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Place cette fois-ci à Bernard Lavilliers, pour une liste de ses, selon moi, 10 meilleurs morceaux !

74080233_pTraffic (1980) : Tuerie rock ultra efficace. Claviers très ancrés dans leur époque, mais qui vieillissent plutôt bien. Refrain fédérateur (Que veux-tu que je sois, dans cette société-là...), durée parfaite (5,30 minutes) pour ce Traffic mémorable, un des maillons forts (il y en à beaucoup) de l'album O Gringo de 1980, qui sera LE disque qui révèlera définitivement Lavilliers à la face du monde. L'album, en effet, offre aussi La Salsa, Kingston, Stand The Ghetto, Attention Fragile... 44 minutes de bonheur. Un des deux morceaux rock de l'album avec Rock City, et le meilleur de l'album selon moi (tous genres confondus).

74080199_pUrubus (1979) : Le sommet de la suite La Peur, qui occupe la face A de Pouvoirs (8 titres - sur 6 plages audio - pour 17 minutes conceptuelles). Urubus (se prononce 'ouroubou') parle des financiers, businessmen, que Lavilliers compare aux urubus, les vautours américains (au nom si africain), les charognards ne laissant rien, pas même les restes. Un cri de rage, de révolte, contre la société capitaliste, une des chansons les plus teigneuses, violentes, engagées d'un Lavilliers qui n'a, de toute façon, jamais été du côté des puissants. Chant habité, musique grandiose, montée en puissance durant 4,37 minutes, Urubus est une claque gigantesque en pleine gueule.

74080160_pLes Barbares (1976) : Le Lavilliers encore très influencé par Ferré, le dernier album de Lavilliers avant que, de son propre avis, il n'obtienne vraiment un son de groupe avec 15ème Round (album suivant). Premier album chez Barclay après des débuts chez Motors, Les Barbares offre Fensch Vallée, Berceuse Pour Une Shootée, Junkie... Et aussi et surtout les 5 minutes de la chanson-titre, que Lavilliers refera en version new-wave en 1981 sur Nuit D'Amour (ce qui explique la mention 'version 1976' sur le CD des Barbares !). Une chanson engagée, puissante, avec peu de moyens mais beaucoup de force de conviction. Oh mon amour, emporte-moi, emporte-moi loin de la zone...

75402461_pStand The Ghetto (1980) : Un de ses meilleurs reggaes. Voire le meilleur. Chanson cultissime que Lavilliers fera souvent durer en live (la version du Live Tour 80 dure 14 minutes ; le morceau de base dure environ 10 minutes de moins !), et qui sera son premier gros, gros tube. Un classique parmi les classiques, il n'est pas en premier dans la liste (seulement en quatrième), car les trois précédents morceaux de la liste sont supérieurs (mais différents, aussi, ce ne sont pas des reggaes). Mais bon, Stand The Ghetto est juste surpuissant et mythique.

74080189_pNoir Et Blanc (1986) : Immense chanson contre l'Appartheid. Issue de l'album Voleur De Feu, elle se trouvait, en vinyle, sur un second disque 33-tours glissé dans la pochette, avec Seigneur De Guerre en face B (afin de permettre une meilleure qualité sonore, Lavilliers a souvent fait ça avec ses albums : il les sortait en double vinyle pour le prix d'un simple, avec deux morceaux séparés des autres, afin que les sillons du disque soient plus écartés, qu'il y ait plus de place sur les faces, et que le son soit meilleur). Une chanson mythique, au refrain culte (La musique est un cri qui vient de l'intérieur), une chanson très ancrée dans son temps (claviers superbes), un classique absolu de plus ! Accessoirement la meilleure de l'album, lequel est loin d'être mauvais, très loin même !

74080184_pOn The Road Again (1988) : Pour beaucoup, LE tube de Nanard. Et en effet, c'est clairement une de ses chansons, voire sa chanson la plus connue et diffusée en radio. Issue d'un album remarquable et assez sombre (If... et sa pochette signée, pour la photo, Karl Lagerfeld), On The Road Again est un classique parmi les classiques, je ne l'ai pas placé dans les 5 premiers car il y à encore plus fort, mais on ne saurait aimer Lavilliers sans aimer cette chanson profondément mélancolique. Encore une fois, pas la seule grande chanson de l'album, mais probablement la meilleure. If... est à écouter, de toute façon, c'est un des essentiels de Lavilliers.

74080199_pFortalerza (1979) : La face B de Pouvoirs, indépendante de la A (qui offre une suite de morceaux sur le même concept), s'ouvre en beauté avec cette merveille acoustique au fort parfum latino. Fortalerza (aussi crédité sans le 'r' du titre : sur le vinyle original, il y à le 'r', qui a disparu des autres crédits des albums proposant ce titre) est une pure merveille. La chanson se passe au Brésil, Fortale(r)za étant le nom d'une ville brésilienne, où, sous la véranda, une jeune femme, métisse d'indienne et de SS, attend le narrateur. Une flûte sublime, une guitare acoustique qui ne l'est pas moins... Ce morceau est un des nombreux sommets de cet album puissant (le meilleur de Lavilliers selon moi, dommage qu'il fut un échec commercial).

74080151_pLa Grande Marée (1975) : Si pas mal de fans estiment que San Salvador est le sommet de l'album Le Stéphanois, pour moi c'est le conte d'anticipation La Grande Marée. Une chanson tout simplement remarquable, interprétée par un Lavilliers au sommet de son art (enfin, il sera encore plus au sommet par la suite ; en 1975, il commence tout juste à se faire connaître, c'est pas encore totalement ça). Un des nombreux sommets du chanteur, et la meilleure chanson d'un album qui, cependant, offre vraiment beaucoup d'excellents titres. Poétique et fort.

74080223_pBetty (1981) : Un des sommets de Nuit D'Amour. Une chanson écrite pour une femme emprisonnée. Est-ce une amie de Lavilliers, ou bien une femme qu'il ne connaît pas mais dont il veut partager la souffrance d'être en taule ? Toujours est-il que ce Betty plein de douleur, de douceur aussi (c'est une chanson intimiste, acoustique, sobre), est une incontestable réussite, à la fois plaidoyer et chanson engagée contre le système pénitentiaire. Probablement le sommet de Nuit D'Amour, en fait, même si La Malédiction Du Voyageur, Pigalle La Blanche et Night Bird sont aussi fantastiques.

74080199_pSoeur De La Zone (1979) : Placé dernier dans la liste des 10 meilleurs morceaux de Nanard selon moi, mais sachez que si la liste était par ordre de préférence, si c'était une liste de mes 10 morceaux préférés, alors Soeur De La Zone serait en top position. Morceau scandaleusement court (2,20 minutes) et peu connu, faisant partie de la suite La Peur, qui occupe la face A de Pouvoirs. Un morceau très rock, avec un saxophone sensationnel d'Alain Hatot, et des claviers (de François Bréant) géniaux. Une atmosphère parfaite plane tout du long de la suite La Peur, dont ce morceau est, avec Urubus, une des clé de voûte. Immense. Mais, si on compare avec les 9 autres morceaux de la liste, il arrive dernier, en grande partie à cause de sa durée rikiki.