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 Je suis incorrigible. J'avais réabordé cet album en 2018, il n'y à pas si longtemps donc (comme c'était en janvier 2018, ça fait donc deux ans et demi). Mais comme, il y à quelques jours, j'ai entamé un cycle Dire Straits, je ne pouvais pas ne pas le réaborder. Cependant, ça fait presque une semaine depuis le précédent article concernant ce groupe, en l'occurrence le double live Alchemy. Pourquoi ce laps de temps ? Ben, ABBA. MaxRSS avait entamé le cycle sur les Suédois et j'ai pris le relais pour les quatre derniers albums (sur 8) du groupe, donc, forcément, ça a repoussé la fin du cycle consacré à la bande à Mark Knopfler (en comptant cet article, il en reste quatre). Personne ne s'est plaint à la police ? Aucune engueulade en messages privés ou commentaires ? Pas de grèves de la faim ? Tant mieux ! Donc, on continue, et on achève, lentement mais sûrement, ce cycle. On avait quitté le groupe en 1984 sur la sortie de leur live Alchemy le bien-nommé, remarquable album (qualité audio exceptionnelle, qualité musicale à tomber par terre). Le groupe, si on met de côté un EP assez moyen en 1983, n'a rien fait depuis Love Over Gold en 1982. Knopfler a cependant collaboré avec Bob Dylan en 1983 (Infidels : il joue dessus, mais surtout, a produit l'album), et une partie des membres du groupe ont, en 1984, joué sur des morceaux de l'album Private Dancer de Tina Turner (lui offrant même la chanson-titre, pure merveille pop/soul). Mais on attend toujours l'album studio. Celui-ci se fait lentement mais sûrement, par un groupe un peu changé (au revoir le guitariste rythmique Hal Lindes ; bonjour le claviériste Guy Fletcher ; mais l'autre claviériste, Alan Clark, reste dans le groupe). L'enregistrement a lieu entre novembre 1984 et mars 1985 en divers studios : AIR Studios (Londres) et à Montserrat (une petite île des Caraïbes sous gouvernance britannique). Le disque est produit par Knopfler et Neil Dorfsman et, à sa sortie, est le premier album sorti en CD dans le monde entier (depuis 1982, ce format existe, et des albums sont pressés sous ce format, mais surtout au Japon). 

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Conséquence : le tracklisting est un peu différent entre la version CD et le vinyle. Enfin, il y à bien 9 titres, et dans le même ordre, sur les deux versions, mais la version vinyle dure 47 minutes, tandis que le CD en dure 55. Les 8 minutes de différences sont dispatchées sur quatre des cinq titres de la face A (seul Walk Of Life n'est pas changé), et la face B n'a connu aucun bouleversement. Mais sur la A, donc, on a des morceaux radicalement plus courts, en vinyle, que sur le CD. Bien que vinylmaniaque et n'écoutant ma musique quasiment que sous ce format, je tiens à le dire, si vous voulez profiter à fond de Brothers In Arms, car tel est le nom de cet album, prenez le CD. Je ne sais pas si la réédition vinyle propose la durée vinyle d'époque ou celle du CD, donc à moins que quelqu'un qui la possède puisse me le préciser, dans le doute, privilégiez le CD. Surtout que cet album, leur cinquième studio (cinquième et demi en comptant l'EP), est une pure merveille et que son minutage vinyle est une boucherie. Why Worry, merveille mélancolique de 8,30 minutes, dure, sur le vinyle, trois minutes de moins, toute la dernière partie, instrumentale (offrant un excellent solo de guitare), manque à l'appel. 2 minutes de moins pour la splendeur jazzy mélancolique (ambiance fin de nuit) Your Latest Trick, c'est dramatique aussi. C'est la deuxième fois en deux phrases, trois en comptant celle-là, que j'utilise le mot 'mélancolique', et ce n'est pas pour rien. Comme il est parfaitement indiqué dans les notes de pochette de la réédition CD 1996, cet album est aussi 'bleu' (comprendre, bluesy) que sa magnifique et iconique pochette (montrant une guitare Zephyr National dans les nuages). Si on met de côté Walk Of Life (un gros tube, mais du genre un peu trop envahissant et abrutissant) et Money For Nothing (long de 8,25 minutes en CD, 7 minutes en vinyle, ce morceau sera lui aussi un gros tube, dans une version raccourcie, et est co-interprétée avec Sting, chanson sur la société de consommation et dans laquelle un certain Trump, non cité, se fait allumer, le passage sur le little faggot), les morceaux de cet album sont, tous, lents, calmes, tristes.

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Certains parlent de guerre (Ride Across The River, splendeur absolue), de ses ravages (Brothers In Arms, à pleurer tellement c'est fort ; mais aussi The Man's Too Strong), de solitude (So Far Away, autre tube, sublime chanson qui ouvre à merveille l'album) ; de détresse (Why Worry). OK, on a One World qui est assez tonitruant (et probablement le morceau le moins grandiose ici, même si j'aurais plus tendance à citer le très putassier et énervant - ces whoo-hoo !, bordel...- Walk Of Life), mais j'aime bien cette chanson, la seule à ne pas atteindre 4 minutes dans le minutage complet de l'album. La plus courte, quoi, faut tout vous mâcher, les mecs. Brothers In Arms est un album qui cartonnera, on le sait : la plus grosse vente d'albums du groupe un peu partout, une des plus grosses ventes, tous genres confondues, au Royaume-Uni, un disque fédérateur qui, de même que Making Movies accompagnait les Walkman K7 en 1980 (on se souvient du clip de Skateaway), accompagnera les ventes de lecteurs CD en 1985/86. Un album tubesque (5 chansons figurent sur les best-ofs, souvent dans des versions raccourcies), un des meilleurs du groupe, un des meilleurs d'une année globalement très réussie. L'ambiance relativement triste, intérieure, intimiste, désabusée de cet album, une atmosphère plus adulte que sur les précédents opus, le rend d'autant plus appréciable, ce n'est pas une vulgaire machine à hits (Money For Nothing et Walk Of Life semblent même assez intrusifs au sein de cet album assez mélancolique), c'est bien plus que ça. Même si pour moi leur meilleur reste Love Over Gold, Brothers In Arms, c'est probablement l'album de la maturité pour Dire Straits. J'ai bien du mal à passer un mois sans le glisser dans ma chaîne hi-fi ou mon autoradio (il est un accompagnateur récurrent de mes pérégrinations en voiture). 

FACE A

So Far Away

Money For Nothing

Walk Of Life

Your Latest Trick

Why Worry

FACE B

Ride Across The River

The Man's Too Strong

One World

Brothers In Arms