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Cinq ans à peine après son excellent Avril (un disque qui prenait son temps, super agréable à écouter), Laurent Voulzy, qui nous avait appris, habitués, à l'attendre longtemps (un disque tous les neuf ans depuis 1983, c'est pas mal, non ?), va surprendre tout le monde avec un nouvel album. La Septième Vague, sorti en 2006, précisément, et que j'ai réabordé récemment. Ce n'est pas seulement le court intermède (tout de même plus long qu'un intermède normal pour un chanteur, mais Voulzy est ce qu'il est) qui a surpris, mais aussi le contenu : le disque était exclusivement constitué de reprises de standards, français et intenationaux (au pif, Trenet, Carpenters, Beatles, Bardot...) de chansons estampillées estivales, ensoleillées, légères. Un disque pour l'été (sorti à cette époque, d'ailleurs), sans prise de tête ni prise de risque. Le moins bon de ses albums, le moins passionnant (celui que j'écoute le moins souvent aussi), mais pas une merde pour autant, il faut le signaler. Certaines chansons étaient en duo, peu au final, et toutes baignaient dans cette ambiance estivale. L'année suivante, c'est 2007. L'année des 30 ans non pas de carrière, mais de Rockollection, sa fameuse chanson de 12 minutes conçue avec Souchon (qui a fait les paroles) et qui, en 1977, a traumatisé les charts, un tube monumental qui a lancé la carrière de Laurent Voulzy. On ne présente plus cette chanson nostalgique et géniale qui offre de courtes reprises de standards du rock (Beatles, Stones, Them, etc) et qui, en live, est un cheval de bataille pour Lolo, qui en fait des versions de 20 minutes fortement augmentées de nombreux autres extraits plus récents (The Police, par exemple).

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Il fallait faire quelque chose pour commémorer ces 30 ans. L'année suivante, en 2008 donc, Voulzy sortira son nouvel album, deux ans à peine après le précédent. Il en est désormais à son sixième album (en 2020, il en est à neuf, son dernier date de 2017), et son troisième en 7 ans, ce qui, pour lui, est un exploit. Comme s'il sentait qu'il commence à se faire vieux (2008 est l'année de ses 60 ans) et qu'il fallait accélérer le rythme. Mais cet album de 2008, qui s'appelle Recollection 77 (ou Recollection tout court, le 77 étant symbolisé par les deux L du titre, qui forment des 7 à l'envers) et est assez court (45 minutes), Lolo l'a conçu vraiment rapidement. Je ne sais pas trop comment le définir, ce disque ; dans un sens, ce n'est qu'un seul et unique morceau de 45 minutes qui, pour le CD, fut découpé en 10 plages audio, certaines très très courtes (les plages 5 à 7 défilent comme des bolides dans la nuit sur une route droite sans limitation de vitesse), et en fait, quasiment tout le disque est résumé en trois plages audio de respectivement 21, 11 et 7 minutes, soit presque 40 minutes sur 45. De là à dire que l'album est un petit peu foutage de gueule, peut-être pas, mais en tout cas, c'est un disque assez rapide, frustrant malgré qu'il contienne de bonnes choses. Dans Le Vent Qui Va est une belle intro mélodique que Lolo réutilisera en live par la suite ; Jelly Bean, sorti en single, et qui marchera très bien, est efficace, construit sur la mélodie de Rockollection, ce qui est logique, cet album en offre une version longue et réactualisée. 

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Et puis, bien entendu, on a Rockollection 008, 21 minutes d'une nouvelle version de Rockollection, efficace comme pas deux, entrecoupée d'A7708, morceau court sur lequel Voulzy s'interroge sur sa vie depuis 1977, puis Rockollection Scène 10, un nouveau couplet, inédit, puis, après un morceau très court en transition, Jukebox (11,35 minutes et Sous La Lune (7 minutes assez lounge) offrent une sorte de Rockollection moderne, des courtes reprises de chansons des années 80 et 90, sans couplets originaux, que des reprises. Certains voient dans Recollection 77 un disque autobiographique, Lolo y parlant de son enfance, son adolescence, sa vie de musicien avant et après son méga tube mis à l'honneur tout du long de l'album, et anticipe même le futur album suivant, dont je reparlerai ici bientôt. Pour en revenir à Recollection 77, c'est un opus mineur, malgré qu'il offre le génial Rockollection en version surmultipliée (en fait, c'est la version studio de la version longue que Lolo joue live, tout simplement, mais comme c'est tellement bon, on ne s'en plaindra pas), un disque un peu frustrant, fait un peu trop rapidement, un opus secondaire... Mias c'est tout sauf mauvais, encore une fois. Je ne le ressort pas souvent, je dois dire, mais je ne le déteste pas, je ne déteste aucun de ses albums. Ceci dit, deux albums secondaires, c'est un peu beaucoup, il est grand temps que Lolo Star se reprenne... Patience, ça va arriver, plus vite que vous ne le pensez...

Acte I : Dans Le Vent Qui Va
Acte II : Jelly Bean
Acte III : Radio Collection
Acte IV : Rockollection 008
Acte V : A7708
Acte VI : Rockollection, Scène 10
Acte VII : Les Interrogations D'Elizabeth
Acte VIII : Jukebox
Acte IX : Sous La Lune
Acte X : Epilogue : Dans Le Vent