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C'est vrai que je suis vachement emmerdé, là. Car on pourrait poser bien des questions à propos de l'objet que je vais maintenant chroniquer... Qu'est-ce que le Penguin Cafe Orchestra ? C'est à l'origine un quartet assez frappadingue emmené par le guitariste Simon Jeffes (mort en 1997). Ensuite, et c'est là que je suis sans doute le plus emmerdé, comment décrire la musique du Penguin Cafe Orchestra ? J'ai eu du mal à ranger cet album dans une catégorie quelconque du blog. Rock expérimental ? Nan, le mot rock est utilisé à tors et à travers, et après tout, il n'est pas du tout question de rock, même expérimental, là-dedans. Finalement, je le range dans "New-age et musique contemporaine", c'est ce qui lui va le mieux... En tous cas, il va être difficile de décortiquer ce véritable OVNI musical, sorti en 1976 sous une pochette absolument magnifique, dont le seul point faible est ce fond bleu criard... Le dessin de pochette, finalement, est bien en adéquation avec le contenu. C'est-à-dire, à la fois relaxant, planant, mais aussi avec un petit côté étrange, presque flippant.

Produit par Brian Eno (belle marque de fabrique, déjà, surtout dans les années 70...), Music From The Penguin Cafe Orchestra est un album mêlant expérimentations, new-age ambiente, musique classique, jazz, post-rock et pourquoi pas, quand même, un peu de rock progressif et expérimental. L'album se divise en 5 pièces dont une en sept sous-parties, Zopf, enregistrée à six, soit un peu plus que le groupe original. Dans sa globalité, Music From The Penguin Cafe Orchestra est l'album idéal pour bien dormir, ce qui contrairement à l'apparence, n'est pas un reproche. Nous voilà face à une oeuvre planante, inimaginablement relaxante. L'ambiance est donnée dès le premier morceau, Penguin Cafe Single: des violons, et des claviers 70's (organ, qu'ils diraient) de toute beauté. Une homogénéité incroyable, espèce de fusion/foutoir musical des plus inclassables, mais qui ne veille qu'à la bonne santé des tympans de l'auditeur, malgré que quelquefois, le morceau s'emballe imprévisiblement. Peu, mais assez pour qu'on le remarque. Dès lors, les violons se font Crimsoniens, saccadés à la Larks' Tongues In Aspic... Le groupe des pingouins va miser tout au long de l'album sur cette ambiance de relaxation oppressante, comme sur le sublimissime et long (presque 12 minutes) The Sound Of Someone You Love Who's Going Away And It Doesn't Matter (on prend une grannnnnnde respiration !!), à peu près la même recette en remplaçant les claviers par une merveilleuse gratte. La suite Zopf constituée de morceaux indépendants s'avère plus traditionnelle et moins ambiente, même si pas tout à fait grand public non plus. Mais de merveilleuses envolées dans ce morceau, comme From The Colonies ou Pigtail

La fin de l'album est plus sombre. Hugebaby invoquerait presque une part de stress chez l'auditeur et est très réussie. Enfin, l'immense conclusion Chartered Fight, mon morceau préféré de l'album, achèvera les sceptiques: une merveille hors du temps, qui emporte absolument tout sur son passage rêveur et me laisse des frissons. Une guitare paradisiaque, les violons qui... le sont aussi... Bref, miam, un final divin qui fait qu'on en veut encore. Bien sûr, ces quelques mots pris à vif ne sont que mes premières impressions sur ce disque découvert tout récemment, faisant partie des choses étranges dont on ne sait même pas qu'elles existent et que l'on prend dans la face du jour au lendemain (comme ça avait été le cas pour Feedbacker de Boris, également abordé ici par mes soins !)... Mais nul doute que l'OVNI que représente cet album est à découvrir sans plus attendre, surtout si vous aimez le Brian Eno des grands jours, ou Mike Oldfield quand il se fait relax. Et pour finir, même s'il ne s'agit pas d'une lectrice de ce blog, un hénaurme merci pour la découverte à Barbara G., amie du collège aux excellents goûts musicaux !

musicFromThePenguinCafe

Chronique complémentaire de ClashDoherty :

Koamae avait abordé ce disque, ici, en mai 2012, me le faisant découvrir par ailleurs, et le faisant par la même occasion découvrir, sans doute, à plein d'autres gens ayant lu son article ici. A ma grande shuma, je dois reconnaître qu'avant cet article de Koamae (ancien chroniqueur du blog ; je dis 'ancien', car il n'a malheureusement plus le temps d'écrire, je ne lui en veux pas, je sais ce que c'est), j'ignorais totalement l'existence de ce groupe, un groupe au nom bien rigolo, le Penguin Cafe Orchestra. Caisse ? Euh, je veux dire : qu'est-ce ? Hé bien, c'est un des groupes les plus cintrés et originaux qui soient, au même titre que les Residents, mais dans un registre plus calme et 'classique'. C'est cependant quelque chose d'assez inclassable, sorte de croisement entre du rock, du jazz, de l'expérimental et de la musique ambient/new-age à la Brian Eno (qui, par ailleurs, est producteur exécutif de cet album, sorti en 1976, premier opus du groupe, et intitulé, donc, Music From The Penguin Cafe). La pochette est aussi amusante que le nom du groupe, on y voit deux pingouins sous un parasol, dans un décor pastoral, l'un est assis, en jaune, adossé à une table de bistrot avec verre et bouteille à proximité, et l'autre est début, sans tenue, en pingouin de base quoi, et difficile de ne pas voir en lui un serveur de bistrot (le nom du groupe y est aussi pour beaucoup) ! Une peinture signée Emily Young, laquelle pose des voix de ci de là dans les sept segments de ce qui est, sur l'album, baptisé étrangement la suite Zopf.

Les musiciens du Penguin Cafe Orchestra sont Simon Jeffes (guitare), Steve Nye (piano électrique), Helen Liebmann (violoncelle) et Gavyn Wright (violon), du moins, pour quatre des onze titres de l'album (qui dure 43 minutes en tout). La suite Zopf, elle, qui contient sept titres (des pistes 2 à 8 de l'album, quasiment toute la face A), fait aussi intervenir Emily Young (vocaux) et Neil Rennie (ukelele sur un titre), Gavyn Wright y joue de la viola en plus de son violon, et Jeffes y joue de plein d'instruments en plus de sa guitare. Qunt à Nye, il s'y contente d'enregistrer et mixer le tout, sans rien jouer. Compliqué ? Pas autant que ce que l'on entend sur l'album, croyez-moi. Tour à tour enchanteur ou inquiétant, Music From The Penguin Cafe est un OMNI (Objet Musical Non-Identifié) qui rappelle le meilleur de Brian Eno (pour l'époque, ce meilleur, c'était (No Pussyfooting) avec Robert Fripp en 1973 et le plus conventionnel Another Green World en 1975, et c'est surtout ce second album cité que l'album du PCO rappelle fortement par moments). Autant le dire, c'est très space (les quasi-12 minutes de The Sound Of Someone You Love Who's Going Away And It Doesn't Matter, dont même le titre est long et étrange : 'le son de quelqu'un que vous aimez et qui se barre, ce qui n'a aucune importance'), et Koamae a raison de dire que Hugebaby est limite oppressant, flippant (stressant, comme Koamae le dit), ce morceau est un des plus étranges du lot. Et Chartering Flight est immense, en effet, mais ce que je préfère, ici, reste la suite Zopf : In A Syney Motel, Pigtail, Coronation, From The Colonies, autant de grands moments... Voilà pour ce disque. Un album étonnant, très particulier, relaxant et par moments un peu stressant (paradoxe), vraiment inoubliable, même s'il vous faudra sans doute quelques écoutes.

FACE A

Penguin Cafe Single

Zopf: From The Colonies / In A Sydney Motel / Surface Tension / Milk / Coronation / Gilles Farnaby's Dream / Pigtail

FACE B

The Sound Of Someone You Love Who's Going Away And It Doesn't Matter

Hugebaby

Chartered Fright