CLERC 1

Le N°5 de Chanel sent super bon, mais il n'est pas le seul. Le N°7 de Clerc aussi. Oui, je sais, cette blagounette d'introduction est pitoyable, mais il faut bien commencer par quelque chose, non ? Et puis, c'est vrai que ce disque de Julien Clerc, sorti en 1975, et connement baptisé N°7 parce que c'est son septième album studio (le contraire aurait été étonnant), que ce disque, donc, est formidable. A égalité avec Utile de 1992, c'est indéniablement son meilleur album studio. Il offre 10 titres (36 minutes), dont quatre classiques du chanteur : Juste Comme Un Enfant, This Melody, Elle Voulait Qu'On L'Appelle Venise et Souffrir Par Toi N'Est Pas Souffrir. Cette dernière chanson a été inspirée à Clerc par sa rupture avec France Gall, qui l'a plaquée pour, sauf erreur de ma part, Michel Berger. Ca devient une habitude pour les chanteurs ayant été avec elle, de signer une grande chansons mélancolique inspirée par la rupture d'avec France : Claude François, en 1967, a écrit, au bord de sa piscine de sa propriété du Moulin de Dannemois (91), le classique Comme D'Habitude qui parlait de ça. Clerc, lui, 8 ans plus tard (7, en fait : elle l'a quitté en 1974), pas au bord de sa piscine, pas au Moulin de Dannemois (pas 91, donc), signe Souffrir Par Toi N'Est Pas Souffrir. Du moins, la mélodie. Une chanson qui semble remplie d'un espoir fragile, Clerc espère qu'elle revienne, mais sans y croire vraiment (il a eu raison de ne pas y croire...).

CLERC 3

L'album est le dernier à posséder des chansons signées exclusivement Etienne Roda-Gil et Maurice Vallet : par la suite, si Roda-Gil, notamment, continuera de signer des chansons (jusqu'aux années 80 ; il y aura ensuite une brouille d'une dizaine d'années entre les deux hommes, Clerc et Roda-Gil, et ce dernier ne recollaborera avec Clerc qu'en 1992 avec, justement, Utile), les albums ne contiendront pas que des chansons de lui, mais aussi de Jean-Loup Dabadie, Maxime Le Forestier, Luc Plamondon, Serge Gainsbourg, même (Melissa est de lui). N°7, lui, contient six chansons de Roda-Gil et quatre de Vallet. Les classiques, excepté Juste Comme Un Enfant, sont écrits par Roda-Gil. L'album est assez triste, il parle de rupture, de ce que l'on ressent au cours des séparations difficiles. Pas franchement de place à la gaieté sur ce disque, même si This Melody et Prends Ton Coeur Par La Main, Je Voyage aussi, sont assez optimistes. La première est une chanson d'amour immortelle, les deux autres disent qu'il vaut mieux continuer sa vie après une rupture, ne pas stagner seul comme un con à espérer qu'elle revienne. Bien Longtemps Après, en revanche, ou Les Cafards, sont dans le plus pur style mélancolie post-séparation.

CLERC 2

Considéré comme le préféré des fans de Julien Clerc, N°7 a ses raisons de l'être. Avec ses chansons arrangées soit par Denys Lable, soit par Michel Bernholc (et la première, par Philippe Gall), avec ses tubes et son ambiance intimiste et cafardeuse, ce disque de Clerc est une pure réussite de chanson française, et indéniablement le meilleur (avec Utile) du chanteur. Enfin, je dis ça, mais je ne connais pas tous ses disques. Néanmoins, j'en ai écouté pas mal (Terre De France, A Mon Âge Et A L'Heure Qu'Il Est, Studio, Julien, Fou, Peut-Être, Si J'Etais Elle), et c'est clairement le meilleur avec Utile. Et le triple live de 1977 qui contient justement les quatre classiques issus de N°7, dans des versions époustouflantes. Bref, amateurs de bonne, de grande chanson française, ce disque vous tend les bras !

FACE A

Souffrir Par Toi N'Est Pas Souffrir

Prends Ton Coeur Par La Main

Une Journée Pour Rien

Dors Bien

Les Cafards

FACE B

This Melody

Bien Longtemps Après

Je Voyage

Elle Voulait Qu'On L'Appelle Venise

Juste Comme Un Enfant