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Eté 2006, une chanson vient squatter les télévisions (via des extraits de son clip) et les ondes radio : Derniers Baisers. Une chanson de C. Jérôme (non, ne partez pas, reveneeeeeeeeeeeeeeez), enfin non, une chanson des Chats Sauvages à la base (et une reprise de Brian Hyland), mais que C. Jérôme reprendra et popularisera encore mieux. Et cette chanson sera à son tour reprise, en 2006 donc, par Laurent Voulzy. A ce moment précis, en 2006, quand est sortie cette chanson (et l'album qui l'accompagne et dont je vais reparler aujourd'hui), j'étais déjà bien amateur de Voulzy et j'écoutais déjà pas mal Caché Derrière, avec passion et admiration. Avril, son précédent album (2001) sans m'avoir emballé à mort, j'avais bien aimé quand même (et je l'aime bien mieux maintenant). Aussi, quand j'ai entendu Lolo Star reprendre du C. Jérôme (oui, je sais, du Chats Sauvages, mais à l'époque, je ne savais pas que c'était, à la base, une chanson de l'ancien groupe de Dick Rivers), je me suis interrogé sur sa santé mentale. Puis j'ai appris que son nouvel album, La Septième Vague (pochette le montrant debout, habillé, dans la mer, photo détournée en carte postale avec tampon postal), était entièrement constitué de reprises, je me suis un petit peu inquiété. Enfin, quelque peu.

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Pourquoi ? Parce que les albums de reprises, généralement, pas tout le temps mais quand même souvent, sont des indicateurs de la santé artistique d'un artiste ou d'un groupe. A moins d'être coutumier du fait (Joe Cocker, Rod Stewart, Johnny Cash), quand on fait un disque de reprises, c'est parfois, souvent, qu'on n'a pas de quoi faire un album avec des chansons inédites. Par manque d'inspiration, par manque de temps, ce genre. Quand les Guns'n'Roses ont sorti "The Spaghetti Incident ?" en 1993, ils n'allaient pas bien à l'époque, et l'année suivante, c'est le split. Pas mal de chanteurs qui peinent quelque peu à relancer leur carrière le font par des albums de reprises, espérant toucher le plus grand nombre avec des reprises de standards (Seal, Garou, pour ne citer qu'eux). Certains se vautrent totalement dans l'exercice (Bruel, Noah, Pagny) quand il s'agit de reprendre exclusivement des chansons d'un seul artiste qu'ils affectionnent particulièrement. Quand Bowie a fait Pin Ups en 1973, certains l'ont estimé fini, du genre s'il en est venu à faire un disque de reprises, c'est qu'il ne vaut plus rien. C'est avec un disque de reprises que McCartney a remonté la pente (suite au décès de sa femme Linda) en 1999, histoire de se remettre à bosser tranquillement, sans se prendre la tête à composer, alors qu'il était meurtri par le deuil. Même Nougaro, son Récréation de 1974 est sublime, mais ne se vendra pas, et il fut fait en partie pour solder un contrat avec son ancienne maison de disques, sans trop en faire pour eux. Des exemples comme ça, il y en à des kilogrammes et des kilomètres. Aussi, Voulzy qui, cinq ans après son excellent Avril, se met à faire un disque de reprises, qui plus est un disque de reprises de chansons généralement estivales, légères, d'amour, je me suis posé des questions.

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Mais j'ai acheté le disque quand même. 18 titres (19 en comptant un morceau caché en final du dernier), plus d'une heure de musique, l'offre est généreuse. La Septième Vague, dont le septième titre est le morceau-titre (un instrumental non-musical de quelques secondes), offre des reprises de chansons françaises ou internationales, en solo ou en duo, des chansons que Voulzy, on l'imagine, apprécie particulièrement, sinon pourquoi se faire chier à les reprendre ? Au choix, on a ici Smooth Operator de Sade, Here, There And Everywhere des Beatles, Clair de Gilbert O'Sullivan (un chanteur pop 70's me faisant beaucoup penser à McCartney, en version cheap), Derniers Baisers donc, La Madrague de Bardot, The 59th Street Bridge Song (Feelin' Groovy) de Simon & Garfunkel en duo avec son pote Souchon, All I Have To Do Is Dream des Everly Brothers en duo avec Andrea Corr, des Corrs, Santiano d'Aufray, Oh Lori des Alessi Brothers, Le Piano De La Plage de Trenet ou bien encore Yesterday Once More des Carpenters en duo avec la fille de Nana Mouskouri, Lénou. Lolo reprend même du Doors (Light My Fire) et du Daho (Duel Au Soleil, le morceau caché) ! Ces reprises sont grosso modo toutes en mode c'est l'été, on se relaxe, on profite, c'est pas du rock, c'est pas nerveux, mais c'est pas mal. Sans être immense non plus, d'ailleurs, je le certifie, ce disque un peu alimentaire est le moins réussi de la discographie de Voulzy. Pas honteux du tout, on l'écoutera sans problème, mais on est en droit d'attendre mieux de lui. Hélas, l'album suivant, que Voulzy fera dans un temps assez record (deux ans plus tard !), ne sera pas, lui non plus, mais j'en reparle ici bientôt, un grand cru...

Do You Wanna Dance ?

La Madrague

Oh Lori

Smooth Operator

Everybody's Got To Learn Sometime

All I Have To Do Is Dream

La Septième Vague

A Bicyclette

Here, There And Everywhere

Clair

Derniers Baisers

The 59th Street Bridge Song (Feelin' Groovy)

Yesterday Once More

Le Piano De La Plage

The Shadow Of Your Smile

The Captain Of Her Heart

Santiano

Light My Fire

Duel Au Soleil (morceau caché)