SARDOU 4

Là, je ne serai pas objectif, comme je l'ai déjà dit dans le long article résumant la discographie de Sardou et ayant été publié il y à quelques jours. C'est le dernier album de Michel Sardou que j'aborderai sur le blog, du moins, pour le moment (et probablement définitivement), et c'est un double live (CD ou vinyle) sorti en 1989, et proposant, dans sa version longue (celle-ci), l'intégralité d'un concert donné à Bercy. Ce live s'appelle donc logiquement Bercy 89. Ce concert n'a jamais été filmé, contrairement à certains des précédents (1983, 1987) et aux suivants, et la raison en est simple : Un Jour La Liberté. Ce morceau, qui achève le disque, et qui dure 12 minutes, est une mini-pièce musicale sur la Révolution Française (1989 : année du bicentenaire), qui achevait le concert (Sardou y chante, évidemment, mais pas que lui). Sans doute un extrait de comédie musicale sur le sujet, ou bien un morceau fait spécialement pour le concert, toujours est-il qu'il est mis en scène par Robert Hossein et que des problèmes de droits empêcheront le concert d'être filmé, à cause de ce morceau final (ce n'était pas le même producteur, ou distributeur, que pour les chansons de Sardou). Bref, si ce morceau n'avait pas été au programme, Bercy 89 serait sorti en VHS en même temps qu'en disque ! Disque qui a la particularité, en vinyle, d'être long, dans sa version complète (24 titres) : chaque disque dure une heure, comptez une demi-heure par face ! A cause de cette longueur imposante, un avertissement est glissé sur les pochettes intérieures, indiquant que le volume sonore assez faible est du au fait que tout le concert est proposé. Je pense que ça aurait été préférable de le sortir en triple vinyle de trois fois 40 minutes : le son aurait été meilleur, car les sillons auraient été moins serrés, et tout aurait été proposé aussi. Mais bon...

SARDOU 5

Sinon, j'ai dit en intro que je ne serai pas objectif sur ce coup. Et je m'explique : tout comme Thriller de Michael Jackson, Isolation de Toto, Animal Magnetism des Scorpions et Flashpoint des Rolling Stones, Bercy 89 est un disque que je connais depuis ma plus tendre enfance. Tous les albums que je viens de citer, tous ne sont pas monumentaux en général (mais je les adore tous et ça sera toujours le cas), m'ont accompagné duré mon enfance, mon adolescence, je peux rajouter aussi Wish You Were Here du Floyd et A Night At The Opera, Greatest Hits II et News Of The World de Queen. Pour ce live de Michou Sardel (euh...), c'est particulier. Mon père avait acheté la version K7 (15 titres, environ 80 minutes) un jour, sur la route des vacances, dans une aire d'autoroute, avec, je me souviens, une autre K7 comprenant des chansons françaises diverses des années 70/80. On a écouté souvent cette cassette sur la route, pendant les trajets (je me souviens que je faisait aussi souvent tourner le Greatest Hits II de Queen, le best-of Gold d'ABBA et Flashpoint, sous ce format aussi...), et à force d'écoutes (pas si fréquentes que ça, mais quand même, on l'écoutait bien une fois à l'aller et une fois au retour), ce live est devenu pour moi synonyme de vacances, de soleil, de route... Je sais, c'est con, mais c'est comme ça. A l'époque, je ne connaissais pas Bashung, Higelin, Renaud, Cabrel, Gainsbourg, Brel, etc, encore moins Led Zeppelin, Iron Maiden ou King Crimson. A l'époque, j'aimais ce que j'entendais, je découvrais le rock via Queen et Pink Floyd, et les Stones, et niveau chanson française, j'appréciais les chansons de Sardou présentes sur ce live, que je ne connaissais que par cette version K7 tronquée (la précision 'extraits' sur le boîtier).

SARDOU 6

J'aurais du, logiquement, chier sur Sardou par la suite, une fois tous ces chanteurs et groupes cités plus hauts (et d'autres encore) découverts. Mais non, ce live, que mettrai cependant longtemps avant de réécouter (pour une simple et bonne raison, la K7 avait rendu l'âme, et pour trouver le CD, bonjour ! ; je l'ai trouvé en double vinyle dans une brocante il y à quelques années, état impeccable), ce live, m'a toujours été hautement sympathique. Une sorte de plaisir coupable, en gros, que j'assure totalement. Et il faut dire qu'il est bon, ce live, de toute façon. Il fait la part belle à l'album de 1988 (Le Successeur, aussi appelé La Même Eau Qui Coule), 8 des 10 titres de cet album studio sont présents là. Aucun des 24 morceaux ne date d'avant 1980, au fait. Pas de Je Vole, pas de La Java De Broadway... Mais, en revanche, on a Chanteur De Jazz, L'An Mil, Les Yeux D'Un Animal, 1965, Afrique Adieu, Les Lacs Du Connemara... On a de grands moments, ici, émouvants comme L'Acteur (sublime chanson sur la profession de comédien, qui ouvre le bal), drôles comme ce plantage sur Le Paraguay N'Est Plus Ce Qu'Il Etait (au bout de 2 minutes environ, Sardou se plante dans les paroles, dit aïe aïe aïe, s'interrompt, parle au public, plaisante, s'excuse, et le morceau redémarre, sans bourde), tétanisant sur le fantastique, apocalyptique, L'An Mil... Je n'ai jamais été fan d'Elle En Aura Besoin Plus Tard et d'Attention Les Enfants...Danger, et le long Un Jour La Liberté est, justement, trop long, mais dans l'ensemble, ce Bercy 89 assure. Les titres absents de la version K7 (il en manquait 9) sont dans l'ensemble excellents, surtout Les Lacs Du Connemara, Afrique Adieu et Les Yeux D'Un Animal. Ces 9 titres (les autres sont Road Book, Rouge, Les Bateaux Du Courrier, Lettre A Ma Femme Pour Tout Lui Expliquer, Minuit Moins Dix et Dessins De Femme) me sont cependant, en général, moins marquants que le reste, logique, car ils ne se trouvaient pas sur la version K7 que j'entendais souvent autrefois, je n'ai donc pas autant d'attachement à leur égard. Sinon, les mélodies, les arrangements, les paroles, tout, tout, est définitivement ancré dans ma tête. C'est un des albums que j'ai le plus souvent écoutés, et un de ceux dont je suis le plus attaché (avec Isolation de Toto). Oui, c'est un plaisir coupable, et je sais ce que vous devez vous dire, mais je m'en moque : Bercy 89 est un disque que j'adore, et qui a un bon gros effet 'madeleine de Proust' pour moi, et voilà tout. Il y à des choses qui ne s'expliquent pas, tant on a du mal à en parler. Je sais, moi, que ce disque m'est cher, et ça me suffit !

FACE A

L'Acteur

Chanteur De Jazz

Tous Les Bateaux S'Envolent

Dans Ma Mémoire Elle Etait Bleue

Dessins De Femme

Road Book

Le Paraguay N'Est Plus Ce Qu'Il Etait

FACE B

Rouge

Les Hommes Qui Ne Dorment Jamais

Lettre A Ma Femme Pour Tout Lui Expliquer

L'An Mil

La Même Eau Qui Coule

Minuit Moins Dix

FACE C

Les Yeux D'Un Animal

Afrique Adieu

Attention Les Enfants...Danger

Les Bateaux Du Courrier

1965

Elle En Aura Besoin Plus Tard

Vincent

FACE D

Le Successeur

Musulmanes

Les Lacs Du Connemara

Un Jour La Liberté