L'album a obtenu une Victoire de la Musique en 1993 (meilleure ingénieur du son pour Patrice Cramer) et est, pour moi, le meilleur de Jonasz.

JONASZ 2

Malgré l'absence de tubes sur ce disque, faut-il le préciser ! Car Où Est La Source ne contient pas de chansons mythiques telles Dites-Moi, Super Nana, La Boîte De Jazz, Joueurs De Blues ou Les Vacances Au Bord De La Mer. Bon, on a Arthur, chanson monumentale (de 7,30 minutes) en hommage à Arthur Simms, choriste et ami de Jonasz mort du SIDA en 1987 (c'est lui qui jouait dans Subway de Luc Besson et interprétait les deux chansons du film). Une chanson emblématique, sensationnelle, belle à faire pleurer, on sent vraiment que Jonasz était ami avec Simms (qui avait un frangin, choriste aussi, qui est mort en 2008...) et que sa mort l'a touché. Une chanson sublime, tout comme Où Est La Source (9 minutes remarquables), Taj Mahal (plus de 7 minutes de splendeur sur ce sultan ayant fait bâtir ce monument en hommage à sa femme défunte...), Lune (la chanson la plus courte et de loin, avec 4,10 minutes) et Je Descendrai La Rivière, avare en paroles, et vraiment magnifique avec cet orgue (joué par Jonasz). En revanche, si Triste Et Bleu est pas mal, cette chanson assez enlevée (comme Groove Baby Groove qui est meilleure) est un peu secondaire, et je trouve Le Piano Et Le Pianiste superbe, mais trop longue (6,35 minutes).

JONASZ 3

Enfin bon, dans l'ensemble, il est clair que cet album de Jonasz est une perle, un disque magnifique, certes triste (ce qui explique le tag 'dépression' en bas d'article, tag généralement utilisé pour parler d'un disque vraiment sombre), mais c'est une vraie splendeur. Long, aussi, et sans doute un peu trop long : il faudrait soit retirer un titre, soit (préférable) en raccourcir un ou deux, même si les trois plus longs, Où Est La Source, Arthur et Taj Mahal, sont parfaits tels qu'ils sont (paradoxal). Arthur est clairement ma préférée des chansons que je connait de Jonasz (ayant entendu quasiment tous ses disques, de son premier à Où Est La Source, j'en connaît donc pas mal !), à égalité avec Dites-Moi et Unis Vers L'Uni. Pour en revenir, en conclusion, à l'album, il offre donc des atmosphères tristes, reposantes et lunaires, si on excepte deux titres, l'album est très 'bleu' (comme sa pochette !), mélancolique et lent, ce qui peut lasser, même si, curieusement, je n'ai pas ce problème. C'est limite un album-concept, musicalement parlant, et en tout cas, le chef d'oeuvre de Jonasz. Et c'est un mec qui n'est vraiment pas fan de ce chanteur (ce qui ne m'empêche pas de respecter son oeuvre) qui le dit !

Lune

Arthur

Vivement L'Avenir

Groove Baby Groove

Une Chanson Rien Que Pour Toi

Tombent Les Feuilles

Je Descendrai La Rivière

Taj Mahal

Triste Et Bleu

Le Piano Et Le Pianiste

Où Est La Source