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Alors là, je sais que je vais en fâcher quelques uns. Non, je dis comme ça, et si ça se trouve, je ne fâcherai personne (Koamae excepté, ah ah ah), mais je sais que chez les fans de Supertramp, ce disque est généralement considéré comme un des tout meilleurs albums, avec Crime Of The Century (1974) et Breakfast In America (1979). Aucun souci pour les deux autres cités, ils sont géniaux, et oui, ce sont les meilleurs de Supertramp. Mais Even In The Quiestest Moments..., désolé, j'ai beaucoup de mal à le voir aussi grandiose que ces deux albums. Il date de 1977, cet album, et est sorti sous une pochette non truquée, un piano à queue sous la neige, avec une partition titrée Fool's Overture (nom du plus long morceau de l'album). En fait, la partition n'est pas celle de ce long morceau, mais celle de l'hymne américain, The Star-Spangled Banner ! La photo a été prise au Caribou Ranch (Colorado), un des lieux d'enregistrement de l'album (l'autre est le Record Plant de Los Angeles). Even In The Quietest Moments... est donc un disque de Supertramp, groupe britannique de rock à tendance progressif. C'est même le cinquième opus studio (et tout court) du groupe, lequel est constitué de Rick Davies (chant, claviers), Roger Hogdson (chant, guitare, claviers), Dougie Thompson (basse), Bob Siebenberg (aussi connu sous le nom de Bob C. Benberg, batterie, percussions) et John A. Helliwell (saxophone et autres instrument à vent). Le disque, produit par le groupe, dure 43 minutes, pour seulement 7 titres. Il sera un gros succès à sa sortie, grâce à un single fédérateur.

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Sous-pochette (recto)

Ce single est d'ailleurs un des rares morceaux de l'album qui me plaisent réellement : Give A Little Bit, qui ouvre le bal. Il faut dire ce qui est, c'est une remarquable chanson, son intro (guitare acoustique, très folk) est magnifique, c'est pop, frais, sautillant, léger comme une bulle de savon, et magnifiquement interprété par Hogdson (qui, au fait, chante sur quatre des sept titres, Davies chante les trois autres). Un tube, un classique, une des meilleures chansons de Super-Clodo (traduction du nom du groupe). Hogdson chante aussi sur le morceau-titre, Even In The Quietest Moments, qui est pas mal du tout, un peu long cependant (plus de 6 minutes), mais vraiment très joli, une chanson démarrant en douceur et se finissant en apothéose. Il chante aussi sur Babaji, plus remuant, qui ouvrait la face B et est, elle, moins marquante à mes oreilles, et sur le long (11 minutes !) Fool's Overture final, un Kougloff musical, un morceau progressif, rempli de changements de rythmes, contenant de jolis passages (le début, notamment), mais, sincèrement, trop long et surchargé, limite pompeux. Davies, quand à lui, chante sur trois titres, de sa voix posée, calme : Lover Boy est le meilleur des trois, un morceau long (plus de 6 minutes !) mais parfait, une chanson entraînante, pop, efficace. Le piano est irrésistible. En revanche, le court Downstream m'a toujours emmerdé au plus haut point, probablement le point faible de l'album (avec la durée de Fool's Overture). Il reste à aborder From Now On, chanson longue (plus de 6 minutes, encore) mais très sympathique, pas un sommet, mais elle se finit nettement mieux qu'elle ne commence. Mélodie remarquable.

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Thompson, Siebenberg, Helliwell, Hogdson, Davies

Enfin bon, dans l'ensemble, la face B d'Even In The Quietest Moments... est, il faut l'avouer, moins réussie que la face A. L'album, aussi, est long (disons plutôt que les morceaux sont en général un peu trop longs, comme le morceau-titre, From Now On ou Fool's Overture ; Lover Boy est certes longue, mais ça passe sans problème pour elle, c'est l'exception confirmant la règle). L'album contient de très belles chansons, Give A Little Bit, Lover Boy, la chanson-titre, From Now On, mais est, quand même, un peu inégal, et sincèrement, si je le compare avec Crime Of The Century, Breakfast In America et même avec Crisis ? What Crisis ? (1975, album précédent, album parfois mal-aimé, considéré comme mineur, avec peu de classiques dessus), et même avec Indelibly Stamped (1971, album peu connu, d'avant le succès et la formation majeure du groupe), alors, désolé pour les fans de cet album au piano enneigé, mais il passe loin derrière selon moi. Je l'ai toujours trouvé décevant, ce disque, malgré ses trois premières chansons (soit quasiment toute la première face, ce qui n'est pas rien, diront certains). Un cru sympathique, mais pas un des meilleurs, et en tout cas, pas le meilleur du groupe. Mais ce n'est pas nul non plus, ça, je suis tout à fait enclin à l'admettre, et sans problème !

FACE A

Give A Little Bit

Lover Boy

Even In The Quietest Moments

Downstream

FACE B

Babaji

From Now On

Fool's Overture