BK 1

J'avais déjà abordé ce disque en mai dernier, mais il me fallait vraiment le réaborder, because il devient très fortement un de mes disques de chevet parmi les plus importants qui soient. Ce disque, c'est le sixième et, à l'heure actuelle, dernier album studio des Black Keys, et il est sorti en 2011. Il s'appelle El Camino, titre qui signifie 'le chemin' en espagnol, mais est aussi le nom d'un modèle de Coupé Chevrolet. Chose amusante, la voiture sur la pochette recto (qui fut le van utilisé par le duo formant le groupe, durant leurs virées) n'est pas un El Camino, malgré le titre. M'y connaissant remarquablement peu en bagnoles, je ne sais pas si une des nombreuses voitures présentes dans le livret (qui ne comprend que des photos de voitures) et la pochette cartonnée doublement dépliante est un El Camino. Sans doute que non, ça ne m'étonnerait pas d'eux... Sinon, ce disque, court (38 minutes, 11 titres), co-écrit par le groupe et leur producteur Danger Mouse, est une tuerie sortie à peine un an après le monumental (et plus long : 15 titres, 55 minutes) Brothers, qui a fait des Black Keys des stars du rock, qui les a révélés, en somme. El Camino reprend la formule gagnante de ce disque majeur, et il est même, selon moi, plus majeur encore que Brothers, et c'est pas rien, vous pouvez me croire !

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Le caveman et le geek : Auerbach et Carney

Il faut dire que Dan Auerbach (chant, guitare, basse) et Patrick Carney (batterie, percussions), aidés de Danger Mouse aux claviers et de choeurs féminins très funk/soul, ont mis la barre à un niveau tellement bluffant, pour ce disque, qu'il leur sera sans doute difficile de faire mieux avec le suivant. J'ai déjà hâte de l'écouter, ce suivant, alors que pour le moment, rien n'est dit, on ne sait pas quand le groupe refera un disque (cette année ? En 2014 ? wait and see). En tout cas, El Camino est typiquement le genre de disque qui fait redonner espoir dans le rock. A la sortie de l'album, Rock'n'Folk offrira la couv' au groupe, et, un mois avant, boostera l'album 'disque du mois'. Le critique qualifiera les Keys de version moderne de Creedence Clearwater Revival, pour leur style très simpliste et back to the bone, et aussi le fait qu'ils ont beaucoup de mal à décevoir, même en essayant très fort. J'ai beau chercher, je ne vois rien de mauvais à dire sur El Camino, tout au plus Stop Stop est la chanson la moins percutante de l'ensemble, mais elle n'en demeure pas moins très réussie dans son genre (c'est la plus pop du lot). Sinon, production brute, avec des touches funky et space (les claviers de Danger Mouse, sur Hell Of A Season, Run Right Back, par exemple, sont grandioses, simples, sobres, pile ce qu'il faut), chant décontracté, choeurs féminins en contrepoints parfaits (Dead And Gone, Hell Of A Season, Lonely Boy...). Le groupe se permet même de s'offrir sa propre version de Stairway To Heaven : Little Black Submarines. En citant la chanson de Led Zeppelin, je veux dire par là qu'avec Little Black Submarines, les Keys ont trouvé leur chanson majeure. D'abord acoustique, la chanson vire à l'électrique dans un break de folie, passe de la folk au rock bien bourrin.

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Des chansons majeures, sinon, El Camino en offre d'autres : Sister est une tuerie, Mind Eraser aussi, Lonely Boy (un tube) ouvre le disque à la perfection, Hell Of A Season, Nova Baby, Dead And Gone, Gold On The Ceiling, Money Maker défoncent tout, il faudrait tout citer, et c'est grosso merdo ce que j'ai fait dans ma chronique. Monstrueux, ce disque s'écoute et se réécoute sans problème, il est même trop court, on aurait adoré quelques titres de plus. Je m'écoute très souvent El Camino depuis plusieurs mois, toujours avec la même passion, ce disque est un peu pour les Black Keys ce que le quatrième album sans titre est pour Led Zeppelin, ou Exile On Main St. pour les Stones : le sommet, le disque de référence, du moins, pour moi. Je ne connais pas encore toute la discographie du groupe (il me reste à découvrir les trois premiers albums, les quatre premiers en fait, même si je vais recevoir par la Poste Magic Potion, leur quatrième, de 2006, d'ici quelques jours), donc cette déclaration (le sommet du groupe) est personnelle et subjective ; selon Leslie Barsonsec (chroniqueur occasionnel du blog, ami internaute, fan du groupe), Rubber Factory (2004) et Thickfreakness (2003) sont démentiels. Et le premier opus (The Big Come Up, 2001) serait excellent. Je le saurai bientôt, ayant l'intention de me les payer, mais en attendant, c'est officiel, El Camino me rend fou, c'est un chef d'oeuvre absolu et le disque de 2011 pour moi (pour le rock) !

Lonely Boy

Dead And Gone

Gold On The Ceiling

Little Black Submarines

Money Maker

Run Right Back

Sister

Hell Of A Season

Stop Stop

Nova Baby

Mind Eraser