BK1

Comment vous dire, euh...

Je surkiffe cet album.

Interstellairement, atomiquement, hystériquement, sexuellement, monumentalement. 

Très.

Beaucoup.

Voilà-voilà, allez, salut ! et à la prochaine. Nan, c'est pas vrai, revenez. Mais bon, autant que vous le sachiez, je vais sans doute avoir du mal à en parler de cet album, que vraiment j'adore à peu près autant que ce que j'ai tenté d'expliquer  juste au-dessus. Ce fut ma clé pour la porte d'entrée dans l'univers des Black Keys (une clé pour les Clés ! Ah ah ah ah ah, mais je suis vraiment con, moi, c'est pas possible autrement), je l'ai découvert à peu près au moment de sa sortie, en 2011. Leslie avait, ici, en son temps, soit en 2010 (en fait, non, en 2011, mais en tout début d'année), parlé ici de leur album Brothers, et j'avais découvert l'existence de ce groupe par la même occasion. La chronique m'avait fortement donné envie d'écouter le disque, mais au final, c'est El Camino, le suivant, qui fut mon premier. Brothers a suivi juste après. Et les autres, tous les autres. Autant j'ai acheté Brothers et les autres, autant El Camino, je l'ai d'abord emprunté à la médiathèque. Ce fut tellement le choc que je l'ai acheté en CD (et par la suite, en glorieux vinyle) alors que je n'avais pas encore rendu mon exemplaire à la médiathèque ! Pendant plus d'un an, j'ai beaucoup-beaucoup écouté ce disque, les autres du groupe aussi, mais surtout celui-ci, qui me procurait des trucs pas facilement explicables : l'impression d'avoir affaire au premier album de rock des années 2000, depuis Songs For The Deaf des Queens Of The Stone Age (2002, quand même). Carrément, rondement, triangulairement, parallélipipédement...

Très.

Beaucoup.

BK2

Les Black Keys est un duo, originaire d'Akron, Ohio, et constitué de Dan Auerbach (chant, guitare) et Patrick Carney (batterie, allure de nerd). Les premiers albums étaient du pur rock préhistorique (Rubber Factory...), un peu comme ceux des White Stripes, qui ont démarré à peu près en même temps (un petit peu avant). En 200, les Clés Noires trouvent ue manière d'amplifier leur son : ils collaborent avec Danger Mouse, fameux producteur. Attack & Release. Puis Brothers en 2010, consécration (Tighten Up). Et cet El Camino (dont la pochette, il me semble, ne représente pas un El Camino, modèle de voiture) aussi serré qu'un café italien, 38 minutes, 11 titres, aucune ballade lacrymale à la mords-moi-le-noeud-avec-le-dentier-du-voisin-décédé-cette-nuit-d'une-attaque-en-te-voyant-pénétrer-chez-lui-par-effraction-pour-le-lui-voler. L'albm, tout comme le précédent (et sa pochette en allusion à un album de Howlin' Wolf, et au lettrage Cooper Black tiré de Pet Sounds), sera un gros succès commercial. Pendant au moins un an, voire deux, et en fait, c'est encore le cas de temps en temps, il était difficile de ne pas écouter des extraits d'au moins un morceau de l'album - et jamais le même ! Lonely Boy, Gold On The Ceiling, Dead And Gone... - en guise de fond sonore d'un reportage dans une émission de sports genre "Auto Moto", "Téléfoot", "Stade 2"...ou bien en fond sonore rajouté pour la bande annonce d'un film sur TF1 (dans lequel aucune chanson de l'album ne figure, évidemment, au final). Pendant un temps, ce groupe était totalement hype à la TV. En même temps, c'est quoi, ce disque ? Du rock bien nerveux, trippant, sans temps morts, sans répit, sans haine, ni armes, ni violence non plus. Idéal pour les virées en voiture, idéal aussi pour le fond sonore, idéal pour aider à se réveiller le matin, idéal pour se détendre le soir, El Camino est un modèle de bon goût qui ne force rien ni personne : c'est totalement accessible, sans paraître mainstream ou putassier. 

Très.

Beaucoup.

BK3

Dès le premier morceau, Lonely Boy, et son riff bien tuant, on assiste à une alchimie qui pourrait sembler un peu incongrue (mais qui, en fait, reprend, c'est vrai, la formule de Brothers) : un crossover entre rock binaire et ambiance soul/funk (les choeurs, assurés par Auerbach et trois choristes féminins, sont enivrants), la production de Danger Mouse, aussi claviériste sur le disque, est un sans-fautes total. Mais alors to-tal. Impossible de s'emmerder ici, ou alors je ne sais pas comment vous avez été montés en usine. Les morceaux se suivent, sans se ressembler, même si tous ont leur côté pas le temps de vous proposer des envolées progressives ou des ballades lacrymales. Tous les morceaux oscillent dans les 3 minutes, sauf un qui en fait un petit peu plus de 4. Que dire face à ce Sister mortel ? Ou bien Little Black Submarines, le morceau le plus long, d'abord assez calme, avant de s'achever en petite explosion ? Ou bien Mind Eraser, ce final anthologique ? Ou bien Money Maker, Gold On The Ceiling, Nova Baby (terriblement soul, celui-là) ou le faussement anodin (il semble clairement le morceau le moins bon, au départ ; au final, aucun n'est moins bon que les autres) Stop Stop ? Non, vraiment, rien à dire, cet album est un sans-fautes absolu, le genre de disque qui m'accompagne depuis presque 10 ans (il est sorti en décembre 2011, je l'ai découvert, je pense, en février 2012, donc ça fait 9 ans) sans que jamais je n'ai ressenti la moindre petite lassitude. Les deux suivants, Turn Blue et Let's Rock, et surtout Turn Blue (plus soul, toujours avec Danger Mouse), sont réussis aussi, mais à ce jour, la maestria totale d'El Camino n'a pas encore été dépassée par ce groupe peu actif (ils bossent lentement ; leurs deux albums suivants datent respectivement de 2014 et 2019...) mais bluffant. Putain d'album, vraiment. 

Très.

Beaucoup.

FACE A

Lonely Boy

Dead And Gone

Gold On The Ceiling

Little Black Submarines

Money Maker

FACE B

Run Right Back

Sister

Hell Of A Season

Stop Stop

Nova Baby

Mind Eraser