0071b340dca00ac917518010_L

Vu que ça fait un bail qu'ils avaient été abordés (sauf un il y à deux ans, il me semble, mais il sera refait comme les autres, le petit con), petit cycle de réécriture concernant les albums de Dire Straits ! Je ne sais pas pour vous, mais moi, Dire Straits (nom qui signifie 'dans la dèche', allusion à la situation un peu précaire des membres du groupe à l'époque de la formation), c'est un groupe que j'adore, mais alors adore bien comme il faut. Même si, comme tout groupe, ils ont eu leurs passages à vide, ou bien des albums que j'aime moins que d'autres...Qui aime bien châtie bien, comme on dit. D'ailleurs, concernant ce groupe, je dois dire qu'au départ, je n'étais vraiment pas fan de leur premier album, que je réaborde donc aujourd'hui. Je me souviens de ma découverte du groupe, via un best-of, il y à longtemps. Je connaissais déjà deux-trois chansons avant ce best-of (celles de 1985 et Sultans Of Swing), et j'ai tellement adoré les autres tubes que j'ai commencé peu de temps après à acheter leurs albums. D'abord Communiqué (parce que le titre me plaisait), puis le suivant, puis celui de 1985, puis leur premier album, éponyme (Dire Straits donc), sorti en 1978, cet album-ci, donc. Et là, le drame (comme on dit dans les émissions de reportages de M6/W9) : hormis deux chansons (Sultans Of Swing notamment), je n'ai pas aimé. Son côté laid-back, à la J.J. Cale (chanteur que je n'écoutais pas à l'époque, je ne le connaissais que de nom, vaguement), l'absence de morceaux immédiatement retenables (sauf le tube) me refroidissaient. J'aimais bien (et c'est toujours le cas) sa pochette sobre représentant ine silhouette humaine adossée à un pilier dans ce qui semble être soit un parking intérieur vide, soit une galerie. C'est avec le temps que j'ai fini par apprendre à apprécier ce premier opus qui, s'il n'est pas mon préféré d'eux, est tout de même un album que je prends énormément de plaisir à écouter. 

DS2

Le groupe se forme en 1977 et est constitué de deux frangins guitaristes (Mark Knopfler, guitare principale, composition, chant ; son petit frère David, guitare rythmique, choeurs), du bassiste John Illsley et du batteur Pick Withers. Ils sont produits, pour leur premier album, par Muff Winwood, frangin de Steve Winwood et, comme lui, ancien membre du Spencer Davis Group. Dire Straits premier du nom sort en octobre 1978 sur le label Vertigo Records. Autant le dire, à l'époque (le punk existe encore, mais le post-punk, déjà, commence à s'imposer, et le hard-rock tient bon), la musique du groupe, du pub-rock imprégné de Dylan, Clapton et J.J. Cale (les idoles de Knopfler) peine à s'imposer. En fait, on peut même dire que le premier album ne se vend absolument pas, malgré l'insistance d'un animateur radio, Charlie Gillett (qui signera les notes de pochette de la réédition CD de l'album, il me semble), qui passera Sultans Of Swing, chanson que le groupe jouait déjà live avant même l'enregistrement de l'album. D'ailleurs, le groupe n'avait pas encore enregistré l'album que Gillett passait déjà la chanson, dans une version démo, à la radio, et c'est en partie ça qui a fait que le groupe a pu faire son disque, ils ont été signés peu après ! Mais une fois l'album achevé, rien ne se passe. Il faudra l'insistance de certains animateurs radio, notamment aux...Pays-Bas, pour que, lentement, le disque se vende. L'album suivant sera fait alors que le premier album commençait à se vendre correctement, par le bouche-à-oreille et grâce à l'insistance de certains disc-jockeys aventureux. Comme je l'ai dit, au départ, je ne l'aimais pas, mais à force, car c'est un disque qui mérite plusieurs écoutes, je me suis totalement attaché à lui. L'atmosphère pépère de l'album, la maîtrise, déjà, des mélodies, du chant, des textes... Sultans Of Swing est le morceau le plus connu, ici, et de loin, mais il ne faut pas limiter l'album à ce titre certes excellent, mais un peu trop envahissant.

DS3

Down To The Waterline (qui à l'époque était la seule autre chanson qui me plaisait ici) est un régal absolu. Pas vraiment pop mais très entraînant, ce morceau inaugural (qui, comme tout morceau inaugural qui se respecte, démarre par une intro un peu atmosphérique, histoire de calmement lancer la machinerie) est un des meilleurs de ce premier album qui n'offre, en fait, aucun déchet. Setting Me Up (qui sera repris par Clapton, voir le live de 1980 Just One Night), le délicat et tendre Wild West End (qui anticipe le futur Romeo And Juliet, semble l'annoncer), le bluesy et fantastique Water Of Love (cette basse...de même que sur Six-Blade Knife, d'ailleurs), le long (plus de 6 minutes) et magistral In The Gallery, le sublime et envoûtant morceau final Lions, ce Southbound Again trépidant qui achève parfaitement la face A (à noter qu'un couplet n'est pas chanté, mais indiqué sur la sous-pochette, qui propose les paroles)...et donc le tube Sultans Of Swing, imparable, culte. Sans doute trop connu, trop diffusé à la radio, mais parler de Dire Straits sans parler de ce morceau, c'est impossible, quasiment illégal. Les 41 minutes de ce premier album à la fois riche et discret passent comme une lettre à la Poste, c'est rare d'avoir un album aussi réussi, rien à retirer des 9 titres. Mention ultra spéciale à Water Of Love, In The Gallery et Lions, mais vraiment, même s'il faut un peu plus d'écoutes (et encore, ce fut le cas pour moi, mais pas forcément pour tout le monde !) que pour certains des albums suivants, ce premier cru de Dire Straits est un de leurs meilleurs, un petit chef d'oeuvre, même si le meilleur reste encore à venir. 

FACE A

Down To The Waterline

Water Of Love

Setting Me Up

Six-Blade Knife

Southbound Again

FACE B

Sultans Of Swing

In The Gallery

Wild West End

Lions