46769444_p

Voici une nouvelle série d'articles, une nouvelle catégorie : une mini-liste répertoriant, par ordre de préférence, 10 morceaux d'un groupe ou artiste, leurs 10 meilleurs (selon moi). On commence cette série avec Pink Floyd, indéniablement mon groupe préféré au monde. L'ordre choisi est simplement du meilleur au...moins meilleur ! Avec, à chaque fois, le visuel de l'album sur lequel se trouve la chanson (ou l'instrumental ; enfin, le morceau, quoi) choisi, et un petit descriptif.

62402826_pEchoes (1971) : Que dire qui n'a déjà été dit cent fois, mille fois, un milliard de fois ? 23,35 minutes de pur bonheur achevant Meddle, et occupant même l'entièreté de la face B de cet album de 1971. Un régal de rock planant, indéniablement le sommet de cet album un peu trop zen et facile pour moi, et, évidemment, sinon il ne serait pas en première position, le sommet entier du groupe, alors dans son Âge d'Or et dans une période cruciale (deux ans avant la consécration ultime de The Dark Side Of The Moon). Echoes peut sauver des vies, et créer des vocations de fan de rock progressif et de Pink Floyd. La perfection se passe de commentaires sur ce qu'on trouve, musicalement, tout du long. Je précise cependant que je vénère le passage 'sirénien' du centre du morceau, sans doute le seul passage oppressant de tout l'album...

62402795_pA Saucerful Of Secrets (1968) :Quasiment 12 minutes remarquables, ouvrant avec force la face B de l'album portant son nom (le deuxième album du groupe et le seul avec 5 membres dans le Floyd : Gilmour est arrivé, Barrett n'est pas encore parti, mais partira très peu de temps après). Instrumental, A Saucerful Of Secrets sera un cheval de bataille du Floyd en live durant une partie de leur existence (dès 1972 environ, ils ne le joueront plus trop, étant passé à un style moins expérimental). Quatre sous-parties, d'abord oppressante, puis un court solo de batterie agrémenté d'une guitare saturée, enfin de magnifiques harmonies vocales pour achever le morceau en beauté. Encore une fois, comme pour Echoes, la perfection se passe, en fait, de commentaires. Mea culpa, donc, pour avoir essayé d'en parler dans le détail.

62402925_pHigh Hopes (1994) : La dernière chanson du dernier album du groupe. Le chant d'adieu. Une pure merveille qui me file toujours des frissons et des picotements oculaires. Rien que le solo de guitare final, qui s'en va en fade (pour moi le défaut du morceau, ce final en fade : le son de cette guitare est si beau et puissant qu'il aurait mérité d'être totalement audible jusqu'au bout ! Je monte toujours le son progressivement, dans le final, jusqu'à ne plus rien entendre), rien que ce final, donc, est admirable. Ecoutez la guitare, elle semble, littéralement, pleurer ses notes, l'air de dire cette fois, c'est fini. Sinon, les paroles, l'interprétation, tout est fantastique ici. La meilleure 'chanson classique' (c'est à dire, pas longue de plusieurs dizaines de minutes comme Echoes, qui est aussi chanté) du groupe.

62402875_pShine On, You Crazy Diamond (1975) : Là, je triche un peu : ce morceau est en fait deux morceaux, un de 13,30 minutes et un de 12,20 minutes, respectivement en ouverture et clôture de Wish You Were Here. Mais je comptabilise l'ensemble en un morceau de quasiment 26 minutes de pur chef d'oeuvre progressif en hommage à Syd Barrett, le 'diamant fou' du groupe, qui leur rendra d'ailleurs une visite impromptue en 1974 durant l'enregistrement du disque à Abbey Road (Waters ne le reconnaîtra pas dans un premier temps, et fondra en larmes par la suite quand on lui dira qui c'était ; Barrett était en effet méconnaissable). Shine On, You Crazy Diamond sera joué live jusqu'à la fin du groupe. C'est le sommet de la troisième partie de leur carrière (1972/1981), leur première partie étant 1966/1967, et la seconde, 1968/1971 (et la dernière, 1982/1994). Encore une fois, la maestria se passe de commentaires.

62402932_pComfortably Numb (1979) : Le sommet de The Wall, chant du cygne du Floyd classique (dernier album où le groupe est à quatre, et jouent tous ensemble ; Wright sera viré par Waters en 1981, et Waters partira en 1984). Une chanson monstrueuse sur la drogue et le show-business, qui sera, en live, prétexte à des soli de guitare marathoniens de Gilmour. A ce titre, la version live de P.U.L.S.E. (1994) est juste surpuissante, mille fois meilleure que la version studio. Une autre grande version, celle de Delicate Sound Of Thunder (1988). Mais cette liste n'aborde que les morceaux studio originaux, sinon ça serait trop facile... Comfortably Numb est un chef d'oeuvre, qui me file toujours des frissons (l'irruption de la guitare pour le solo...). Inoubliable.

62402819_pAtom Heart Mother (1970) : 23,40 minutes ouvrant l'album du même nom, occupant d'ailleurs toute la première face. Instrumental fait en collaboration avec Ron Geesin (un spécialiste de la musique expérimentale et contemporaine), qui est crédité officiellement, Atom Heart Mother est scindé en six sous-parties dont l'emplacement a toujours été une source de frictions chez les fans : hormis pour la première partie (là, c'est facile : le morceau s'ouvre en même temps qu'elle !), difficile d'être d'accord sur la durée précise de chacune des parties. Dans un sens, on s'en fout, car l'ensemble, malgré un son parfois plat (batterie), est d'une telle maestria qu'on en sort à genoux. On notera un solo de guitare grandiose, un passage oppressant et bruitiste vers la fin, et des choeurs (John Aldiss Choir) assez glaçants. Une bombe expérimentale, le chant du cygne du Floyd cherchant la complexité plutôt que le succès commercial et l'accessibilité, The Dark Side Of The Moon n'a jamais été aussi loin !

62402801_pCymbaline (1969) : Issu de More Soundtrack, musique du film More de Barbet Schroeder, Cymbaline est une pure merveille oppressante, le groupe était très expérimental et oppressant entre 1968 et 1970, leur musique était souvent pleine de violence latente et de folie. Paroles assez étranges, orgue sensationnel et inquiétant de Wright qui achève le morceau en apothéose, Cymbaline est sans aucun doute le sommet de cet album de bande-son, lequel est une vraie réussite. Le chant de Gilmour est parfait. A noter que dans le film, on a une version un peu différente (paroles, manière de chanter), mais aussi interprétée par Gilmour !

62402795_pSet The Controls For The Heart Of The Sun (1968) : Un régal apparemment inspiré par le I-Ching, un recueil de poésie mystique chinois (qui a aussi inspiré Syd Barrett pour Chapter 24 de The Piper At The Gates Of Dawn). En live (Ummagumma, Live A Pompéi), ce morceau sera encore plus sublime, mais comme je l'ai précisé pour Comfortably Numb, cette liste n'aborde que les titres studio originaux. Un morceau lent, passionnant, contemplatif, interprété par un Waters sensationnel. Un morceau distillant une atmosphère relaxante au possible, et très spatiarde. C'est le second meilleur morceau de l'album A Saucerful Of Secrets, et le meilleur morceau de l'album parmi les chansons (le meilleur morceau de l'album étant, on le sait, un instrumental).

62402937_pThe Final Cut (1983) : Waters en état de grâce sur l'ensemble de cet album mal-aimé, incompris, renié, globalement même détesté, et que pas mal de fans du groupe aimeraient sans doute voir supprimé de la discographie floydienne. Pas mal de fans, aussi, adorent The Final Cut, dont moi. Il faut savoir apprendre à le séparer du reste des albums, en fait. Cette chanson parlant entre autres de suicide (le final) me fera toujours monter les

62402801_pCirrus Minor (1969) : L'ouverture de l'album de la bande-son du film More (More Soundtrack) est aussi une des meilleures ouvertures d'albums du groupe. Un morceau assez gothique, hypnotique, avec une partition d'orgue de Rick Wright qui vous hantera longtemps encore après l'écoute, et un chant volontairement morne de Gilmour. La chanson, qui sera reprise notamment par Etienne Daho (un bonus-track de l'édition collector de son album L'Invitation), est une pure splendeur mélancolique, hypnotique, vaguement oppressante malgré son côté contemplatif (l'orgue). Paroles bien space, aussi : On a trip to Cirrus Minor, saw a crater in the sun, a thousand miles of moonlight later...